Dimanche 25 octobre 2009
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La balancelle
Si tu pouvais aller vers le pays ou dort Celle qui fit mon cœur si lourd, Je te ferais mettre toutes voiles dehors O balancelle de Collioure. Pour me retenir le roi de Majorque M’offrirait en vain Sa fille aux joues ocres Et cent vingt mille morabotins D’or. Malgré le regret, Belle ville rose et bel azur noir Du port, Dès ce soir, déchirant la soie d’eau, dès ce soir Je partirais. Mais parée de jaune et vert comme un jeune ara, La balancelle est sur le sable Et pour le pays inconnaissable Jamais elle n’appareillera. |
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Tristan Klingsor, 1874-1966. Poèmes de la figue et de la rose (1932).
Publié dans : Le jardin français
