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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 11:04
Arnoux
 
 
chevauchee
 
 
 
Par le vent, vers un ciel de parade,
                 Cravaché,
Un galop de nuage escalade
                  Le rocher.

Il se cabre, il s'ébroue, il dévale,
              — Bond vermeil —
En fumant comme un dos de cavale
                  Au soleil.

Bien lancé ! Bien couru ! Bonne chasse !
                 Bien fringué !
Et l'abîme est franchi, comme on passe
                 L'eau d'un gué.

Hop, le pré ! Hop, le col ! Hop, la lande !
                 Hop, le mur !
La mangeoire a ce soir pour provende
                 Double azur.

Tu passais, souffle en feu, ventre en nage,
                 Cramoisi,
J'ai sauté sur ta croupe, ô nuage,
                 Me voici !

Hop, le roc ! Hop, les pins ! Hop, les frênes !
                 Mes cheveux
Emmêlés à ton poil, tu t'effrènes
                 Où je veux.

Et le ciel est mon fief où je chasse
                 Et m'étends;
Bien piaffé ! Bien volté ! Hop, l'espace !
                 Hop, le temps !
 
 
 
alexandre arnoux (1884-1973). Au grand vent. (Paul Ollendorff, 1909).
 
 
ballade de lullo-mîr
 
 
 
J'ai croisé longtemps autour de la lune
Sur un fin voilier armé pour la chasse,
(Mille cacatois perchent dans la hune),
L'étrave taillait dans l'hyperespace..

Au coupant luisait l'Etoile Polaire
Que le mousse avait décrochée à l'Ourse ;
Vénus rougeoyait au fanal arrière,
J'avais inq écus de plomb dans ma bourse.

Les filins tressés dans les cheveux d'Eve,
Le grand mât taillé dans l'arbre de Science,
Les voiles couleur d'entre-veille-et-rêve,
Le cellier garni de vieux vin de France ;

Les hommes poussaient jusqu'à mort d'haleine
La chanson sans fin d'une seule note ;
Comme un violon ronflait la carène ;
Nous avion le Juif Errant pour pilote;

Et notre Sans-Fil plongeait outre-monde,
Outre-temps dans la matrice des forces ;
Quand je m'accordais à sa longueur d'onde,
Firdouzi passait un poème en Morse...
 
 
 
alexandre arnoux (1884-1973). La Rose rouge (juin 1919).
 
 
flammes dansantes
 
 
 
Un bandit nourri de Virgile
M'a donné jadis son manteau
Odeur balsamique de l'île
Et hircine du bruccio.

La prairie et la gare en briques,
Pour le signal le cri du choucas;
Le rapide des Amériques.
N'a jamais atteint Arkansas

Oeil de Scops et Vol-d'Alouette,
Pied-d'Outarde et Taon-du Bétail,
Mes bons amis des nuits de guette,
Le rifle au poing, l'oreille au rail.
 
 
 
alexandre arnoux (1884-1973).
 
 

 

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