Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 16:00

Dufy, le plaisir      


Exposition Raoul Dufy

Mis en ligne : [29-11-2008]

Musée d'art moderne de la ville de Paris

Jusqu'au 11 janvier 2008.


 



Le musée d'art moderne de la Ville de Paris
remet à l'honneur le "peintre de la joie", Raoul Dufy (1877-1953), célèbre de son vivant puis tombé en désuétude. Il s'agit de la première rétrospective qui lui soit consacrée à Paris, depuis sa mort.


Raoul Dufy, le plaisir. - Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 11 Avenue du Président Wilson, Paris 16 ème. - Tous les jours de 10h à 18h, jeudi  de 10h à 22h. Fermé le lundi et les jours fériés. - Jusqu'au 11 janvier 2009.

 

Présentation. - "Raoul Dufy, le plaisir" expose 120 peintures, 90 dessins, gravures ou livres illustrés, des céramiques et des tissus avec l'objectif de "remettre au premier plan un artiste trop vite jugé", dit Fabrice Hergott, directeur du musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Raoul Dufy a été très célèbre de son vivant puis sa réputation a considérablement décliné dans les années 70, quand le regard s'est modifié. "Je n'étais pas suffisamment radical", dit-il. Le titre de l'exposition est tiré d'une phrase de Gertrude Stein, collectionneuse de Picasso, mais aussi de Dufy : "Raoul Dufy est plaisir", écrit-elle en 1946, pour évoquer le "joie de vivre" exprimée dans la peinture de l'artiste, toute de couleurs, de formes légères, d'arabesques. Le musée d'art moderne de la Ville de Paris possède une riche collection de cet artiste, dont la monumentale "Fée Electricité". Ce tableau de 600 m2 en 250 panneaux est abrité de manière permanente dans une salle qui lui est dévolue, et termine l'exposition.

Dufy, natif du Havre, participe au début du siècle à l'aventure de l'art moderne. Il flirte avec le fauvisme dont il garde dans ses paysages le goût de la couleur. Il se rapproche un temps du cubisme mais ajoute aux compositions qu'il peint au côté de Braque, des balustrades, des palmes. "Malgré tous mes efforts (...), mes études, celles que je préfère, prennent un tour décoratif", dit-il. Dufy s'intéresse à l'art populaire, grave un bestiaire tiré des livres médiévaux pour illustrer un ouvrage d'Apollinaire, créé des céramiques, s'intéresse à la mode. Sa rencontre avec le couturier Paul Poiret en 1909 amènera l'artiste à dessiner des tissus, aux superbes motifs floraux. Plusieurs d'entre eux, ainsi que quelques robes, sont exposés. Cela "lui amènera la reconnaissance publique et sociale, et en même temps lui sera reproché", dit M. Hergott. La critique d'art le soupçonne "de mondanité, de légèreté, il n'est pas assez pur", alors qu'au contraire, ce travail va "enrichir sa peinture", ajoute-t-il. Il y exploite notamment le principe de la série, de la répétition. "C'est moderne depuis Warhol. A l'époque, c'était très audacieux", dit le directeur.

Le monde de Dufy est un monde idéal, peuplé d'une humanité idéale, il veut représenter un "monde de parade". L'oeuvre pour lui "doit évoquer la joie de vivre. Il ne veut pas cacher le malheur mais le tenir à distance", dit-il. Après les séries d'ateliers, de fenêtres, de rues pavoisées, l'exposition se conclut avec celle des cargos noirs, métaphore de la mort. La palette du peintre vieillissant est devenue sombre. Le cargo, à peine esquissé voire gratté à l'ongle sur la toile, s'avance vers le port.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche