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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 11:30
Ecrits, vies, témoignages        
 
de Saint François d'Assise
Mis en ligne : [15-11-2010]
Domaine :  Idées  
Saint-Francois-d-Assise.gif

 

Sur la vie de Saint François d'Assise (1182-1226), on lira avec profit :  André Vauchez, François d'Assise (Fayard, 2009), ainsi que le beau livre de Nikos Kazantzakis, Le pauvre d'Assise (Plon, 1957).  

  


Jacques Dalarun (dir.), François d'Assise. Ecrits, vies, témoignages. Paris, Cerf/Ed. franciscaines, mars 2010, 2 tomes, 3418 pages.


Présentation de l'éditeur.
Les Éditions Franciscaines et les Éditions du Cerf présentent une nouvelle traduction des « Sources franciscaines ». Jacques Dalarun, directeur au CNRS, est le maître d'œuvre de ce travail monumental. Il a su associer à cette entreprise nombre de collaborateurs français et étrangers, de l'université Saint Bonaventure dans l'État de New York à l'Antonianum de Rome. Ce travail éditorial constitue un événement à divers titres. Tous les textes ont été traduits par une équipe de spécialistes avec de nouvelles introductions. Certains écrits sont devenus accessibles alors qu'ils n'avaient jamais été traduits en français. Index et concordances sont des outils qui complètent avec rigueur et clarté l'ensemble de cette œuvre.  Ces deux volumes constituent un corpus élargi des sources les plus anciennes qui éclairent la personne du « Poverello » et l'événement historique qu'il représente dans l'Église. François d'Assise a inspiré des réformes diverses. Dans notre monde bouleversé, il nous offre un signe et une inspiration.


Recension de Jean-Louis Schlegel. Esprit - août-septembre 2010.
Pour le VIIIe centenaire de la fondation de l'Ordre franciscain, c'est un monument qui est offert aux "fils et filles de saint François" (Franciscains, Capucins, branches féminines, tertiaires...) et en fin de compte à beaucoup d'autres, pour lesquels François d'Assise est le "Frère universel" : une édition critique et une nouvelle traduction de ses oeuvres et plus largement des "sources franciscaines", en deux considérables volumes (rendus maniables par une reliure souple, très élégante par ailleurs). Travail irréprochables de l'équipe d'historiens spécialisés réunie autour de Jacques Dalarun, préface nette d'André Vauchez, qui rappelle qui fut François, la rupture qu'il a signifiée dans la trajectoire de l'Occident chrétien et ce qui en reste actuel, par exemple dans les rêves, écologiques et autres, de sociétés humaine et de vies échappant au pouvoir de l'argent et de la richesse. Vauchez le rappelle cependant : François et ses utopies furent refrénés, "cléricalisés" de son vivant déjà et remis dans des rails juridiques peu après sa mort. Il n'empêche: le mythe de la pauvreté heureuse, libérée, a traversé les siècles. Aujourd'hui, les textes très nombreux (une trentaine) et les "témoignages" de cette édition "historico-critique", nouvellement présentés et traduits, gardent une saveur forte, une force "poétique" au sens de créatrice, qui emporte toujours le lecteur par sa fraîcheur et une (fausse) naïveté constante, une ironie efficace finalement dans la contestation de Mammon, le dieu-argent qui, avec le sexe, fait courir le monde depuis toujours et plus que jamais.  Ce n'est pas que l'historicité de François, de sa vie et de son message, importe peu : au contraire, le lecteur trouvera dans ces deux volumes de quoi satisfaire sa curiosité sur  le "vrai François". Mais le "vrai François d'Assise" n'aura toujours qu'un intérêt limité par rapport à la légende de saint François et ce qu'elle a engendré dans l'imagination occidental et mondial. 
 
L'avis de Marilyne Chaumont. La Croix du 16 novembre 2010.
Le "Totum", ou l'oeuvre de saint François d'Assise. Quarante ans après la première publication française des documents, le nouveau «Totum» invite à redécouvrir les textes médiévaux imprégnés de la vie du Poverello.  Le profond Cantique de frère soleil, les rares documents autographes de saint François, la résonance de ses Vies sous la plume de Thomas de Celano, de Julien de Spire ou de Bonaventure… la publication du nouveau Totum, qui rassemble les Écrits, Vies et témoignages du pauvre d’Assise rédigés aux XIIIe et XIVe siècles, est un événement. Certes, plusieurs de ces textes sont loin d’être diffusés pour la première fois en France. Dès le XIXe siècle, un bon nombre d’entre eux ont été traduits. D’autres ont suivi au XXe siècle, jusqu’à aboutir en 1968 à une traduction des différentes sources par les franciscains Théophile Desbonnets et Damien Vorreux. Il y a quarante ans, cette naissance du Totum a eu l’effet d’un détonateur : tant dans la recherche sur saint François que pour la diffusion de son message. Pourquoi donc retourner aux sources originelles franciscaines, composées dans une langue – souvent latine – tantôt rugueuse, tantôt raffinée, selon que l’auteur soit l’un des premiers compagnons du poverello ou un Thomas de Celano, qui rédigea la première biographie officielle de saint François à la demande de Grégoire IX ? « Le fait de traduire et rassembler les textes avait créé en 1968 un intérêt hors du commun dans la sphère francophone, rappelle l’historien du Moyen Âge Jacques Dalarun, maître d’œuvre de ce chantier immense. Ayant été pionniers en la matière, nous étions un peu “victimes” de notre précocité. » Car entre-temps, nombre de nations ont prolongé cette tâche, constitué leurs propres volumes, ajouté des sources, affiné des traductions. Alors que l’ordre s’apprêtait à célébrer le 8e centenaire de sa fondation, un travail de restructuration et d’épaississement du corpus a donc été confié en 2005 à une équipe internationale de chercheurs. Dès lors, cette nouvelle édition du Totum représente l’une des plus grandes entreprises de traduction de sources latines pour un même ouvrage depuis plusieurs décennies. « Pour beaucoup de nos contemporains, saint François reste un mythe un peu flou, dont le contenu oscille entre une idéologie de la pauvreté proche de la théologie de la libération, un engagement en faveur de la paix entre les religions et une attitude écologique vis-à-vis de la création », souligne André Vauchez dans la préface de l’ouvrage. « Or, insiste-t-il, seule une connaissance précise des sources de son époque peut nous permettre de nous tenir à distance des interprétations hasardeuses qui ont fait tant de tort à sa mémoire. » Rares sont pourtant les saints qui, à l’époque médiévale, ont engendré une telle abondance d’écrits contemporains et posthumes. C’est en explorant ces sources que se révèle l’authenticité du saint d’Assise, d’une exigence radicale envers lui-même et ses frères – dans sa très grande attention à vivre selon la « sainte obéissance » – mais prêchant une miséricorde illimitée (lire extrait ci-dessous). De même, il s’agissait pour ce nouveau millénaire d’ajouter au «François historique» le «François vécu», selon Jacques Dalarun. Pour ce faire, «nous avons introduit nombre de sources liturgiques, explique l’historien, ainsi que des livres de miracles, qui donnent à voir l’impact de François dans la société». Outre ces attrayants apports comme le Traité des miracles de Thomas de Celano, qui trouve là sa première traduction complète, une place importante est accordée aux textes liturgiques, tels que la Légende de chœur, ou l’Office de saint François. De fait, alors même qu’une focalisation excessive sur la figure du poverello pouvait en réduire le message, le désir de rendre à l’œuvre de saint François toute sa dimension collective a tenaillé les historiens. «Il a parfois été utilisé comme un étendard, ou a pu faire l’objet d’un certain culte de la personnalité au risque de l’isoler du groupe, observe Jacques Dalarun. Nous n’avons pas essayé de le diminuer mais d’être simplement fidèles à ce qu’il a vécu en redonnant sa place à la fraternité dans l’histoire.» Certains textes, qui mettent en scène d’humbles frères bien après la mort de celui qui épousa «Dame Pauvreté», illustrent ainsi combien son esprit de louange et de simplicité a pu s’incarner plus tard au sein de l’ordre. Cette fabuleuse somme que représente le Totum convoque tout lecteur à une forme de pèlerinage, dont Jacques Dalarun ose prêcher l’intégralité. «Commencez par les autographes de François ! Parce que, là, on a le geste de sa main, fixant l’encre sur la peau de chèvre. Et puis, lisez son Testament, et puis passez à La Légende des Trois Compagnons, et allez ensuite vers Le Commerce sacré, cet extraordinaire chant franciscain du monde ! (…) Et finalement, vous lirez tout !» Tout ? Peut-être. Car ces textes font toucher la force de l’amour de saint François pour Dieu et toute créature ; et éprouver pourquoi ce dernier fut désigné comme un alter Christus, cet « autre Christ».

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