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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 13:00
La grandeur de l'homme          
au siècle de Périclès        
 
de Jacqueline de Romilly
Mis en ligne : [3-01-2011]
Domaine : Histoire
Romilly--Jacqueline-de-.gif

  

Jacqueline de Romilly, récemment disparue, était philologue et hélléniste. Membre de l'Académie française, première femme professeur au Collège de France, elle est connue sur le plan international pour ses travaux sur la civilisation et la langue de la Grèce antique, en particulier à propos de Thucydide. Elle  a récemment publié  : Dans le Jardin des mots (LGF, août 2008), Petite leçon sur le grec ancien (LGF, 2010). 


Jacqueline de Romilly, La grandeur de l'homme au siècle de Périclès Paris, Editions de Fallois, juin 2010, 123 pages.


Présentation de l'éditeur.
A travers la lecture des grands écrivains grecs, Jacqueline de Romilly tente de nous faire mieux comprendre cette théorie de la grandeur de l'homme qui apparaît, pour la première fois peut-être, au Ve siècle avant Jésus-Christ à Athènes. Pour la première fois, les dieux n'ont plus des têtes d'oiseaux ou d'animaux, ne sont plus des faucons, des béliers, des chiens ou des vaches, ni des êtres impossibles aux attributs terrifiants, comme en Asie, ni des divinités aux mille bras, comme en Inde. Pour la première fois, ce sont tout simplement des humains. Mais cet essai ne conduit pas à un optimisme naïf. Les Grecs ne croient pas que tout va bien pour l'homme. La tragédie et l'histoire nous montrent au contraire qu'ils sont parfaitement conscients des défaites, des malheurs, des souffrances auxquelles l'humanité est exposée.
 
Recension. - L'Express, 24 juin 2010.
Jacqueline de Romilly porte un regard sur la civilisation. L'oeuvre de Jacqueline de Romilly est immense. Nul n'a su mieux qu'elle allier la connaissance érudite du monde grec et ce qu'il nous apprend, pour l'éternité, de notre humaine condition. Dans une méditation à la fois inquiète et pourtant optimiste, Jacqueline de Romilly s'attache une fois encore à exposer l'apport des Grecs à ce que l'on nomme justement après eux : la civilisation. C'est à la découverte à Athènes, au Ve siècle avant Jésus-Christ, de l'homme et de sa grandeur que nous devons ce saut décisif. S'appuyant sur son cher Thucydide, qui s'attache à penser la raison dans l'histoire, Jacqueline de Romilly montre que c'est bien à ce moment-là que l'homme s'émancipe du monde magique dans lequel il s'inscrivait jusqu'alors. De ce moment, et avant même que Protagoras ne le formule, l'homme devient la mesure de toute chose. La culture s'émancipe de la nature. L'homme est, désormais, seul et c'est la condition de sa grandeur. De cette audace ne doit pas naître, cependant, l'ubris, la folie des grandeurs. La tragédie grecque est alors là pour nous rappeler à quels malheurs les passions nous exposent. Mais "le lumineux mérite de la pensée de la Grèce est d'avoir eu le désir passionné de dominer cette situation et de se vouer à un idéal supérieur qui serait quelque chose de durable et de beau". Il faut donc lire cet admirable plaidoyer pour les humanités qui est inséparablement un acte de foi en l'humanité. D'autant que dans les dernières lignes, bouleversantes, de ce court texte, Jacqueline de Romilly nous avertit que l'âge exerce sa tyrannie et que le temps de ne plus écrire est sans doute venu. "Je ne sais, nous dit-elle, si l'on m'entendra [...] du moins aurais-je essayé et c'est comme si le dernier mot que j'écrivais était pour dire merci." 
 
Recension de Marie Goudot. - Etudes, novembre 2010.
Comment concilier le rôle écrasant des dieux dans les tragédies du ve siècle avec le sens de la grandeur de l’homme qu’a l’Athénien d’alors ? J. de Romilly dit consacrer à cette interrogation ses « dernières forces ». Des forces tou­jours vibrantes : son livre est un magni­fique plaidoyer en faveur de la pensée de la Grèce classique, de la pérennité des questions qui s’y posent. Il pourra constituer en même temps une belle introduction à l’oeuvre de Thucydide, l’écrivain qu’elle a si souvent traduit, commenté, réalisant ainsi son souhait d’être utile par-delà les siècles. Mais c’est, cette fois, dans une confrontation de ses perspectives et de celles de Sophocle. Chez l’historien de La guerre du Péloponnèse, nulle évocation du rôle des dieux mais une dénonciation des excès des hommes, des méfaits de tout impérialisme. Malgré ses héros abat­tus, la tragédie de Sophocle présente « un idéal de tolérance, de pardon ». Si éloignés au premier abord, les deux écrivains se rejoignent dans l’idée que « le sens de la grandeur est un but, une conquête » auxquels un homme digne de ce nom doit se consacrer. Une idée, un message qui concernent tous les siècles. Cette foi de la Grèce classique dans les possibilités de la raison humaine, les deux heures d’entretien de J. de Romilly avec P. Lismonde la déclinent, soulignant aussi comment elle peut aider à traverser les crises. C’est pourquoi ce « professeur dans l’âme » n’a cessé de combattre pour le maintien des études classiques. Si son livre s’achève sur un « merci » à ses lec­teurs, c’est le même mot qu’on a envie de lui adresser. Pour ses luttes, pour ses oeuvres. Pour ce livre qui, en dépit de sa cécité, ne saurait être le dernier.

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