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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 11:30
Bonjour NewYork                 


de Françoise Sagan
Mis en ligne : [11-01-2010]
Domaine : Lettres

sagan.jpg

 

Parmi les oeuvres de Françoise Sagan (1935-2004) récemment publiées: Maisons louées (Les Carnets de l'Herne, 2008), Le régal des chacals (Les Carnets de l'Herne, 2008), Au cinéma (Les Carnets de l'Herne, 2008), De très bons livres (Les Carnets de l'Herne, 2008), La petite robe noire (Les Carnets de l'Herne, 2008), Lettres de Suisse, (Les Carnets de l'Herne, 2008), Des yeux de soie, nouvelles (Éditions Flammarion, 1975 - rééd. Éditions Stock, 2009).


Françoise Sagan, Bonjour New York, Paris, Editions LGF, mai 2009, 90 pages.


Présentation de l'éditeur.
New York, Capri, Naples, Venise, Cuba, Jérusalem… autant de destinations d’écrivains, de milliardaires, d’assoiffés de vie et d’imprévus. De ces villes mythiques, Françoise Sagan rapporta des tableaux saisissant d’une plume vive et légère l’esprit de chaque lieu. La retrouver avec ces petits carnets de voyage est un pur bonheur. Bonjour New York rassemble quatre reportages de Françoise Sagan, écrits en 1956 pour le magazine Elle. Maisons louées réunit des articles publiés dans L’égoïste, L’Express, Elle, Vogue, Senso ou encore Le Monde.

Recension de L Hurtebise. - Le Magazine des Livres, juillet-août 2009.
Quand Sagan se promène... Sagan savait écrire, raconter des histoires, échafauder de doux romans autour de personnages nonchalants, élégants, sombres ou sombrant, fiers ou festoyant. Mais peut-être que le plus agréable dans les textes de Sagan, ce sont ces moments où elle parle d'elle, de ce qu'elle aime ou condamne, regrette ou espère. Ainsi, Bonjour New York apparaît comme une occasion de plus de se plonger dans ces instants où Sagan se promène et devise. Car elle avait ce pouvoir, que nous n'avons que rarement finalement : le pouvoir de voir. Grand bien nous fasse qu'une telle femme ait su écrire également. Bonjour New York, c'est Sagan en ballade. Elle se promène et décrit, ressent pour nous (Est-ce vraiment pour nous? pour qui ou quoi écrivait-elle ces chroniques impromptues sorties du grenier?) Elle nous présente New York est ses dieux, si semblables aux siens, elle qui regrette que les Américains ne sachent que "gagner du temps sans savoir en perdre". Elle nous présente Naples, la belle alanguie inutile, Capri à laquelle on s'habitue mal et qu'on ne supporte  de quitter. Elle nous montre et orchestre la noyade de Venise, mise en scène magistrale d'un naufrage inévitable. Cajarc et Jérusalem sont aussi de ce voyage clairvoyant, envoûtant. Mais lorsque Sagan parle de Cuba et de son périple vain pour rencontrer Fidel Castro, ce n'est plus un voyage à travers le monde, mais bel et bien à travers l'Histoire. Elle passe, petite Française avisée et avertie, au coeur des révolutions cubaines. C'est Sagan qui est dans l'Histoire. Puis juste après, elle dresse l'histoire, celle de la Terre, avec un culot sans précédent lorsqu'elle se met dans le même panier que Hitler, Néron et Proust, tous confondus dans leur amour de la nature. Quel beau passage que la description de la Terre, boule Mère, portant "l'humain contre son flan", Dame rebelle et fataliste tirant de son enfant, assis sur ses hanches épaisses, sa propre perte. Voilà une genèse qui fera sans nul doute son entrée dans les annales de la littérature. Enfin, il y a cette merveilleuse histoire du cheval, où l'animal se fait tout à la fois nouvelle victorienne, sauce Sagan, souvenir émouvant d'enfance, bête de course sauveur des finances, ami fidèle ou étalon fainéant, conquête de l'homme ou premier invité de Noé. Comment ne pas penser, en la lisant, que, du cheval, Sagan a tout dit en quelques pages. Objet de jeu, d'élégance et de vitesse, à son image... Lui succède ce qu'elle considère notre refuge à tous : le lit. Voilà donc Sagan telle qu'en elle-même, qui , lorsqu'elle se promène dans le monde, l'histoire ou ses passions, nous donne de ces leçons inoubliables, sans prétention, avec nonchalance et générosité. Un régal donc, à consommer de manière immodérée.

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