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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 23:51
Théâtre                                            


de Jean Anouilh

Mis en ligne : [25-01-2009]

Domaine : Lettres

anouilh 1
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Jean Anouilh (1910, 1987) figure parmi les grands auteurs dramatiques français de l'époque moderne. Ecrivain satirique, joignant l'amertume à l'humour, il prend pour thèmes les drames nés du heurt de la pureté, de l'enfance et des compromissions sociales et politiques. Anouilh a lui même classé son théâtre en "pièces noires", "pièces roses", "pièces grincantes", "pièces brillantes", pièces costumées", "pièces farceuses" et pièces secrètes". Parmi ses oeuvres principales : Le voyageur sans bagages (1937), Le bal des voleurs (1938), Antigone (1944), La répétition ou l'amour puni (1950), Pauvre Bitos (1956), Beckett ou l'Honneur de Dieu (1959).
 

Jean Anouilh, Théâtre (tomes I et II), Paris, Gallimard - Bibliothèque de la Pléiade ,Octobre 2007, 1438 et 1560 pages.

 

Peu d’œuvres ont été aussi mal jugées que celle d’Anouilh. Plusieurs raisons à cela : cinquante ans de succès public, ce qui ne se pardonne pas ; un anti-conformisme social, politique et culturel dont on a fait un délit d’opinion ; la célébrité d’Antigone, qui est l’arbre qui dispense d’aller faire un tour en forêt ; le recours, enfin, à des formes (farce, drame, tragédie, toutes les sortes de comédie), à des procédés (agilité technique, structures ingénieuses, répliques brillantes) et souvent à une tradition (duchesses et généraux, sofas et bergères, Toto et Marie-Christine) qui, associés, forment la façade et dissimulent la vraie nature de ce théâtre essentiellement poétique. Les rituels sociaux y cachent des vertiges, les rires soudains y sont la politesse de désespoirs durables. « Sous [s]on petit chapeau d’Arlequin », Anouilh cache une « grande oreille de janséniste ». Quels que soient le cadre (mythologique, historique, contemporain) et la tonalité (rose, noire, grinçante…) de ses pièces, les mêmes questions sont présentes : l’identité, l’impossible relation à autrui, la douleur née des compromissions, la nostalgie de la pureté, l’irrémissibilité du temps. Il est aussi difficile d’être en bons termes avec soi – « Je suis rentré en moi-même plusieurs fois. Seulement, voilà, il n’y avait personne » – que de connaître autrui : « Quel monde incompréhensible, les autres... » Bref, si « les autres » ne sont pas exactement « l’enfer », les pièces d’Anouilh ont souvent la tension d’un huis clos, et l’auteur de Becket est bel et bien, à sa manière, un dramaturge de l’existence.

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