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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 19:30
Le naufrage                             
16 juin 1940                                                         


de Eric Roussel
Mis en ligne : [15-03-2010]
Domaine : Histoire
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Né en 1951, Éric Roussel est écrivain et journaliste. Spécialisé dans l'histoire politique il a été critique littéraire au quotidien Le Monde de 1979 à 1984. Depuis cette date il collabore au Figaro littéraire. Sa biographie de Georges Pompidou fait autorité. Il s'est également intéressé à Jean Monnet, dans un livre unanimement salué, puis à Charles de Gaulle, à travers une biographie fondée sur de nombreuses archives inédites, notamment étrangères, et qui a marqué une étape dans l'historiographie du fondateur de la Cinquième République. Il a récemment publié Mitterrand ou la constance du funambule, (Jean-Claude Lattès, 1991), Jean Monnet, (Fayard, 1995), Charles de Gaulle, (Gallimard, 2002),  Pierre Mendès France, (Gallimard, 2007).



Eric Roussel, Le naufrage, 16 juin 1940, Paris, Gallimard, Octobre 2009, 266 pages.


Présentation de l'éditeur.
Etrange théâtre, ce 16 juin 1940, que la ville de Bordeaux devenue la capitale improvisée d'une France déjà largement envahie par les troupes hitlériennes : trois conseils de ministres en vingt-quatre heures, présidés par deux chefs de gouvernement successifs, Paul Reynaud et le maréchal Pétain, l'un à bout de résistance, l'autre usé par l'âge et décidé à arrêter les combats. Un monde s'écroule au milieu d'un immense exode et d'un chaos indescriptible. Une république se meurt dans une indifférence quasi générale. Ce moment dramatique, écrit Eric Roussel, marque la vraie rupture de 1940, non seulement parce que tout un pays bascule alors dans l'inconnu, mais surtout parce que cette journée révèle, en miroir, les causes immédiates et lointaines, politiques autant qu'intellectuelles, culturelles et morales, d'une défaite qui, au fond, n'est pas si étrange. Récit d'un naufrage prévisible, ce livre interroge également à frais nouveaux les failles méconnues et les faiblesses parfois insoupçonnées de cette IIIe République finissante qui va expirer à Bordeaux dans le tumulte, l'incertitude et, pour beaucoup, l'inconscience de la partie terrible qui se joue alors; il retrouve les grands protagonistes de ce drame et d'autres visages moins connus ; il en restitue les opinions, les engagements, les passions, les arrière-pensées... Mais dans ce chapitre si sombre on entrevoit aussi, portés par une prescience et une détermination inespérées, les germes d'une régénération politique nationale et d'une configuration inédite des rapports entre les peuples européens : le 16 juin aura été l'école de deux hommes aussi exceptionnels que différents, Charles de Gaulle et Jean Monnet.

Recension. - L'histoire, février 2010.

Ce 16 juin 1940... Quel jour éclaire mieux le "naufrage" que connut la France en ce printemps-été 1940 ? Le 13 mai ave l'enfoncement de ses lignes dès le début de l'offensive allemande, le 17 juin avec le discours de Pétain appelant à l'arrêt des combats, le 22 juin avec la signature de l'armistice, le 10 juillet avec le vote, par les députés et sénateurs réunis au casino de Vichy, des pleins pouvoirs au Maréchal ? En 1968, Emmanuel Berl s'en était tenu à cette dernière date dans un essai de la collection "Trente jours qui ont fait la France", réédité récemment par Gallimard. Eric Roussel a choisi le 16 juin, un concentré de toutes les défaillances, scandé par trois Conseils des ministres, le dernier sanctionnant la démission de Paul Reynaud, remplacé par Pétain et un nouveau gouvernement. En amont de ces vingt-quatre heures dramatiques, la déroute militaire et l'exode sur les routes ajoutent à la précision des événements mais aussi, en coulisses, à des jeux de pouvoir dont les partisans de l'armistice se montrent les champions. D'une plume alerte, toujours sobre, mais avec une belle clarté, Eric Roussel revient sur des épisodes souvent négligés, comme ce projet d'union entre la France et l'Angleterre, concocté par Jean Monnet, auquel Churchill et de Gaulle font semblant de croire, ne serait-ce que pour faire gagner du temps à un Paul Reynaud en sursis. Cela ne suffira pas. Paul Reynaud cède la place à Pétain. On connaît la suite. Mais, nous dit Eric Roussel, si cette journée fut décisive pour de Gaulle, témoin dans la pagaille de Bordeaux du passage de témoin entre Reynaud et Pétain dans l'effacement total du président Lebrun, ce n'est pas seulement parce qu'elle déclencha chez lui le choix de l'exil et l'appel à la résistance. A plus long terme, c'est bien cette "journée terrible, l'une des plus sombres de notre histoire" qui imposa à de Gaulle "l'idée de reconnaître au chef de l'Etat en cas de force majeure des pouvoirs exorbitants du droit commun". Grosse à la fois de Vichy, de la France libre et de la Constitution de la Ve République, voilà bien une journée qui fit la France.


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