Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 09:20
Philéas Lebesgue
 
 
le plus beau pays du monde
 
 
 
Le plus beau pays du monde,
C’est la terre où je naquis ;
Au printemps, la rose abonde
Aux abords de ses courtils,
D’elle émane dans la brise
Un arôme sans pareil,
Au clocher de ses églises
Le coq guette le soleil.

On y parle un doux langage,
Le plus beau qu’on ait formé ;
L’étranger devient plus sage,
Quand il se met à l’aimer.
Heureux qui reçut la chance
De l’ouïr dès son berceau,
Car la langue de la France
Est un chant toujours nouveau.

Parfums de fleurs, chants de cloches,
Bruits d’eaux vives, gais frissons
Des tiges qui se rapprochent,
Quand mûrissent les moissons,
Etoiles dans un ciel tendre,
Sourires d’aubes en éveil :
Ah ! mon pays j’aime entendre
Ta chanson dans le soleil !
 
 
 
philéas lebesque (1869-1958). Les Servitudes ( 1913).
 
 
l'odeur du sol mouillé
 
 
 
L’odeur du sol mouillé saisit, voluptueuse,
Mon rêve de passant parmi ce coin désert
Quelque chose comme d’un fruit ou d’une chair,
Dont on a trop goûté la saveur orageuse.

C’est un moment d’amour unique qui renaît
Crispant comme un sanglot mon cœur que l’heure morte
Enfièvre encor. Le vent mystérieux m’apporte
Avec le cher parfum les larmes du regret.

Ah ! ce qui joint si fort la patrie à nos fibres
Peut-être est-ce ce charme étrange, la vapeur
Qui s’exhale du sol, l’atavisme du cœur :
Seuls ont droit à leurs souvenirs les peuples libres.
 
 
 
philéas lebesgue (1869-1958). Le Divan. (1909).
 
 
chanson de charrue
 
 
 
Comme se suivent les années,
Se rangent au fil des labours
Les rudes glèbes retournées ;
O mon pain bis, ô mes amours !

Chaque sillon succède à l'autre
Au même pas des chevaux lourds :
Je fais mon pain, faites le vôtre ;
Laissez-moi croire à mes amours !

Aux longues plaintes de la terre
Les puissants de l'heure sont sourds,
S'ils n'ont profit pour s'y complaire :
O ma charrue, ô mes amours !

Comme les vers d'un vieux poème,
S'en vont les sillons du labour.
Puis-je savoir pour qui je sème ?
O mes chevaux, encore un tour...
 
 
 
philéas lebesgue (1869-1958). Poésie. (1928).
 
 
corbeille de fruits
 

Partager cet article

Repost 0
la Revue critique des idées et des livres - dans Le jardin français
commenter cet article

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche