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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 16:00
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Printemps 2017
70 millions
de Français
 
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- Le défi français, par François Renié. [lire]

Les idées et les livres

- Les populismes et l'unité française, par Hubert de Marans. [lire]
- Le nouveau monde de Marcel Gauchet, par Paul Gilbert. [lire]
- 70 millions de Français, textes présentés par Henri Valois. [lire]
- Querelles d'historiens , par Jacques Darence. [lire]
- Le sourire du prince de Ligne, par Eugène Charles. [lire]
- Mort du fantôme, un conte de Léon-Paul Fargue. [lire]
- Le jardin français, poèmes de J. Muselli, C. Guérin, F. Saisset. [lire]

Chroniques

- Notes politiques, par Hubert de Marans.
Le Tartuffe Fillon. - Macreux. - La fin de Terra Nova. - Crise du renseignement.

- Chronique internationale, par Jacques Darence.
L'Allemagne et son armée. - Ombres russes - L'Inde nationaliste.

- Chronique sociale, par Henri Valois.
Les impasses de la défense. - La bataille pour STX. - Reconversions industrielles.

- La vie littéraire, par Eugène Charles.
Adrian. - Bellanger. - Guilbert. - Le Guillou. - Matzneff - Vialatte.

- Idées et histoire, par Pierre Gilbert et Jacques Darence.
Michéa. - Astor. - Boutang. - Girard. - Colson. - Mistral. - Stendhal.

- Notes d'Art, par Sainte Colombe et Louis du Fresnois.
Vermeer. - Giacometti. - Tintin. - Feydeau.

- Revue des revues, par Paul Gilbert.
Le laid Paris. - Déon. - Baudelaire. - Modernité. - Julliard. - Robespierre.

- Les livres, par Paul Gilbert, Eugène Charles, François Renié.
Histoire naturelle. (Pline l'ancien). - La pensée politique de Charles Péguy. (Eric Thiers). -La langue des médias. (Ingrid Riocreux). - Les dissidents de l'Action française. (Paul Serant). - Charles Quint. (Denis Crouzet). - Les généraux français de la victoire. 1942-1945. (François de Lannoy). - Romans. (Michel Tournier). - De l'âme. (François Cheng). - Petite sélection stendhalienne. - Livres reçus.

 

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 11:04
Charles-Ferdinand Ramuz
 
 
pour marcher au pas
 
 
 
Gauche, droite, gauche, on est vignerons,
on taille, on sulfate, on sarcle, on rebiolle,
on a des tonneaux, on a des canons,
on est des tout beaux, on est des tout bons,
on est des tout bons quand l’année est bonne,
on est vignerons.

Gauche, droite, gauche, on est paysans,
on a des tridents, des râteaux, des herses,
tout le long du jour, on est dans les champs ;
l’homme va derrière, les bêtes devant,
mais à l’occasion l’ordre se renverse ;
On est paysans.

Gauche, droite, gauche, c’est nous les vachers,
ceux d’en haut les monts, d’entre les nuages,
de parmi la neige, de près des rochers ;
on est descendus, ayant tout lâché,
on a dit aux femmes : « Faites le fromage »,
c’est nous les vachers.

Gauche, droite, gauche, on est maréchaux,
tout gronde chez nous et ronfle et ressaute ;
tant mieux, qu’on se dit, on sait ce qu’on vaut,
on battra le fer pendant qu’il est chaud,
on est faits au feu d’avance, nous autres,
on est maréchaux.

Et, les menuisiers, on est là parmi,
on est tous venus, nous qu’on fait les chaises ;
on fait les berceaux, les cercueils aussi ;
on en refera, mais pour l’ennemi,
on les fera grands qu’il y soit à l’aise,
on a nos outils.
 
 
 
charles-ferdinand ramuz (1878-1947). Chansons. (1914).
 
 
chanson des vaudois
 
 
 
Il nous fallait des fusils :
vite, on a été les prendre ;
l’ouvrier sans son outil
Ferait mieux d’aller se pendre.

On nous a dit : « La frontière,
ça n’est pas assez marqué,
faites-y un mur de pierre,
cimenté, recimenté.

« Faites-y une muraille,
où il n’y ait pas de trou... »
Dites-m’en une qui vaille
celle de ceux de chez nous.

Cent mille hommes, deux cent mille,
trois cent mille, s’il le faut,
un joli mur de poitrines :
des poitrines, pas de dos.

Blanc ? présent, Belet ? de même,
et Belet qui touche Blanc,
ça vous a fermé la plaine,
du levant jusqu’au couchant.

Et, derrière, la montagne,
mais y en a-t-il besoin ?
Après Belet vient Chavannes
et plus loin vient Parmelin.

Et tous se sentent les coudes,
et, quand le cœur bat à un,
chez très tous le cœur leur bouge,
ayant mille cœurs chacun.

Alouette, monte vite
voir si l’ennemi viendrait ;
nous, on a bourré nos pipes,
c’est vous dire qu’on est prêts.

Et on écrira à celles
qui restent à la maison ;
Faites-vous seulement belles
pour le retour des garçons.

Pleurer, ça fait les yeux rouges,
les garçons seraient déçus ;
gardez-nous des joues bien douces,
qu’on mette un baiser dessus.

Qu’on vous trouve toutes prêtes
et sentant bon le savon ;
et on fera une fête
qui tiendra tout le canton.
 
 
 
charles-ferdinand ramuz (1878-1947). Chansons. (1914).
 
 
le jour de nos noces
 
 
 
Le jour de notre noce, j'y pense tout le temps,
il fera un soleil comme on n'a jamais vu;
il fera bon aller en char
à cause du vent frais qui vous souffle au visage,
quand la bonne jument va trottant sur la route
et qu'on claque du fouet pour qu'elle aille plus fort.
On lui donnera de l'avoine,
en veux-tu, en voilà ;
on l'étrillera bien qu'elle ait l'air d'un cheval
comme ceux de la ville ;
et trotte ! et tu auras ton voile qui s'envole,
Et tu souriras au travers
parce qu'il aura l'air
de faire signe aux arbres,
comme quand on agite un mouchoir au départ
On se regardera, on dira: « On s'en va,
on commence le grand voyage;
heureusement qu'il n'y a pas
des océans à traverser. »
Et quand nous serons arrivés,
la cloche sonnera, la porte s'ouvrira,
l'orgue se mettra à jouer ;
tu diras oui, je dirai oui ;
et nos voix trembleront un peu
et hésiteront à cause du monde
et parce qu'on n'aime à se dire ces choses
que tout doucement à l'oreille.
 
 
 
charles-ferdinand ramuz (1878-1947). Le Petit Village. (1903).
 
 

 
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 11:15
Dérives et misère
de la démocratie
  
IDEES
Si la démocratie fait faillite.
Raffaele Simone.
Gallimard.
Novembre 2016.
272 pages.
 

 
Raffaele Simone, né en 1944, est philosophe. De nationalité italienne, professeur à l'université de Rome, il est l'auteur de plusieurs essais décapants sur les dérives de la pensée politique et du modèle culturel de l'Europe, à l'heure de la "mondialisation". Il a récemment publié : Le Monstre doux: l'Occident vire-t-il à droite ? (Gallimard, 2010), Pris dans la Toile : l'esprit aux temps du Web. (Gallimard, 2012), Les Passions de l'âme. (Arléa, 2013).
 
Présentation de l'éditeur.
Le cycle démocratique, vieux de deux siècles, est-il arrivé à son terme ? On pourrait le penser à en juger par les signes inquiétants que constituent la poussée des populismes, la défiance des citoyens, la montée de l'abstention électorale. Et si la démocratie telle que nous la connaissons se révélait en fin de compte inadaptée aux conditions sociales nouvelles créées par la mondialisation ? Telle est l'interrogation que poursuit Raffaele Simone dans ce livre. La démocratie, explique-t-il, repose sur une série de "fictions" la liberté, l'égalité, la souveraineté, la majorité qui vont contre la "politique naturelle" à base d'inégalité et de rapports de force. Avons-nous encore les moyens de domestiquer ces données ? Ou bien ne sont-elles pas irrésistiblement ramenées par un ensemble de facteurs qui vont des illusions mêmes produites par les fictions démocratiques aux évolutions du capitalisme et au règne des médias ? Vers quel modèle politique ces tendances puissantes nous dirigent-elles ?
 
L'article de Marc-Olivier Bherer. - Le Monde - 22 novembre 2016.
Avis de tempête sur la démocratie. En 2010, dans un ouvrage remarqué, le linguiste et essayiste italien Raffaele Simone mettait en garde contre un basculement réactionnaire du monde (Le Monstre doux. L’Occident vire-t-il à droite ?, Gallimard). Il va maintenant plus loin, craignant qu’un « ouragan » ne s’abatte sur la démocratie. Les événements décoiffants que nous avons connus en 2016, entre le Brexit et l’élection de Donald Trump, semblent lui donner raison.
Raffaele Simone voit deux possibles destins à l’Europe : la «démocratie despotique», où l’exécutif confisque le pouvoir au détriment du Parlement, dans l’indifférence quasi générale ; ou une « démocratie volatile » marquée par une instabilité chronique.
Le « cycle démocratique de l’après-guerre », une expression empruntée au politologue britannique Colin Crouch, serait donc arrivé à un tournant, si ce n’est à son terme. A l’espoir et la confiance ont succédé l’impatience, la désillusion, l’hostilité, même si l’Europe vit toujours en paix. L’équilibre trouvé s’est peu à peu fragilisé à partir des années 1980, notamment sous la pression de la mondialisation et du néolibéralisme. Raffaele Simone identifie trois piliers sur lesquels reposent les régimes démocratiques et qui sont désormais chancelants : institutions, mentalité et mythologie.
Les institutions démocratiques sont bien connues et leur perte de prestige l’est malheureusement tout autant. L’abstentionnisme forme aujourd’hui le premier parti de France et, aux Etats-Unis, il a largement participé à la victoire de Donald Trump. Autre exemple : l’école ne semble plus en mesure d’assurer la promesse d’une société méritocratique… Mais, au-delà de ces institutions, quelque chose de plus profond est atteint : la mentalité qui permet à la démocratie de fonctionner. Cette disposition d’esprit croit en la douceur et en la coopération ; elle est à ce titre contraire à la «pensée politique naturelle», pour qui prévalent des logiques de domination (consentie ou imposée).
L’auteur développe ici au passage une anthropologie pessimiste qui considère que l’homme est plutôt enclin à la violence. C’est pourquoi la mentalité démocratique et a fortiori la démocratie, si vulnérables, ont besoin d’une mythologie pour les renforcer. Cette croyance rend l’impossible envisageable : la liberté et l’égalité pour tous. Raffaele Simone considère que différentes fictions, notamment l’idée que la représentation par les députés permet l’expression de la volonté populaire, sont ici à l’œuvre. Le terme de fiction pourrait sous-entendre une mise à distance, mais ce relativisme est effacé par une exigence supplémentaire : les citoyens vivant en démocratie doivent tenir pour vraies ces fictions.
Cet édifice précaire se lézarde sous l’effet de tendances qui ne vont pas nécessairement dans le même sens, mais dont l’effet combiné est délétère. Raffaele Simone souligne tout d’abord les excès d’un esprit démocratique opposé à toute autorité, favorable à un pouvoir plus près de la base. En Italie, c’est le Mouvement 5 étoiles, gauchisant et anti-establishment ; en France, dans un autre genre, Nuit debout ; aux Etats-Unis, Occupy Wall Street. Ces différents mouvements incarnent une simple opposition morale sans proposition, estime Raffaelle Simone. Sur un ton volontiers polémique, il s’en prend à la «pleurnicherie démocratique», qui demande une extension sans cesse plus grande des droits. Le résultat est « parfois admirable, parfois déconcertant ».
Nul autre enjeu n’en aurait donné l’illustration que l’immigration. La démocratie se prétend « inclusive et expansive », elle souhaite pouvoir s’ouvrir à tous, sans discrimination de croyance ou d’origine. Mais l’immigration, clandestine et légale, a atteint une limite, car, selon Raffaele Simone, « les immigrés font à bas coût ce que les autochtones ne font plus ou ce qu’ils feraient pour un salaire beaucoup plus élevé ». En outre, les nouveaux arrivants pèseraient sur l’Etat-providence sans nécessairement contribuer à son financement.
Homme de gauche revendiqué, Raffaele Simone pense l’immigration avec des polémistes contestés par le camp progressiste. Il se réfère notamment au politologue américain Samuel Huntington (1927-2008), théoricien du choc des civilisations et auteur en 2004 d’un ouvrage dans lequel il s’inquiétait de voir l’identité américaine menacée par l’arrivée massive d’immigrés hispaniques (Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures, éd. Odile Jacob). Raffaele Simone cite également Thilo Sarrazin, cet ancien membre du SPD allemand qui a perdu son poste au sein du directoire de la Bundesbank après avoir publié en 2010 un ouvrage dans lequel il s’inquiète des dangers dont était porteuse, selon lui, l’immigration musulmane (l’Allemagne disparaît, éd. Du Toucan). Ces réflexions, qui ne manqueront pas de faire grincer des dents, révèle la volonté de l’auteur de ne pas s’enfermer dans les catégories de pensée.
Les inquiétudes suscitées par l’immigration sont d’autant plus ignorées que les gouvernants vivent dans un monde à part, davantage guidés par une propagande politique sans cesse plus sophistiquée que par leurs actions. Ils participent activement à l’infantilisation des électeurs, privant le débat de son sens ou préférant servir des clientèles plutôt que le bien commun. Face à la tempête qui fait rage, Raffaele Simone n’envisage pas de soudaine éclaircie. Face aux « monstres doux », espérons donc que bientôt se rappelleront à nous « les meilleurs anges de notre nature », selon l’expression d’Abraham Lincoln – ceux qui portent les hommes à la concorde.
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 21:39
Joachim Gasquet
 
 
le paquebot
 
 
 
Dans mes soutes le rêve abonde,
Ardente Europe, nous voici.
Nous avons fait le tour du monde,
Chante le paquebot noirci.

Le vieux poème que répète
La vague aux vagues du néant,
Dans les cheveux de la tempête
M'a traîné sous son poing géant.

Toute une ivresse prophétique
Vibrait le long du gouvernail
Et l'avenir mathématique
Ronflait au fond de mon poitrail,

Cependant que lourdes d'histoire
Les frustes races du passé
Venaient, le long des promontoires,
Dans leur brume, nous voir passer.

Les seins gonflés de ma fumée
Attiraient au soleil levant
Comme une garce parfumée
Les mains frémissantes du vent.

Chaque aurore, la nappe mise
Nous attablait au grand festin
Que l'univers donne à la brise
Sous les bannières du matin.

Pour nous, crispant leur frénésie
Au bord du Songe universel,
Les temples roses de l'Asie
Dansaient dans l'air chargé de sel,

Et les usines d'Amérique,
Les cités de suie et de fer,
Sur les rails d'or l'express lyrique,
Jetaient leur fumée à la mer.

Les voluptés orientales
Épousaient les neiges du Nord
Aux soirs rêveurs de nos escales,
Et maintenant voici le port.

Les bras ouverts, Marseille blonde
— Siffle, sirène — nous sourit.
Nous avons fait le tour du monde,
Chante le paquebot noirci.
 
 
 
joachim gasquet (1873-1921). Le Paradis retrouvé. (1911).
 
 
la maison des ancêtres
 
 
 
Mon père a relevé la maison des ancêtres.
Blanche, à travers les pins, par-dessus les lauriers,
Elle regarde, au loin, de toutes ses fenêtres,
Se lever le soleil sur les champs d'oliviers.
Deux ceps noueux font à la porte une couronne,
Et beaux comme des dieux, deux antiques mûriers
Dressent devant le ciel leur rugueuse colonne.

Je m'accoude souvent au marbre usé du puits
Et j'entends se répondre autour de moi les bruits
De la ferme et des champs qui varient avec l'heure,
Et le rouge coteau, tout parfumé de thym,
Comme une ruche en fleurs embaume la demeure.

Ayant rempli ma loi, s'il faut qu'un jour je meure,
O maison, j'ai bâti dans tes murs mon destin.
Quand ta porte au soleil s'ouvre chaque matin,
Je sens mon cœur aussi qui s'ouvre à la lumière
Et nous faisons au ciel une même prière :
« O Provence, à travers les changeantes saisons,
Dans le flot incessant des choses et des êtres,
Quand nos fils bâtiront de nouvelles maisons,
Qu'ils ne quittent jamais le pays des ancêtres. »
 
 
 
joachim gasquet (1873-1921). Les Chants séculaires. (1903).
 
 
élégie italienne
 
 
 
Sur son lit de corail, dans ses coussins d’écume,
Naples dort, un bras allongé,
Et dans ses bruns cheveux la Sibylle de Cume
Tresse des feuilles d’oranger.

Nous avons sur son lit laissé la belle fille,
Nous voguons sur la haute mer...
La pluie, en folâtrant, a défait sa résille
Et danse lourdement sur le pont du steamer.

La mer se rétrécit, les grands caps dans la brume
Se rapprochent, l’horizon bas
Erre inquiet autour des phares qu’on allume...
Qu’est-ce qui nous attend là-bas ?

Qu’importe ! Chaque jour l’univers recommence.
Perdus sur la mer, nous dormons,
Et le Plaisir partout dresse une table immense
Où demain nous boirons sous la tente des monts.

L’aube en court jupon vert danse au bord de la terre,
Et pour nous, contre son cœur fort,
Déjà, hors de la brume, au-dessus du mystère,
Gênes, là-bas, presse son port.
 
 
 
joachim gasquet (1873-1921). Le Bûcher secret. (1921).
 
 

 
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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 23:29
Stratégies pour
sortir de l'euro
  
IDEES
L'euro contre la France, l'euro contre l'Europe
Jacques Sapir.
Editions du Cerf.
Septembre 2016.
66 pages.
 

 
Jacques Sapir, né en 1954, est économiste. Directeur d'études à l'EHESS, spécialiste des questions stratégiques internationales, il est aujourd'hui un des chefs de file de la mouvance des économistes hétérodoxes. Il a récemment publié : La Démondialisation. (Le Seuil, 2011), Faut-il sortir de l'euro ? (Le Seuil, 2012), Souveraineté, démocratie, laïcité. (Michalon, 2016).
 
Présentation de l'éditeur.
« A l'origine de la crise de l'Union européenne se trouve l'euro. Exacerbant les oppositions entre pays, il en corrode les fondations et met à mal la démocratie en suscitant la montée de pouvoirs tyranniques. » Jacques Sapir.
 
L'article de Bertrand Renouvin. - Royaliste - 20 décembre 2016.
Pour en finir avec l'euro. La « monnaie unique » n’a pas tenu les promesses dont elle était enrobée, ni confirmé les théories qui prétendaient la justifier. L’euro asservit la France, mine l’économie nationale et creuse les inégalités sociales. L’euro violente les nations qui ont accepté ce carcan. Jacques Sapir a raison : il faut en finir avec cette zone sous domination allemande.
L’euro est imposé aux peuples comme une évidence, non comme une somme de bienfaits connus et reconnus comme tels. L’évidence inévidente de l’euro s’appuie sur une autre évidence de même type, qui consiste à affirmer que la fin de l’euro serait une catastrophe pour les nations et pour les citoyens. Les dirigeants de l’Eurogroupe ont agité cette menace pour mater les Grecs en 2015. Ils utiliseront le même procédé si les Italiens portent au pouvoir des formations hostiles à l’euro.
Le chantage au chaos peut être efficace un certain temps. Mais nul n’ignore qu’on le brandit pour masquer la faiblesse ou l’inexistence de ses arguments. Il n’en a pas toujours été ainsi. À la fin du siècle dernier, le discours sur le passage à l’euro se donnait des allures scientifiques et les experts annonçaient l’entrée dans un monde meilleur. Quand les économistes parlaient aux économistes, ils invoquaient la théorie des zones monétaires optimales de Robert Mundell. Quand les économistes parlaient au bon peuple, ils annonçaient que la monnaie unique permettrait une forte augmentation de la production et des échanges. Les dirigeants politiques célébraient quant à eux le bond en avant européen.
Dans le petit essai qu’il vient de publier, Jacques Sapir rappelle que la théorie des zones monétaires optimales n’a aucun fondement scientifique et que les faibles avantages qu’on peut attendre d’une monnaie unique supposent des conditions irréalistes - par exemple la parfaite flexibilité du travail. Pourtant, Jacques Delors et bien d’autres communièrent et communiquèrent dans la certitude d’une forte croissance au sein d’une zone bien protégée contre les aléas de la conjoncture économique. Dix-sept ans plus tard, l’examen de la situation économique et sociale des pays-membres de la zone euro vient démentir cet optimisme.
Pour la France, les effets de l’euro sont accablants. Alors que la croissance du PIB était supérieure à 2,5 % à la fin des années 1990, elle descend à 2 % au début de notre siècle puis tombe aux alentours de 1 % après 2008. Jacques Sapir observe également que la croissance de la production industrielle a été très faible entre 2002 et 2008 et s’est effondrée lors de la crise. La fameuse « forteresse euro » ne nous protège manifestement pas des tempêtes ! Le chômage est la conséquence la plus largement ressentie de la « monnaie unique » mais ce n’est pas la seule : la contrainte monétaire conduit à accroître le déficit budgétaire à cause des exemptions de cotisations sociales et de la baisse des rentrées fiscales provoquées par la faiblesse de la production.
Il est absurde de s’écrier que « les caisses sont vides » à la manière de François Fillon en 2007 si l’on est décidé à poursuivre la politique qui empêche de les remplir. De fait, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a provoqué un accroissement direct de 700 000 demandeurs d’emploi et François Hollande a fait preuve du même aveuglement avec les mêmes conséquences désastreuses sur l’emploi. La contrainte monétaire se fait aussi sentir sur les salaires - le salaire médian stagne depuis l’an 2000 -, sur le territoire national de plus en plus fracturé entre métropoles et « France périphérique », sur l’agriculture française...
Chaque année, le gouvernement assure que l’économie « repart »et tous les cinq ans les candidats des diverses fractions de l’oligarchie nous promettent que la « gouvernance» de la zone euro va changer à notre profit. François Fillon affirme dans son programme pour 2017 qu’il va « faire de l’euro un outil de notre souveraineté », et Arnaud Montebourg parle d’une « souveraineté partagée ». Or nul ne veut reconnaître, à droite comme à gauche, que nous avons perdu la maîtrise de nos recettes fiscales, la liberté de nos choix budgétaires, la possibilité de réduire à un minimum acceptable notre endettement public faute de disposer de notre Banque centrale... selon la logique implacable qui a été enclenchée par l’abandon de notre souveraineté monétaire.
La prétendue monnaie unique - qui n’est pas la monnaie de la Suède, de la Pologne, de la Hongrie - n’a pas profité aux nations qui l’ont adoptée, à l’exception de l’Allemagne. Si l’on prend pour critère le PIB par habitant, le bilan est négatif pour la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Finlande et d’autres indicateurs sont tout aussi défavorables : l’investissement par habitant est faible en Italie et en Espagne, catastrophique en Grèce et au Portugal et le niveau de vie de très nombreux habitants de ces pays est plus ou moins fortement menacé sur le moyen terme. L’Allemagne domine la zone euro et en profite largement parce que le taux de change de l’euro lui convient et parce que la complaisance de ses partenaires - tout particulièrement la France - lui permet d’imposer, par divers « pactes », une austérité qui est conforme à la mentalité et à l’idéologie de ses dirigeants.
L’élite allemande du pouvoir et des affaires veut tirer tout le profit possible de la zone euro - y compris par le pillage de la Grèce - sans en supporter les charges puisqu’elle ne veut ni ne peut accepter d’aider les pays du Sud car cette aide détruirait son économie. D’où l’impasse dans laquelle se trouve la zone euro : sa logique est dépressive et l’issue fédéraliste est impossible puisque Berlin ne pourrait pas en supporter le coût, à supposer que les peuples consentent à l’aliénation complète de leur souveraineté.
Faute de pouvoir sortir de la crise, on cherche à masquer les problèmes par des promesses illusoires, on procède à des coups de force pour imposer des gestionnaires aux ordres - Mario Monti en Italie, Lucas Papadémos en Grèce - ou l’on utilise tous les moyens médiatiques et techniques qui permettent de déstabiliser et de soumettre un gouvernement rebelle - celui d’Alexis Tsipras en 2015. Ces procédés anti-démocratiques ne permettent pas d’endiguer le flot montant des colères : les insurrections électorales sont de plus en plus nombreuses malgré les campagnes de dénonciation du « populisme ». Il faut donc en finir avec la zone euro. C’est possible, c’est souhaitable mais la délivrance ne doit pas se faire n’importe comment.
C’est possible et nécessaire à tous égards. Comme le bloc-or dans les années trente, la zone euro interdit les dévaluations entre des pays-membres dont les trajectoires économiques divergent - alors qu’on nous annonçait une bienfaisante convergence - et qui n’ont d’autre choix que la déflation. En choisissant cette thérapie meurtrière, Ramsay MacDonald et Pierre Laval avaient provoqué des catastrophes économiques et sociales auxquelles s’ajouta la catastrophe politique allemande dont le chancelier Brüning, lui aussi déflationniste, fut directement responsable. Comme naguère, les « dévaluations internes » par la contrainte salariale et la rigueur budgétaire provoquent des troubles politiques majeurs qui peuvent encore s’aggraver. Pour conjurer les périls qui s’accumulent, Jacques Sapir reprend la démonstration qu’il a faite à de nombreuses reprises :
- le retour à la monnaie nationale permet la dévaluation de cette monnaie et la relance de l’activité économique avec de rapides effets positifs sur l’emploi : entre 1,5 et 2,5 millions de personnes retrouveraient rapidement du travail et l’assurance-chômage s’en trouverait rééquilibrée ;
- le retour au franc permet de régler immédiatement le problème de notre dette publique puisque la monnaie de règlement de cette dette est la monnaie qui a cours légal en France. Le remboursement de 97 % de notre dette en monnaie dévaluée redonnerait à l’État les « marges de manœuvres »qui sont effectivement inexistantes dans le système actuel ;
- la fin de l’austérité permettrait de donner un tout autre sens aux « réformes structurelles » aujourd’hui conçues dans la logique antiéconomique et antisociale de la monnaie unique.
Ce troisième point doit être examiné très attentivement car la destruction de la zone euro est une condition nécessaire mais tout à fait insuffisante quant aux objectifs de développement économique et social et de redéfinition de l’Europe. Dans un long article publié récemment sur son blog, Jacques Sapir met en garde contre le danger d’une sortie libéral-conservatrice de l’euro. Trois stratégies sont en effet possibles :
La première consisterait à laisser faire, en profitant des avantages à court terme du retour au franc sans mettre en œuvre une politique industrielle. Si tel est le cas, nous continuerons à subir les effets de l’ultra-libéralisme.
La deuxième chercherait à reconstruire une industrie nationale de milieu et de bas de gamme en se glorifiant du retour à l’emploi de millions de travailleurs tout en continuant à détruire les services publics et à baisser les salaires. Là encore, le peuple français serait floué.
La troisième stratégie profiterait des gains de productivité réalisés grâce au retour au franc pour lancer une politique d’investissements dans le secteur privé et dans les services publics. Cette politique serait accompagnée d’un effort massif en faveur de la formation professionnelle et d’une mobilisation des ressources financières en vue d’un développement conçu selon les impératifs écologiques.
Le contrôle politique de la Banque de France, le contrôle des flux de capitaux et un « changement profond du système bancaire et assuranciel » seraient les conditions premières de cette mobilisation financière dans un cadre protecteur.
Cette mobilisation économique et financière de la nation à nouveau souveraine est la seule stratégie qui permette de reconstruire le pays. Elle se heurterait à de violentes offensives à l’intérieur du pays et à de vives pressions extérieures. D’où la question posée par Jacques Sapir : quelle est la formation ou la coalition politique, qui est ou sera décidée à engager le combat frontal contre l’oligarchie et à rompre avec l’ultra-libéralisme grâce à la constitution d’un « bloc historique » réunissant les classes moyennes et populaires ?
Cette question demeure aujourd’hui sans réponse mais la campagne présidentielle devrait permettre à chacun de préciser ses projets.
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 11:44
Henri Bouvelet
 
 
première sortie
 
 
 
Au long du toit rustique où décline la tuile
Le soleil qui s’étend et glisse en nappe d’huile
S’arrête sur le bord un instant, et soudain,
De son poids ruisselant tombe sur le jardin
Dont la pelouse fraîche est une île étalée
Qu’enserre étroitement le fleuve de l’allée.
Le jour coule à flots lents au fil du sable doux
Pour la première fois je n’ai plus mal du tout ;
J’ai pu comme une enfant qui met sa robe blanche
Reprendre pour sortir mon âme du dimanche,
Et pour habituer mes pas convalescents,
Ayant pris du chemin le côté qui descend,
Je marche sans effort sur la brise qui m’aide
En me poussant le dos du plat de ses mains tièdes.
 
 
 
henri bouvelet (1890-1912). Revue "Shéhérazade". (septembre 1910).
 
 
la volière
 
 
 
Dans les mille maillons d’un flexible roseau,
Le vent rude qui jette un filet sur la plaine
Capture nos bonheurs comme on prend les oiseaux,
Et sur son large dos les charge et les emmène ;

Nos orgueils et nos yeux, aigles ou passereaux,
L’averse les retient dans sa volière pleine
Que l’orage fabrique avec ses tringles d’eau
Où vient se mutiler l’effort des ailes vaines.

Aux regrets pérégrins des plumes et des becs.
Le songe offre un perchoir et l’art un biscuit sec
Où chacun à son gré s’irrite ou se balance,

Tandis qu’au bord d’une auge où croupit le silence
Un merle avec ardeur des cultes puérils
S’égosille à crier le retour de l’avril.
 
 
 
henri bouvelet (1890-1912). Revue "Schéhérazade". (mars 1910).
 
 
vocations
 
 
 
Les chambres de couvent ressemblent à mes nuits :
Leur veilleuse est la sœur de mon inquiétude,
Et de tous les côtés ma jeunesse qui fuit
Est blanchie à la chaux sévère de l’étude.

Je consacre à mon dieu que blesse une croix rude
Un rameau de laurier plus amer que le buis ;
Et c’est loin de mes yeux que le matin dénude
Avec mes doigts ardents la forme d’aujourd’hui ;

Je ne suis point captif puisque j’ai pour frontière
Le rectangle permis d’un petit cimetière
Où je creuse dans l’ombre un trou pour mon cercueil ;

Même je me complais à ce jeu qui me hausse
Depuis l’instant subtil où j’ai trouvé l’orgueil
D’être deux fois plus grand sur le bord de ma fosse.
 
 
 
henri bouvelet (1890-1912). Le Royaume de la terre. (1910).
 
 

 
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 20:31
Un retour
aux sources
  
LETTRES
Sur les
chemins noirs.
Sylvain Tesson.
Gallimard.
Octobre 2016.
144 pages.
 

 
Sylvain Tesson, né en 1972, est écrivain et journaliste. Géographe, novelliste, essayiste, voyageur ou aventurier, Tesson arpente le monde à son rythme et selon ses envies, tantôt au galop des hussards, tantôt au pas tranquille du flâneur ou du pèlerin. Il a récemment publié : Une vie à coucher dehors (Gallimard, 2009), Dans les forêts de Sibérie. (Gallimard, 2011), Géographie de l'instant. (Editions des équateurs, 2012), S'abandonner à vivre. (Gallimard, 2014), Berezina. (Guérin, 2015).
 
Présentation de l'éditeur.
2014. « L'année avait été rude. Je m'étais cassé la gueule d'un toit où je faisais le pitre. J'étais tombé du rebord de la nuit, m'étais écrasé sur la Terre. Il avait suffit de huit mètres pour me briser les côtes, les vertèbres, le crâne. J'étais tombé sur un tas d'os. Je regretterais longtemps cette chute parce que je disposais jusqu'alors d'une machine physique qui m'autorisait à vivre en surchauffe. Pour moi, une noble existence ressemblait aux écrans de contrôle des camions sibériens : tous les voyants d'alerte sont au rouge mais la machine taille sa route. La grande santé ? Elle menait au désastre, j'avais pris cinquante ans en dix mètres. A l'hôpital, tout m'avait souri. Le système de santé français a ceci de merveilleux qu'il ne vous place jamais devant vos responsabilités. On ne m'avait rien reproché, on m'avait sauvé. La médecine de fine pointe, la sollicitude des infirmières, l'amour de mes proches, la lecture de Villon-le-punk, tout cela m'avait soigné. Un arbre par la fenêtre m'avait insufflé sa joie vibrante et quatre mois plus tard j'étais dehors, bancal, le corps en peine, avec le sang d'un autre dans les veines, le crâne enfoncé, le ventre paralysé, les poumons cicatrisés, la colonne cloutée de vis et le visage difforme. La vie allait moins swinguer. Il fallait à présent me montrer fidèle au serment de mes nuits de pitié. Corseté dans un lit étroit, je m'étais dit à voix presque haute : « si je m'en sors, je traverse la France à pied ». Je m'étais vu sur les chemins de pierre ! Je voulais m'en aller par les chemins cachés, flanqués de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés. Il existait encore une géographie de traverse pour peu que l'on lise les cartes, que l'on accepte le détour et force les passages. Loin des routes, il existait une France ombreuse protégée du vacarme, épargnée par l'aménagement qui est la pollution du mystère. Une campagne du silence, du sorbier et de la chouette effraie. Des motifs pour courir la campagne, j'aurais pu en aligner des dizaines. Me seriner par exemple que j'avais passé vingt ans à courir le monde entre Oulan- Bator et Valparaiso et qu'il était absurde de connaître Samarcande alors qu'il y avait l'Indre- et-Loire. Mais la vraie raison de cette fuite à travers champs, je la tenais serrée sous la forme d'un papier froissé, au fond de mon sac... » Avec cette traversée à pied de la France réalisée entre août et novembre 2015, Sylvain Tesson part à la rencontre d'un pays sauvage, bizarre et méconnu. C'est aussi l'occasion d'une reconquête intérieure après le terrible accident qui a failli lui coûter la vie en août 2014. Le voici donc en route, par les petits chemins que plus personne n'emprunte, en route vers ces vastes territoires non connectés, qui ont miraculeusement échappé aux assauts de l'urbanisme et de la technologie, mais qui apparaissent sous sa plume habités par une vie ardente, turbulente et fascinante.
 
L'article de Sylvie Matton. - Service littéraire - novembre 2016.
Un voyage lumineux sur les chemins noirs. Les chemins noirs sont les sentiers, pistes et lisières, oubliés des cartes, que plus personne n’emprunte. De quoi faire rêver Sylvain Tesson, après la chute qui l’a projeté dix mètres plus bas, dans le coma, le corps brisé : s’il peut de nouveau marcher, il découvrira entre le Mercantour et le Cotentin, cette France préservée – il l’a juré, corseté et cloué sur son lit d’hôpital. Ce sera le voyage de la rémission et de la rédemption, avant que des fonctionnaires ministériels n’accomplissent leur mission : amener dans le droit chemin de l’aménagement du territoire cette hyper-ruralité, trou noir de la civilisation, grâce au charabia administratif et à l’absurde embrigadement – lotissements, hypermarchés, semences chimiques, vignes sulfatées, batteries d’animaux martyrs, gènes modifiés, ronds-points et wifi.
Après avoir escaladé maints immeubles et toits du monde, cathédrales et hauts sommets, déployé des banderoles à la gloire du Tibet du haut de Notre-Dame et de la Tour Eiffel varappées, traversé taïgas, forêts, déserts de la planète à pied, à cheval ou à bicyclette, le lac Baïkal gelé en side-car, survécu en ermite un hiver au bord du même lac, cherché en ce mouvement perpétuel un sens à l’essentiel, il arpentera d’août à novembre 2015 l’infiniment proche. Se sentant vivant grâce au mouvement lent de la marche, il bivouaquera, malgré les vis dans son dos et d’autres douleurs qu’il tait, dans une plaine ou un sous-bois, à la belle étoile ou sous la pluie. Le livre de Tesson est jubilatoire, par les clés du monde qu’il nous confie, les confrères auteurs et les peintres convoqués, un lyrisme et une sensualité maîtrisés et son humour bienveillant. Loin des oukazes écologistes, le propos n’est pas ici de convaincre mais de partager une connaissance de géographe qui connaît l’histoire, une perception de voyant, entre émerveillement et accablement – tel un personnage houellebecquien désabusé (désormais interdit d’alcool, n’est-il pas lui aussi condamné au Viandox ?).
Sur ces chemins de la liberté, il croise quelques rares congénères, frères de silence, veille sur le sommeil de fées tutélaires, salue vaches, chevaux, chevreuils, salamandres, faisans, hérons, chouettes effraies, mais aussi les buissons, les mûriers et les noisetiers qui le nourrissent, les herbes qui claquent dans le vent. Devant le sémaphore de La Hague battu par la tempête, bout de la carte, fin ironique du territoire et du voyage, Sylvain Tesson sait désormais que les chemins noirs prolongent leurs sillons en un cheminement mental sans fin. Le nôtre à présent.
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 15:47
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Hiver 2016-2017
Le monde
selon Trump
 
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- A nos amis américains, par François Renié. [lire]

Les idées et les livres

- Les nouveaux patriotes, par Hubert de Marans. [lire]
- Leçons diplomatiques, par Claude Arès. [lire]
- Le monde selon Trump, textes présentés par Jacques Darence. [lire]
- Michel Déon, le hussard migrateur, par Rémi Clouard. [lire]
- Présence de Malraux, par Eugène Charles. [lire]
- Le père Namur, une nouvelle d'Eugène Marsan. [lire]
- Le jardin français, poèmes de H. Bouvelet, J. Gasquet, C.- F. Ramuz. [lire]

Chroniques

- Notes politiques, par Hubert de Marans.
Un suicide hollandais. - Ambitieux sans projets. - La droite et l'argent. - Malaise policier.

- Chronique internationale, par Jacques Darence.
Europe : le jeu des dominos. - La tragédie d'Alep. - Ombres chinoises - La Thaïlande et son roi.

- Chronique sociale, par Henri Valois.
La France et ses usines. - Antisocial. - Chantiers navals. - Reconversions industrielles.

- La vie littéraire, par Eugène Charles.
Duteurtre. - Tesson. - Jonquères. - Quignard. - Le Carré. - Goffette.

- Idées et histoire, par Pierre Gilbert et Jacques Darence.
Debray. - Rey. - Simone. - Brague. - Preston. - Chaline. - Valéry.

- Notes d'Art, par Sainte Colombe et Louis du Fresnois.
Baudelaire. - Buffet. - Bouchardon. - Molière.

- Revue des revues, par Paul Gilbert.
Nation. - Monarchie. - Socialisme. - Simone Weil. - Gaxotte. - Poussin.

- Les livres, par Paul Gilbert, Eugène Charles, François Renié.
Dialogue sur l'histoire et l'imaginaire social. (Cornelius Castoriadis et Paul Ricoeur). - Un défi de civilisation. (Jean-Pierre Chevènement). - L'Euro contre la France, l'Euro contre l'Europe. (Jacques Sapir). - Heidegger. (Cahier de l'Herne). - La France en terre d'Islam. (Pierre Vermeren). - Juger la Reine. (Emmanuel de Waresquiel). - Romans, récits et nouvelles. (Jack London). - Les premières aventures d'Arsène Lupin (Maurice Leblanc). - Petite sélection stendhalienne. - Livres reçus.

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:15
Georges Louis Garnier
 
 
verdures de paris
 
 
 
- De quels purs éléments naît ton charme, ô verdure ?
- Du bleu si frais de l’eau, de l'or si beau du jour.
- D'où ce baume qui plus que ta nuance dure ?
- Du dieu dont ce mortel feuillage est le séjour.

Frondaisons! Revoici le feuillage d'avril !
Source ailée au-dessus des amants gazouillante,
Onde et brise, aube et chant fondus en même plante,
Ce qu'il sait du bonheur, jamais le dira-t-il ?

Que j'aime dans ton parc étagé, tout au bout
De l'allée expirant sur la terrasse altière,
Ce vertige d'azur plus profond, ô Saint-Cloud
Que l'ombre de tes bois perdus dans la lumière !

Meudon, Fourqueux, Marly, noms gazouillants d'oiseaux,
Montmorency, Sannois, Fontainebleau, Recloses,
Coups d'ailes de Paris au sommet des coteaux
Qui la ceignent de bois, de vergers et de roses !

Verte nacelle au bleu du songe suspendue,
La petite clairière où je m'étais assis
Emporte doucement à travers l'étendue
Ma peine qui devient ange du paradis.

Beau voile frissonnant, brodé de mille oiseaux,
Pudeur de la Maison, son aise et sa parure,
Qu'il est doux d'entrevoir, si blanche en tes réseaux,
Sa chaste épaule où dort le bonheur, ô verdure !

Souvent aux calmes nuits de l'été je m'assois
Dans ces jardins déserts, ces parcs, ces avenues,
Où l'âme de Paris, amoureuse des bois,
Rêve jusqu'au matin d'idylles ingénues.

Si je ne connais plus des jardins que leurs grilles,
C'est rosée à mon cœur d'entrevoir un sentier
Où quelque oiseau des bois descend, entre deux trilles,
Boire à la cascatelle en fleur d'un églantier.

- Grands arbres, dites-moi si le chant qui s'envole
Au gré des vents, Zéphyr, Tramontane, Aquilon,
Mieux vous plaît que la stance à mesure moins folle ?
Dionysos est ivre et trop sage Apollon.

- Laisse les dieux, poète, et prends des hirondelles
Un exemple à la fois savant et naturel,
Car les beaux vers, toujours, comme les justes ailes
Sont en naissant compas et balances du ciel.
 
 
 
georges-louis garnier (1880-1943). Verdures de Paris (1938).
 
 
en perdition
 
 
 
A Guy Lavaud.
 
Profondeurs de la vie, abîmes insondés
Où n'atteignent que les naufrages,
Nef en péril, je songe aux trésors inondés
Qui dorment dans vos noirs parages.

A quels scaphandriers, dans leur nuit descendus,
Vos épaves livreraient-elles
Les mystiques joyaux des dévouements perdus,
L'or des fidélités mortelles ?

Des riches cargaisons qui font les destins lourds
Le malheur volontiers nous prive,
Tandis que, sillonnant la surface des jours,
La maigre voile atteint la rive.

Mais que me sont auprès des diamants noyés
Dont les astres ont la mémoire
Les parures de verre et les pâles colliers
De la fortune ou de la gloire !
 
 
 
georges-louis garnier (1880-1943). Le Songe dépouillé (1931).
 
 
poème d'automne
 
 
 
Nourrice au sein meurtri, douce et tendre saison
Qui portes les fruits de la terre,
De quel amour, Automne, aimes-tu la maison
Que ton sang doré désaltère !

Hutte du bûcheron, petits hameaux perdus,
Gai village à flanc de colline,
Toutes sont tes enfants que tu tiens suspendus
Après ta mamelle divine.

Baisse le jour. Leur faim apaisée en tes bras,
Le cellier plein, la grange lourde,
Tu baignes de rosée et puis clos leurs yeux las
Que fait rêver ta chanson sourde.

Qu'elle est tranquille alors la dormeuse au front blanc,
Posé sur un calme nuage,
Tandis qu'à ses pieds frais tu laisses en tremblant
Glisser ton voile de feuillage !
 
 
 
georges-louis garnier (1880-1943). Le Songe dépouillé (1931).
 
 

 
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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 16:26
La grande force
de l'amitié française
  
LETTRES
Les diverses
familles spirituelles
de la France.
Maurice Barrès.
Préface de J.-P. Rioux.
CNRS Editions.
Septembre 2016.
212 pages.
 

 
Maurice Barrès (1862-1923). Ecrivain, essayiste et homme politique. Maître du style et de la pensée française, il inspire cette revue depuis l'origine. Publications récentes : Antoine Billot, Barrès ou la volupté des larmes. (Gallimard, 2013), Maurice Barrès, Une enquête aux pays du Levant. (Manucius, 2013), Maurice Barrès, L'Âme française et la guerre, tome III. (BNF, 2016).
 
Jean-Pierre Rioux, né en 1939, est historien. Spécialiste de l'histoire contemporaine de la France et des idées politiques, il est l'auteur de nombreux ouvrages. Il a récemment publié : Jean-Jaurès. (Perrin, 2005), Les Populismes. (Perrin, 2006), Les Centristes. (Fayard, 2011), La Mort du lieutenant Péguy. (Tallandier, 2014), Vive l'Histoire de France. (Odile Jacob, 2015).
 
Présentation de l'éditeur.
Personne, avant 1914, n'aurait imaginé qu'un jour, Barrès reconnaîtrait aux protestants, aux juifs et aux socialistes le même statut de « familles spirituelles de la France » qu'aux catholiques et aux traditionalistes. N'avait-il pas, au temps de l'affaire Dreyfus, soutenu les campagnes antisémites de Drumont, brocardé l'influence « dissolvante » du protestantisme, ferraillé contre l’« internationalisme rouge » ? Publié en 1917, au plus fort des combats du Chemin des Dames, des mutineries, de la crise morale qui saisit l'arrière, Les Diverses Familles spirituelles de la France dévoile un Barrès inattendu. Face à la commotion nationale, il se fait le chantre des « amitiés françaises » contre les germes de division qui, trop longtemps, affaiblirent le pays. « La guerre est l'occasion pour une nation déchirée de dépasser ses clivages et de mettre en commun, au service d'un but qui les transcende, l'énergie jusque-là dépensée dans la vanité des querelles de partis », lance l'écrivain-député dont le coeur bat au rythme des lettres de soldats qu'il reçoit alors par milliers. La relecture de ce classique monte que Barrès ne fut ni le « crieur public du massacre » dénoncé par Jean Guéhenno, ni le « rossignol du carnage » fustigé par Romain Rolland. Pour Barrès, en effet, le soldat se bat pour que ses enfants n'aient pas à se battre. Il fait la guerre pour détruire la guerre...
 
Préface de Jean-Pierre Rioux (conclusion).
Cent ans plus tard... Ne faisons pas dire à Barrès, malgré tant de propos généreusement ampoulés, qu’il considérait que la terre de salut fût en vue puisque le peuple français en armes oubliait ses divisions et rivalisait d’esprit de sacrifice, de sens patriotique, d’héroïsme d’esprit et de foi. Les Marginalia, ces réflexions notées de sa main juste après la publication du livre et publiées par son fils Philippe dans l’édition de 1930 et qu’on retrouvera ici en annexe du texte de 1917, prouvent que le doute a pu le saisir sur-le-champ et être entretenu après la Victoire. Il l’exprimera à voix haute, y compris à la Chambre et dans ses conférences, au temps du Bloc national et du retour des divisions et des haines partisanes, dès 1919. Non. C’est aussitôt qu’il s’interroge sur le sens de tant de spiritualité, d’esprit de réconciliation et de vaillance. Il griffonne en marge de son livre, visiblement décontenancé : « Ils s’évadaient de leur humanité. Vers quoi ? Serait-ce vers rien ? » ; « Mais s’ils s’étaient trompés ? » ; « A quoi tout cela est-il bon ? ». Créditons Barrès de cette angoisse-là ; de ce tremblement au spectacle de l’affrontement entre une Histoire affreusement nouvelle et l’âme antique de la nation; de ce point de suspension.
Observons aussi que dans le texte originel comme dans ses Cahiers des incidentes révèlent qu’en publiant ce livre il reste d’abord fidèle à son « innéité » et revendique, cette fois sans désemparer, la continuité et la rectitude de son labeur national. En 1911, Les Amitiés françaises, petit traité d’éducation à l’usage des nouvelles générations et particulièrement de son fils Philippe, avait averti. Assurément, écrivait-il, fort d’un postulat posé dès 1889 dans Un Homme Libre, « des individus qui ne se mettent pas d’accord avec eux-mêmes et qui contrarient leur innéité font de détestables éléments sociaux » ; c’est artifice et mensonge de laisser croire qu’un être, individu ou collectivité, peut grandir « en dehors de sa vérité propre ». Mais, autre postulat, la « froide déesse Raison » veut qu’ « un petit enfant chez qui l’on distingue et vénère les émotions héréditaires, qu’on meuble d’images nationales et familiales tout au cours de sa vie, dans son fond possèdera une solidité plus forte que toutes les dialectiques, un terrain pour résister à toutes les infections, une croyance, c’est-à-dire une santé morale ». Oui, poursuit-il, « on peut dégager chez un jeune garçon ses dispositions chevaleresques et raisonnables, le détourner de ce qui est bas, l’orienter vers la vérité, susciter en lui le sentiment d’un intérêt commun auquel chacun doit concourir, le préparer enfin à se comprendre comme un moment dans un développement, comme un instant d’une chose immortelle ».
Toutefois, croyance et solidité morale resteront inopérantes si n’a pas été entretenue la fidélité de tous et chacun au « trésor national ». C’est pourquoi en 1913, juste après la publication de La Colline inspirée, Barrès s’est lancé passionnément dans la bataille parlementaire qui a abouti à l’adoption d’une loi de protection et de promotion des monuments historiques – celle qui encore aujourd’hui n’a rien d’obsolète. Il en a tiré argument dans La Grande Pitié des églises de France, publié en février 1914, pour signaler la montée d’une conscience patrimoniale, d’une unification du domaine sacré et donc d’une mobilisation , déjà, du divin dans la France menacée de guerre, juste avant la destruction par la « race » et la « barbarie » allemande de a cathédrale de Reims et la ruine de tant de clochers repères d’artillerie, bien avant le salut de 1919 aux statues de la cathédrale de Strasbourg : oui, les saints, les prophètes et la Vierge ont formé et reformeront la haie d’honneur de nos soldats « pour leur chevalerie ».
Spiritualité et morale civique, conscience de la grandeur nationale et valorisation du patrimoine hérité n’ont donc fait qu’un pour lui. Les malheurs et les ardeurs de la guerre n’ont fait que renforcer l’unicité spirituelle et sacralisée, monumentale et populaire, de l’espace public. Mais celle-ci reste guidée par « la déesse Raison » ; elle est, grâce aux savants, aux instituteurs et aux catéchistes main dans la main, l’agencement terriblement humain d’une conscience plus aigüe du réel, d’une concordance des croyances et d’une intelligence à la française confortée par la science et la recherche, par la diffusion toute républicaine des savoirs et de l’instruction.
Cet impératif de « reconstitution intellectuelle » à jet continu hantera Pour la haute intelligence française publié en 1925, après sa mort, à l’initiative de Philippe Barrès et préfacé par Charles Moureu, l’éminent chimiste, celui qui avait lancé l’industrie française dans la production des gaz de combat en 1915 après le massacre au chlore commis par les Allemands à la bataille d’Ypres. Charles Moureu tient à dire de Barrès que ce « prince des lettres fut un ami des sciences, et [qu’en servant] la cause des sciences il servit la Patrie et l’Humanité. Avec son arrière plan guerrier, cette ultime publication complète et achève un cheminement scandé par La Grande Pitié et Les Diverses Familles. Elle est un hymne à l’organisation nécessaire de la science chez les « fils spirituels de Pasteur ». Malgré « la grande pitié des laboratoires de France », plaide Barrès, maîtres et étudiants d’après la guerre auront toujours en charge « une belle besogne d’unité française ». Car autant que l’éclat des arts et des lettres, le développement des sciences et des techniques, outre qu’il conforte la défense nationale, assied l’idéal d’humanité et la présence de la France dans le monde du XXe siècle. Elle assure mieux que par des discours et des idéologies l’adaptation de l’esprit public aux temps nouveaux et aux amitiés ferventes renouées au front. Cette ode barrésienne à la modernité technicienne ne peut qu’intéresser et peut-être toucher son lecteur d’aujourd’hui. Car celui-ci sent encore trop bien que l’Université et la Recherche restent en France toujours à la peine, par défaut d’ambition rajeunie par le fracas d’un monde nouveau, par négligence intellectuelle d’y puiser une réserve de vitalité.
Tel est chez Barrès l’encadrement, raisonné par l’intelligence collective et le développement de la connaissance, de la spiritualité de la famille recomposée. Son argumentation, à discuter mais forte, est d’une telle actualité cent ans plus tard qu’elle éclipse le débat entre historiens lancé par Zeev Sternhell depuis son Nationalisme de Maurice Barrès de 1972 et qui ne nous intéresse guère ici, puisqu’il n’a jamais pris en ligne de compte Les Diverses Familles Spirituelles. A la lecture de celles-ci, on considèrera simplement, avec Pierre Milza, Serge Bernstein et Michel Winock, que tout au contraire, cette harangue de 1917 apporte une triple preuve. La première : Barrès a su abandonner son antisémitisme des années 1890 au profit d’une bénédiction toute républicaine de l’acquiescement patriotique et héroïque des « israélites » à la cause nationale. La deuxième : il a conçu et tenté de promouvoir un élargissement et une élévation du regard nationaliste sur la France issu du boulangisme, de l’antidreyfusisme et des sursauts des « jeunes gens d’aujourd’hui » à la veille de la guerre, puisque l’Union sacrée maintenue redistribue les cartes en faveur d’ »amitiés françaises » à prolongement universel, puisque l’esprit de compréhension l’emporte sur l’invective et la division. La troisième : Barrès, fort de cette évolution et de cette exigence, tout empreint d’histoire et de patrimoine qui font la Nation une colline inspirée, une floraison d’héritages et de continuités et non plus une machine de guerre idéologique poussant à la rupture violente et à la transparence assassine, n’a pas participé d’un fascisme à la française.
Fermons le ban. Et rêvons un peu, voulez-vous, en découvrant ou feuilletant ce petit livre négligé. Voici que nous revient le mot d’André Malraux à propos du message de ce Barrès prétendument moisi : « Si étrangères qu’elles nous soient, ne marchandons pas – ajoutons : avec lui, grâce à lui – notre admiration aux hautes valeurs amputées ».
Car voici qu’en 2015 et 2016, dans une France tout autre mais où le sang a coulé et le mot guerre a été avancé, où la Marseillaise et les drapeaux ont refleuri, où « la promesse d’une même France » a secoué l’opinion et conquis les médias les plus populaires, un président de la République qui n’a rien de barrésien a tenu pour acquis que l’unité nationale se reconstruit aux pires moments, que sa diversité est fondatrice et que l’avenir commun participe encore du mot « patrie ». Au lecteur, aujourd’hui, de soupeser ce rapprochement.
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N°1 - 2009/01
 
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