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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 08:30
Louis-Philippe                          
Le prince et le roi
 
de Munro Price
Mis en ligne : [2-05-2010]
Domaine : Histoire
Louis-Philippe-copie-1.gif 

 

Munro Price, spécialiste de l'histoire du XVIIIe et du XIXe siècle français, a été professeur associé à l'université de Lyon. Il est actuellement professeur d'histoire moderne européenne à l'université de Bradford. Il a récemment publié:  The fall of french monarchy (Pan Books, 2003), The perilous crown (Pan Books, 2007).


Munro Price, Louis-Philippe, le prince et le roi, la France entre deux révolutions, Paris, Editions de Fallois, novembre 2009, 478 pages.


Présentation de l'éditeur.
L'enseignement de l'histoire en France a eu tendance à négliger la Restauration et la monarchie de Juillet, régimes jugés à contre-courant puisqu'au lieu de conduire la France à la République, ils la ramenaient à la monarchie. Passe encore pour la Restauration, imposée par les puissances en guerre contre Napoléon, mais en juillet 1830, alors que la République était à portée de main, elle avait été en quelque sorte confisquée par Louis-Philippe et ses partisans. Or c'est à une tout autre lecture que nous convie cet ouvrage. Son premier mérite est de rappeler aux lecteurs quelques idées simples, mais que, tout à notre habituelle conception révolutionnaire de l'Histoire de France, nous avons tendance à oublier. En premier lieu, cette période, et plus particulièrement la monarchie de Juillet, a été essentielle à la formation politique de la France moderne parce qu'elle a posé les bases du système parlementaire. Par ailleurs, elle constitue la seule véritable mise en oeuvre en France d'une monarchie parlementaire, les tentatives des débuts de la Révolution française ayant rapidement échoué. Enfin, la monarchie de Juillet fut le moment où le système politique français se rapprocha le plus du système politique britannique. Nul n'est mieux placé qu'un historien anglais pour nous le faire toucher du doigt, tout en nous montrant la contradiction entre l'anglophilie de Louis-Philippe et le manque de pragmatisme dont il fit preuve à la fin de son règne, si français et si peu britannique.  

Article de Benoît Gousseau. - Politique magazine, janvier 2010.
Louis-Philippe et la France. La chose est bien connue : la Restauration et la Monarchie de juillet sont des périodes négligées par nos manuels scolaires, parce que cette partie de la vie nationale vient contredire l'idéologie officielle du "sens de l'histoire" et qu'elle est interprétée comme un "retour en arrière" par rapport à la Révolution, la Terreur et l'Empire jugés porteurs de progrès. Les bouleversements de 1789, les crimes contre l'humanité de 1793 et la boucherie des guerres napoléoniennes ont toute l'indulgence des professeurs hexagonaux, pour qui l'histoire du XIXe siècle commence avec celle de la République, c'est-à-dire en 1875. Mais il n'en est pas de même pour l'école historique anglo-saxonne dont les meilleurs représentants, par pragmatisme d'observateur et en raison d'une immersion culturelle radicalement étrangère à l'idéologie gallo-républicaine, ont toujours porté un regard aigu mais serein, clinique mais critique, ouvert mais croisé, sur l'histoire moderne de l'Europe.
Munro Price est l'un d'eux. Actuellement professeur d'histoire moderne européenne à l'université de Bradford, il s'est penché avec une perspicacité inégalée jusqu'à ce jour sur les presque vingt ans de règne du dernier roi, sinon du dernier monarque français. En bon anglais vivant dans une monarchie parlementaire, c'est à l'aune de ce démocratisme tempéré si typiquement anglo-saxon, que Munro Price, qui fut professeur associé à l'université de Lyon, décrypte dans la monarchie de juillet la formation politique de la France moderne, notamment à travers une première réelle expérience parlementaire que l'anarchie révolutionnaire n'avait pas permise à la première République. Ce point de vue tout britannique explique sans doute l'absence de Bainville, Marie de Roux et Halévy dans les références bibliographiques proposées et qui témoignent, nonobstant, d'une érudition de haute volée.
La mise en perspective originale de la politique de Louis-Philippe repose ici sur la révélation, par l'auteur, d'une entente particulier entre le monarque et sa soeur Adélaïde et ce, dès leur jeunesse. L'anglophobie du  jeune prince après le drame familial, son engagement dans l'armée nationale, sa présence à Jemappes et Valmy, son voyage dans la jeune fédération des Etats-Unis d'Amérique, son mariage, son retour avec les Bourbon dès 1814, son action politique entre 1815 er 1830, son accession au trône et son gouvernement, tout est scruté à travers la correspondance qu'il entretient avec sa soeur. Le dépouillement de ces archives quasi inédites constitue l'apport le plus considérable à cette étude capitale. Le livre de Munro Price est d'ores et déjà une référence incontournable.

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