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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 21:30
La méthode des études           
de notre temps          
 
de Giambattista Vico
Mis en ligne : [27-09-2010]
Domaine :  Idées  
Vico.gif

 

Le grand philosophe napolitain Giambattista Vico (1668-1744) est un des précurseurs de la philosophie de l'Histoire. Farouchement opposé aux thèses de Descartes, il cherche à élaborer une approche plus humaniste de l'homme et des savoirs et fonde sa théorie de l'histoire sur l'idée de cycles historiques. Principales oeuvres : De l'antique sagesse de l'Italie (Garnier Flammarion, 1993), La Science Nouvelle (Fayard, 2001). 

  


Giambattista Vico, La méthode des études de notre temps. Traduit du latin par Alain Pons.  Paris, Les Belles Lettres, mars 2010, 172 pages.


Présentation de l'éditeur.
Écrite en latin et publiée en 1709, La Méthode des études de notre temps n'avait jamais été présentée ni traduite en français. Dans ce discours, prononcé devant les étudiants de l'université de Naples où il enseignait la rhétorique. Vico oppose l'enseignement « humaniste », tel qu’il avait formé les hommes de l’Antiquité, puis ceux de la Renaissance, à l’enseignement moderne, qui s’impose à l’Europe entière depuis l’avènement des sciences de la nature et le triomphe du cartésianisme. En effet, Descartes (1596-1650) et ses disciples disqualifient toute méthode de connaissance qui ne repose pas sur la raison déductive, refusant tout rôle à l’imagination et à sa puissance inventive et créatrice, méprisant les disciplines « rhétoriques », l’étude du langage, de l’histoire, et ne préparant pas les jeunes à entrer dans la vie sociale et politique. Ce livre n’a pas seulement un intérêt historique. Depuis quelques années, à travers des traductions italiennes, anglaises, allemandes, son « actualité » a été soulignée par tous ceux qui s’inquiètent des directions prises par la culture moderne, et qui craignent que nos sociétés ne sombrent dans ce que Vico appelle, la Science nouvelle, la « barbarie de la réflexion ». Cette traduction, annotée et précédée d’une introduction, est l’œuvre d’Alain Pons, philosophe et italianiste. Président du « Centre Giambattista Vico », il a traduit récemment La Science nouvelle (Fayard, 2001). Le texte latin a été publié par Andrea Battistini dans son édition des Opere de Giambattista Vico, 2 vol., Milan, Arnaldo Mondadori, coll. I Meridiani, 1990. Andrea Battistini a bien voulu, pour cette publication aux Belles Lettres, rédiger une « note philologique » dans laquelle il évoque les différents problèmes posés par l’établissement du texte latin du De nostri temporis studiorum ratione.

Recension de Jean Montenot.
Lire - mai 2010
.
Raison et intuition. Au seuil du siècle des Lumières, Giambattista Vico est l'auteur d'une oeuvre originale relevant de la philosophie de l'histoire aussi bien que de celle de l'esprit. Dans le fil de l'humanisme renaissant, il montre comment l'homme crée poétiquement et par étapes un monde humain. Avec l'édition bilingue du De nostri temporis studiorum ratione (1709) est proposée en français la première oeuvre importante de l'auteur de la Scienza nuova (1725). Il s'agit d'un des discours de rentrée prononcés en 1708 par Vico en sa qualité de professeur de rhétorique à l'université de Naples. Y sont comparés les avantages et les inconvénients respectifs de la "méthode des études" moderne, autrement dit pour l'époque celle qui puise son inspiration dans l'oeuvre cartésienne et dont Vico reconnaît les mérites pour l'étude des sciences de la nature, et de la méthode ancienne plus à même de saisir les finesses et la complexité des affaires humaines. La méthode moderne privilégie la raison géométrique. Art de juger conformément aux règles de la logique, elle est fort appropriée à la connaissance dans les domaines où la raison démonstrative règne, mais elle demeure stérile quand il s'agit de comprendre ce qui relève des affaires humaines. Le Napolitain se livre ainsi à une réhabilitation des études rhétoriques, et notamment de l'art d'argumenter à la façon de la tradition de la "topique" aristotélico-cicéronienne. Il s'agit d'apprendre à s'appuyer sur le sens commun et à trouver les bons moyens termes pour juger droitement des réalités complexes. A travers la méthode des Anciens, Vico fait l'apologie de l'ingenium -l'esprit de finesse, aurait dit Pascal -, nourri de ce qu'il y a de meilleur dans l'imagination humaine, qu'un exercice purement intellectuel de l'intelligence dessèche. Vico en appelle donc à cette faculté intuitive qui, chez les enfants et chez les peuples jeunes, se caractérise par la confiance dans la puissance inventive et poétique de la métaphore. Cette dernière permet de voir des rapports entre des choses que l'on pensait d'abord séparées et auxquels la raison abstraite des cartésiens demeure obstinément aveugle. Au détriment de la science de l'homme (en témoigne l'indigence de la pensée politique d'un Descartes), et in fine de la science de la nature.

 

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