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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:30

La fin de l'euro                         

 

de Christian Saint-Etienne
Mis en ligne : [17-05-2010]
Domaine : Idées 

la fin de l'euro

 

Christian Saint-Etienne est professeur titulaire de la chaire d'économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers, professeur à l'université Paris-Dauphine et membre du Conseil d'analyse économique (CAE).  Il a été économiste au Fonds monétaire international et à l'OCDE. Christian Saint-Etienne a publié récemment L'Etat efficace (Perrin, 2007) et La France est-elle en faillite ? (Bourin Editeur, 2008).

  


Christian Saint-Etienne, La fin de l'euro, Paris, Bourin éditeur, avril  2009, 152 pages.


Présentation de l'éditeur.
L'euro, qui vient de fêter ses dix ans, passe pour être une monnaie forte, rivale du dollar, et à la pérennité assurée. Ce n'est pas l'avis de Christian Saint-Étienne. Non seulement la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale, mais son avenir lui paraît gravement compromis. Au lieu d'accroître la coopération entre les pays membres, les disparités et les rivalités s'aggravent. Une concurrence fiscale de plus en plus exacerbée s'est installée. Mais plus inquiétant encore, l'Allemagne ne cherche-t-elle pas à faire éclater la zone euro pour en reprendre le contrôle ? Aujourd'hui, quel est l'avenir de l'euro ? Quel impact va avoir la crise économique et financière sur lui? Que penser de sa probable implosion? Que vont faire les grands pays concernés ? Dans cet essai court et limpide, Christian Saint-Etienne nous décrit la situation actuelle de l'euro, les risques qu'il court et les différents scénarios possibles pour éviter le pire, s'il en est encore temps.

Recension de Michel Drancourt.
Futuribles - mai 2010
.
Christian Saint-Etienne est un économiste qui sait chercher les réalités derrière les apparences. Ainsi, à l'occasion du dixième anniversaire de l'euro, il constate, dans un ouvrage publié en 2009, que cette monnaie est souvent présentée comme forte et étant une rivale possible du dollar US, alors que, faute d'assise politique réelle, son avenir n'est pas du tout assuré. Elle devait favoriser une croissance économique harmonieuse au sein de la zone euro; or les divergences entre les pays membres se sont accentuées, et la crise n'a rien arrangé.
Le livre est articulé autour de cinq chapitres. "La zone euro est-elle optimale?" d'abord. Elle le serait si l'on se penchait sur les questions suivantes :
- Les performances économiques des pays membres de la zone euro sont-elles satisfaisantes ? Elles sont très divergentes selon les pays. En dehors de l'Allemagne et des Pays-Bas, les exportations, notamment françaises et italiennes, ont été médiocres entre 2002 et 2008.
- Sont-elles meilleures que dans les pays non membres de la zone euro ? Non. La part de l'euro dans la facturation du commerce mondial est restée faible, de l'ordre du quart. Si l'on exclut le commerce intra-européen - très important, heureusement - cette part est plus faible encore.
La Banque centrale européenne (BCE) a mené une politique de renforcement de l'euro qui eût exigé une compétitivité des pays membres comparable à l'Allemagne. Christian Saint-Etienne rappelle que l'euro a été précédé par le système monétaire européen (SME) qui, de 1979 à 1999, a permis de réduire les fluctuations des monnaies des pays membres avant les crises de change de 1992-1993, largement dues aux difficultés de la France à ratifier le traité de Maastricht de septembre 1992 (devant mener à l'euro).
- Si l'euro a tant de faiblesses, pourquoi certains pays veulent-ils faire partie de la zone ? "Ce sont, écrit l'auteur, des pays fragiles qui veulent cacher leur faiblesse en bénéficiant des avantages apparents d'une monnaie forte sans en connaître les coûts réels. "
Le deuxième chapitre pose la question de la survie de l'euro. La crise actuelle va provoquer des débats considérables  dans l'économie réelle. Et les divergences de performances entre les pays membres de la zone euro risquent de s'accentuer. Pour les surmonter, il faudrait que la France et l'Allemagne aient une vue commune sur la politique à mener. Ce n'est pas le cas. La France, en raison de ses structures industrielles, préfère un euro faible. L'Allemagne le veut fort.
Le troisième chapitre s'interroge sur l'avenir de la construction européenne. L'auteur souligne plusieurs points : l'Union européenne (UE) manque de volonté commune; des erreurs on été commises; on n'a ni fixé de frontières à l'Europe ni chercher à harmoniser le contrat social; la construction européenne a été imaginée comme un processus "apolitique". L'UE ne se veut pas une puissance, elle se trompe de monde. La part des grands ensembles économiques évolue vite: la zone européenne pourrait ne plus représenter que 13% du produit intérieur brut (PIB) mondial en 2015.
A partir de là, Christian Saint-Etienne pose deux questions qui s'enchaînent (bien que dans des chapitres différents) : sur quelles bases reconstruire l'UE ? Aujourd'hui, l'Europe "magma", telle que l'aiment les Britanniques, risque de se prolonger. Or, pour que l'Europe existe, il faut être au coeur de "l'économie monde" ou acteur incontournable. Où est le projet stratégique réellement européen? Sur quelles bases reconstruire la zone euro? Ce chapitre est technique et passe en revue des transformations possibles qui renforceraient la position européenne, par exemple en pratiquant un fédéralisme fiscal et, surtout, en lançant des initiatives  en vue de position communes, quitte à demander aux récalcitrants de sortir de la zone euro.
Pour conclure, l'auteur s'interroge sur ce que peut faire la France face au risque d'implosion de l'euro. Après des recommandations relatives à l'efficacité des entreprises, à la créativité, à l'attractivité du pays, il évoque l'hypothèse, en cas de crise de l'euro, d'un retour au SME renforcé (qui semble assez sa préférence). Son raisonnement est cohérent. Mais le comportement récent de la BCE dans la crise prouve que la zone euro évolue. Il est vrai cependant que sans un plus politique, le risque existe d'un retour en arrière.

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