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Vendredi 24 mai 2013 5 24 /05 /Mai /2013 00:31
La France 
qui se bat...        
le joint français
 
Mardi 2 avril
- Après la décision du groupe énergétique allemand E.ON de fermer sa centrale à charbon d'Hornaing (Nord), la CGT demande au Gouvernement de réquisitionner l'usine et de sauver les 85 emplois concernés. "Le site a de l'avenir", plaide les syndicats.
Mercredi 3 avril
- Le fabricant de meubles Forège de Treize-Septiers (Vendée) est placé en liquidation judiciaire.  L'entreprise, qui emploie 135 salariés, a déjà connu deux plans sociaux récents qui ont entrainé la suppression de plus de 200 postes de travail. Les repreneurs ont jusqu'au 30 avril pour déposer une offre.
Jeudi 4 avril
- Les administrateurs judiciaires de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine Maritime) transmettent deux propositions de reprise au tribunal de commerce de Rouen, qui les examinera dans les prochains jours. Pour les 470 salariés du site, une relance de l'activité est toujours possible 
Vendredi  5 avril
- Le groupe anglais R&R confirme son intention de fermer l'usine de crèmes glacées Pilpa de Carcassonne d'ici fin 2013. Les 117 salariés ont déjà fait annuler deux premiers plans sociaux et bloquent l'accès à l'usine. Aucune reprise du dialogue social n'est envisagé.
Lundi  8 avril
- Le carrossier Heuliez, repris récemment par le groupe allemand BGI, dépose son bilan. Le sort des 283 salariés de Cerizay (Deux-Sèvres) dépend désormais des offres des éventuels repreneurs.
Mardi 9 avril
- Deux unités du fabricant de meubles Cauval sont placées en liquidation judiciaire. L'usine Confort et Systèmes de Sévérac-le-Château (Aveyron), qui emploie 220 salariés, est fermée, faute de repreneurs et celle d'Atmosphères Interiors à Bar-sur-Aube (Aube), qui compte 191 postes, obtient deux mois de poursuite d'activité.
Vendredi 12 avril
- ArcelorMittal confirme que le projet européen Ulcas ne verra jamais le jour. La transformation d'un des deux hauts-fourneaux de Florange en "laboratoire" de production d'acier "propre" était pourtant l'un des engagements forts de l'accord signé le 30 novembre dernier entre le groupe sidérurgiste et le gouvernement. Mais ni M. Mittal, ni M. Hollande n'en sont à un mensonge près dans le dossier de Florange.
- Steco Power, dernier fabricant français de batteries, est placé en liquidation judiciaire. 124 emplois sont menacés à Outarville (Loiret).
Mardi 16 avril
- Le tribunal de commerce de Rouen rejettent les deux offres de reprise de Petroplus. La procédure de licenciement collectif sera déclenchée dans les prochains jours pour les 470 salariés de la raffinerie. C'est un nouvel échec pour le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg  qui voulait donner une valeur d'exemple à cette reprise.
- Le laboratoire Bioluz de Saint-Jean-de-Luz (Pyrenées Atlantiques) passe aux mains de ses salariés. Le tribunal de commerce de Bayonne choisit la proposition de reprises présentée par les 50 employés de l'entreprise, organisés en SCOP. Les collectivités locales apporteront leur soutien au projet.
Mercredi 17 avril
- Mme Caroline Couvert est élue présidente de la CGC. Cadre en marketing issue du groupe GDF-Suez, la nouvelle présidente entend moderniser la centrale pour qu'elle redevienne leader dans l'encadrement. Aux élections professionnelles, CGT et CFDT ont devancé la CGC dans les collèges des cadres et agents de maîtrise.
Jeudi 18 avril
- La fonderie Tamaris Industries d'Alès est liquidée. Les 75 salariés de l'entreprise font les frais du conflit entre l'ancien propriétaire du site, le groupe Delachaud, et un repreneur américain qui n'a pas donné suite à son offre. Les salariés occupent l'usine pour préserver l'outil de travail.
Mercredi 24 avril
- Le groupe américain IBM confirme son intention de supprimer d'ici fin 2014 plus de 1200 postes de travail en France, sur un effectif global de 9700 salariés. Toutes les activités seront concernées.
 Vendredi 26 avril
- M. Thierry Lepaon, nouveau secrétaire général de la CGT, adresse une lettre ouverte à François Hollande pour lui demander de changer de cap économique et social. Selon M. Lepaon, depuis l'élection du chef de l'Etat "pour les salariés, rien n'a changé positivement dans leur vie dans le travail et dans leurs conditions sociales".
- L’entreprise textile Virtuose, qui employe 98 personnes à Hirsingue (Haut-Rhin), est placée en liquidation judiciaire. Virtuose, spécialisée dans le tissage et la teinturerie, avait déposé le bilan en décembre 2012, victime de la hausse des matières premières.
- La direction de Goodyear rejette le projet de SCOP présenté par la CGT pour la reprise de l'usine d'Amiens Nord. Cette décision tend à nouveau les relations entre le groupe américain et ses salariés français.
Lundi 29 avril
- Le laboratoire d'analyses médicales Biomnis de Lyon, propriété du fond d'investissement britannique Duke Street, est en restructuration. La suppression de 200 emplois sur 500 est prévue sur 3 ans. La CGT craint que ce plan social soit le prélude à la fermeture du site lyonnais.

Henri Valois.
 
Publié dans : Société
Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 11:47
La prière de Bernanos
 
Demain, comme chaque deuxième dimanche de mai, nous célébrerons Jeanne d'Arc. On fleurira ses statues un peu partout en France, des prises d’armes ou des festivités civiles auront lieu dans la plupart des grandes villes et ceux d'entre nous qui habitent Paris ou qui s'y trouveront pour l'occasion auront à cœur de défiler comme chaque année devant la sainte à cheval, casquée et vêtue d'or, de la place des Pyramides.
L'an dernier, la fête de Jeanne d’Arc aurait du prendre un relief particulier. Elle coïncidait en effet avec le six centième anniversaire de la naissance de Jeanne et avec le cent cinquantième anniversaire de son mentor moderne, M. Maurice Barrès. Mais la République ne l’entendait pas de cette oreille. Elle ne s’est mise en frais ni pour l'un, ni pour l'autre. Nos deux lorrains n'ont eu droit à aucune commémoration officielle. Il est vrai que nous étions en pleine frénésie présidentielle et que le culte de la Pucelle n'a jamais fait bon ménage avec la démocratie. Les deux candidats qui cherchèrent, bien timidement d’ailleurs, à récupérer l'image de Jeanne, n'en tirèrent aucun avantage et c’est tant mieux.
Cette année, il serait bien venu de placer l'hommage à Jeanne sous le patronage de Georges Bernanos. Ses textes johanniques sont moins connus que ceux de Barrès, de Péguy ou de Claudel mais ils sont d’une grande beauté. Qui peut lire Jeanne relapse et sainte sans être pris par la force du texte, sa puissance poétique et par sa profonde vérité ? Le petit document que nous publions ci-dessous est une prière des jours sombres. Il vient du Brésil. Bernanos, après avoir connu l'amertume de l'exil, puis le drame de la défaite de la France, commence à recouvrer l'espoir. Il pensait être venu en Amérique du Sud pour y cuver sa honte. Mais, comme il le dit dans sa Lettre aux Anglais, "je n'y ai pas cuvé ma honte, j'y ai retrouvé ma fierté, et c'est le peuple du Brésil qui me l'a rendue".
En réalité, cette prière à Jeanne d'Arc, rédigée en mai 1941 et qui sera diffusée en juin sur les ondes de la BBC, ne contient que de premières traces d’espoir. Le temps de la sérénité, celui de la patrie retrouvée seront encore long à venir. "Je ne crois pas, nous dit Bernanos, à la prochaine restauration de l'Honneur... Le grain que nous aurons semé devra pourrir d'abord sous la terre avant de germer dans de nouveaux cœurs, pour un nouveau printemps. Je ne connaîtrai pas ce printemps." De fait, lorsqu’il reviendra d’exil en juin 1945, il ne retrouvera pas dans la France de la Libération le visage du pays qu'il aimait.
On a voulu nous faire croire, à nous aussi, que ce visage aimé de la France ne réapparaitrait plus. Ne nous a-t-on pas dit et répété, des décennies durant, que les nations n’avaient plus d’avenir, la France encore moins qu’une autre ? Et que l’amour du pays, l'attachement à ses traditions, à ses paysages, à son histoire ne seraient bientôt plus que des sentiments d’un autre âge, à l’heure de l’Europe et du « village global » ? Combien de fois a-t-on cherché à rabaisser la France, à la ravaler au rang de nation de second ordre, sans autre perspective que d’être diluée, aspirée, dissoute dans le grand magma européen ?
Ce n’est pourtant pas le sens que prend l’histoire. En Europe, le mythe fédéraliste ne fait plus rêver personne. D’Athènes à Rome, de Lisbonne à Madrid, c’est contre lui qu’on se révolte et ce sont les vieux drapeaux nationaux que la jeunesse exhibe avec fierté dans les rues et les places de la colère. A l’échelle du monde, le jeu des empires hérité de Yalta a laissé place à un autre système, multipolarisé, où nouveaux Etats et vieilles nations réussissent à cohabiter. L’hégémonie culturelle des Etats Unis est contestée, rejetée, battue en brèche, y compris sur le continent américain. En Asie, en Afrique du Nord, dans le monde arabe, les régimes corrompus mis en place du temps de la décolonisation ou de la guerre froide sont balayés par le printemps des peuples. On assiste partout au retour des nations.
Et la France ? Son tour viendra. A la différence de la nation vaincue de 1940, elle n’a plus d’ennemi, elle est libre. L’effort de tout un peuple pendant six décennies lui a redonné les moyens de la puissance. Il lui reste à reprendre confiance en elle, à se débarrasser de ses fantômes et à retrouver le goût des projets. Elle devra également faire le ménage et se libérer des mauvaises élites qui ne lui apportent plus rien parce qu’elles servent en réalité d’autres intérêts que les siens. C’est là que la prière de Bernanos nous touche par son actualité. Lorsqu’il évoque les traitres, les lâches, les imbéciles et les capitulards, c’est aux mauvaises élites de l’époque que son discours s’adresse, aux gouvernants qui ont trainé son pays dans la boue. Comment ne pas faire le lien avec ceux qui nous dirigent aujourd’hui ? C’est de ceux-là qu’à notre tour nous demanderons demain à Jeanne de nous protéger. 
La Revue Critique.

 

 BERNANOS Georges 6

 

 

Prière à Jeanne d'Arc

 

Vois la grande pitié qui est au pays de France,
Va et délivre-le, Jeanne !

 

 Jeanne, les chrétiens vous nomment Sainte et vous honorent comme telle, mais tout soldat français, croyant ou incroyant, a le droit de vous appeler Jeanne, car c'est sous ce nom-là que vous ont connue les gens de guerre.

Jeanne, nous savons bien que les honneurs ne vous ont jamais tourné la tête en ce monde, ils ne vous l'auront certainement pas tournée dans l'autre. Vous n'avez pas renié vos amis, votre place est toujours parmi les hommes d'armes. Nous parlerons aujourd'hui dans leur langage, le seul - avec celui de vos Saintes - que vous ayez compris et aimé.

Jeanne, nous vous apportons ce qui reste de l'Honneur français, afin que, posant sur lui les mains, vous lui rendiez la vie, comme vous avez jadis ressuscité le cadavre d'un petit enfant. Nous vous apportons aussi la Honte, car nous ne refusons pas notre part de honte. Ni dans l'Honneur, ni dans la Honte, nous ne nous séparons de la Nation.

Jeanne, l'ennemi est à Orléans, mais il est aussi dans la Ville du Sacre. Il tient Notre-Dame de Reims, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Rouen, Notre-Dame d'Amiens, Notre-Dame de Chartres. il fait boire ses chevaux dans la Seine, la Loire et la Meuse. Il est aussi dans votre petit village natal. C'est lui qui cueillera cet automne les mirabelles de Domrémy.

Jeanne, entre lui et nous ce compte est ouvert, et nous le réglerons tôt ou tard. Ce que nous implorons ce soir de Votre Grâce, c'est qu'elle ne nous laisse pas frapper dans le dos, qu'elle nous protège des Traîtres, des Lâches et des Imbéciles. Nous en appelons solennellement à vous devant Dieu, contre les Misérables qui, pour retarder l'heure du châtiment, offrent en hommage à l'ennemi, le nom et les morts de Verdun, mettent nos étendards en gage, et empruntent à la petite semaine sur l'Honneur de la Patrie !

Georges Bernanos.
Mai 1941. Message diffusé par la BBC.

Publié dans : Politique
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