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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 23:31
Tombeau d'Achille                    
 
par Vincent Delecroix
Mis en ligne : [2-01-2009]
Domaine : Lettres

 

Vincent Delecroix est né en 1969. Il vit et enseigne la philosophie à Paris. Il est l'auteur de trois romans publiés aux Éditions Gallimard, À la porte (collection blanche, 2004), Ce qui est perdu (collection blanche, 2006) et La chaussure sur le toit (collection blanche, 2007).


Vincent Delecroix, Tombeau d'Achille, Paris, Gallimard, octobre 2008, 176 pages.

 

« Il était votre héros, peut-être, parce qu'il était le plus grand des héros, le plus beau, le plus fort, le plus courageux ou le plus inflexible, quand vous n'étiez pas si beau, quand un regard minaudant vous tourneboulait pour votre honte, quand il aurait fallu se montrer ferme et que vous vous découvriez faible. Ou peut-être parce que sa mère était une déesse marine, ou parce que lui aussi pouvait cesser de jouer brusquement pour longuement bouder en cas de notoire injustice. […] Parce que, aussi, il faut bien l'avouer, il était de tempérament colérique et que vos caprices de gamin en était blasonnés d'or, ou que son orgueil était une qualité divine et non un vilain défaut. Parce qu'il n'était pas chafouin comme Ulysse, pontifiant comme Nestor, stupide comme Agamemnon, lâche comme Pâris – et surtout pas cocufié comme Ménélas. Parce qu'il était pur, dans sa violence comme dans sa magnanimité, dans son chagrin comme dans sa joie triomphante. Et il semblait qu'à le suivre vous étiez purifié, plongé au feu, comme lui-même le fut, enfant, par sa mère. […] Et toujours le soleil serait sans défaut, les paroles droites, la nuit profonde et immensément riche d'étoiles. »
Dans ces pages à la tonalité grave et émouvante, Vincent Delecroix se livre à une forme d'auto-analyse « sous le bouclier d'Achille », opposant le rusé et sage Ulysse – qu'il n'aime pas – au bouillant et admirable Achille. À la vie tranquille et sans gloire du premier – et de bien des hommes, il fait l'éloge de la vie brève et éclatante du second, préférant, dans ce trajet vers une mort inéluctable qu'est toute existence, l'exaltation et le risque de la course en avant à la médiocrité obscure et mesquine de la prudence.

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