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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 11:00
Aux morts de la Revue critique

 

En ce jour de célébration de la victoire, et alors que des esprits faux, futiles et sans mémoire célèbrent " l'amitié franco-allemande", notre première pensée sera pour les morts de la Revue critique des idées et des livres, pour ses vingt quatre rédacteurs tués à l'ennemi, disparus ou morts sous les drapeaux entre 1914 et 1918. La Revue critique a payé un des plus lourds tributs de la presse de l'époque. Elle était l'aile avancée de toute une génération, d'une jeunesse marquée par le retour des idées nationales et classiques, d'une génération que la France avait à nouveau enchantée.

Le 2 août 1914, La Revue critique bouclait son dernier numéro d'avant guerre. Pierre Gilbert, qui faisait office de rédacteur en chef, rédigeait en toute hâte un avertissement aux lecteurs, avant de rejoindre ses camarades déjà mobilisés. Ce petit texte garde, un siècle après, toute sa charge d'émotion :

A nos lecteurs. A l'heure où nous portons sur des épreuves imparfaites le bon à tirer d'un numéro forcément réduit, l'Etat français a donné l'ordre de mobilisation générale et les premières hostilités ont eu lieu. La publication de la Revue se trouve suspendue. Les rédacteurs de la Revue prennent congé de leurs lecteurs pour prendre leurs places sous les drapeaux.

Son ami Eugène Marsan n'avait pu s'empêcher de clore l'avertissement par un vibrant "Vive la France!". Mais Gilbert d'effacer cette dernière ligne : - Quelle idée ! Cela va de soi…

TUES A L'ENNEMI :

- Maurice Luthard: le 18 août 1914, en Lorraine, " avec le plus grand mépris du danger."
- Germain Belmont
(Charles Deschars), aux armées de première ligne sur sa demande : blessé le 22 août 1914, assassiné le 23 à l'ambulance, par un sous-officier allemand, comme il s'efforçait d'empêcher le massacre des autres blessés. 

- Robert Cernay (Robert de Fréville de Lorme) : le 1er septembre 1914.

- Gustave Valmont : le 6 septembre 1914, à la bataille de la Marne.

- Pierre Gilbert (Pierre Gilbert Crabos) : le 8 septembre 1914, à la bataille de la Marne.

- Alfred de la Barre de Nanteuil: lieutenant de vaisseau, à la brigade de l'Yser sur sa demande: mortellement blessé le 10 novembre 1914 à Dixmude.

- Charles Benoit : le 28 décembre 1914, en s'exposant aux créneaux, "pour mieux viser"

- Marcel Drouet, secrétaire de la rédaction des Marches de l'Est : le 4 janvier 1915, à Consenvoye, devant Verdun.

- Lionel des Rieux, sur la ligne de feu, à sa demande : le 27 février 1915, à l'assaut de Malancourt.

- Prosper Henri Devos, le jeune romancier belge : blessé et fait prisonnier sur l'Yser, mort dans un lazaret allemand.

- Jean-Marc Bernard, engagé volontaire : le 4 juillet 1915, à la bataille de Carency, "d'une balle au front".

- Edouard Deck.

- Joseph de Bonne : le 25 septembre 1915, à la tête de sa section.

- Henri Lagrange : le 30 octobre 1915, mortellement blessé au combat d'Auberive.

- Jean d'Aulon (commandant Paul de Mougins-Roquefort). Blessé au combat de Vauquois, il reste volontairement sur le champ de bataille; étendu sur une civière, il continuait d'encourager ses hommes, lorsqu'un éclat d'obus l'atteignit mortellement.

- Raoul Monier, engagé volontaire: le 4 juillet 1916, devant Thiaumont, un an, jour pour jour, après son ami le poète Jean-Marc Bernard. 

- Henry de Barrès.

- Yves de la Mardière: le 5 avril 1918, à l'attaque de Grivesnes, à la tête de sa section.

DISPARUS :

- André du Fresnois : en septembre 1914, au combat de Courbessaux.

- Henry Cellerier : le 27 septembre 1914, à l'assaut de Montauban-sur-Somme.

- Pierre Rousselot, de la Compagnie de Jésus : blessé et fait prisonnier le 23 avril 1915. Son dernier mot, en partant pour essayer l'impossible, à son compagnon d'armes hésitant : "Moi j'obéis".

 

MORTS SOUS LES DRAPEAUX : 

- Paul Acker  : le 25 mai 1915, en Alsace reconquise, en service commandé.

- Jean Brichet : le 28 décembre 1918.

- Henry Rouzaud : en septembre 1918.

 

Nos pensées vont plus largement à tous les jeunes qui ont risqué leur vie pour la France dans les deux conflits mondiaux et en particulier à ces milliers d'étudiants qui, au mépris de l'Allemand, ont manifesté le 11 novembre 1940, place de l'Etoile, pour la liberté de la patrie. 
 

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