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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 23:00
Parlez moi de la France           
 
de Michel Winock
Mis en ligne : [27-12-2010]
Domaine :  Idées  
Winock-2.jpg

 

Michel Winock, né en 1937, est historien. Il enseigne l'histoire contemporaine à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et est l'auteur de nombreux ouvrages sur la République, le nationalisme et l'histoire des idées. Il a récemment publié Clémenceau (Perrin, 2007), 1958, La naissance de la Ve République (Gallimard, 2008), L'Élection présidentielle en France, (Perrin, 2008), Le XXe siècle idéologique et politique (Perrin, 2009), Madame de Staël, (Fayard, 2010).


Michel Winock, Parlez-moi de la France. Paris, Perrin, octobre 2010, 347 pages.


Présentation de l'éditeur.
"Personne n'est plus convaincu que moi que la France est multiple", disait de Gaulle. Comment alors la décrire, pour la faire connaître et aimer ? " Les contradictions dont les siècles l'ont pétrie intimident le portraitiste, écrit Michel Winock. La France ne cesse d'être double, royaliste et républicaine, catholique et incrédule, parisienne et provinciale, hospitalière et xénophobe, classique et romantique, ancienne et moderne, on n'en finit pas de décliner l'interminable dualité d'un pays où tout et le contraire de tout paraît s'y être fait naturaliser. " Pourtant, à l'heure où l'Europe inquiète et où la mondialisation menace, les Français entendent bien demeurer cette vieille nation fière d'elle-même. Mais la France en a-t-elle encore les moyens ? II importe d'abord, pour en juger, de bien la connaître. Personne n'était mieux placé que Michel Winock pour en donner les clés. Voici donc sa France, qui est la nôtre.


Article de Thomas Wieder. Le Monde, 11 décembre 2010.
Paradoxes hexagonaux. Que tous ceux qui considèrent la France comme une sorte de "substance platonicienne" dotée d'une identité éternelle et immuable se plongent dans ce livre ! Avec la clarté qu'on lui connaît, Michel Winock y brosse un salutaire "portrait historique" qui se lit comme une réponse aux essentialistes de toutes obédiences. Son postulat est le suivant : "La notion d'identité nationale est mouvante, tributaire des événements qui se succèdent et des transformations en profondeur moins visibles qui modifient nos façons de voir et de juger."Paru en 1995, mais actualisé et augmenté des articles que l'auteur a publiés sur le blog qu'il a tenu sur le site du mensuel L'Histoire de décembre 2009 à mars 2010, cet essai ne renonce pas à faire la généalogie de quelques "passions" bien françaises. Celle, par exemple, de la révolution, scène fondatrice d'où découleraient "l'insuffisance de notre culture réformiste" et notre persistante "inaptitude à la négociation". Passion, aussi, de la propriété, "penchant séculaire" que l'historien fait remonter à l'Ancien Régime et qui expliquerait l'étonnant "poids des conservatismes au pays des révolutions". Autre passion, ce pessimisme "endémique" issu de la débâcle de 1940 et qui se traduirait par un "sentiment sous-jacent de dégradation nationale", dont l'auteur emprunte la définition à l'historien Pierre Nora : "La France se sait un futur, mais elle ne se voit pas d'avenir." Structurantes, ces passions n'en évoluent pas moins avec le temps. Exemple : la France reste marquée par son passé de "fille aînée de l'Eglise", mais cette fille est devenue une "fille perdue" - le pays où "le trône et l'autel" ont formé un couple si solide étant aussi celui qui a fait de la laïcité l'une de ses valeurs cardinales. Ces héritages pluriels font des Français les champions du paradoxe. Leur culte de l'égalité, ainsi, ne les a jamais vaccinés contre un "idéal plus ou moins aristocratique" : pour ces éternels "bourgeois gentilshommes", note l'historien, l'"esprit de caste" n'a jamais été soluble dans les institutions démocratiques. Autre paradoxe : ce pays qui a fait de la lutte le moteur de son histoire, et qui n'a pas son pareil pour changer de régime et récrire ses Constitutions, est aussi celui où le rêve d'unité est la chose du monde la mieux partagée. L'historien le résume ainsi : "Les gaullistes ont rêvé d'une nation unifiée par sa propre grandeur. Les communistes ont rêvé de voir un jour la société sans classes. Les catholiques ont eu la nostalgie d'une chrétienté où les enfants de Dieu chantent au diapason. Les nationalistes ont rêvé d'une société qui marche au pas au son de la musique militaire." Cultures politiques antagonistes, héritages contradictoires et horizons inconciliables : l'"arbre généalogique collectif" que dessine ici Michel Winock a des racines singulièrement ramifiées. Une telle complexité explique sans doute pourquoi toute tentative visant à définir "une" identité nationale est par avance vouée à l'échec. A moins de définir celle-ci par la négative, autrement dit par l'impossibilité, selon l'expression de l'historien, de "chercher une "essence" de la francité".
 
 Autre critique à signaler :  Bruno Modica. Les Clionautes. - 24 octobre 2010
 

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