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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:00
Monsieur Descartes                 
La fable de la raison         
 
de Françoise Hidelsheimer
Mis en ligne : [15-02-2011]
Domaine :  Idées  
Monsieur-Descartes.gif

 

Conservateur général du Patrimoine,  Françoise Hildesheimer est  professeur associé à l'université de Paris I.  Elle a rémment publié :  Richelieu (Flammarion, 2004) et de La Double Mort du roi Louis XIII (Flammarion, 2007).   


Françoise Hidelsheimer, Monsieur Descartes, ou la fable de la raison. Paris, Flammarion, septembre 2010, 511 pages.


Présentation de l'éditeur.
Il pense, donc il est : sérieux, solitaire, méditatif et de noir vêtu, Descartes est depuis des siècles l'incarnation de la raison triomphante et du génie français. Tant de limpidité et d'éclat a éclipsé l'homme même, qui demeure très méconnu : fils d'un temps d'incertitude ? père de la philosophie moderne ? Qui était vraiment René Descartes et qu'en reste-t-il aujourd'hui, au-delà des idées reçues et de la référence obligée ? Mettant en lumière les contradictions du philosophe, Françoise Hildesheimer brosse le portrait d'un homme fort éloigné du mythe officiel. On le veut rationnel, on ne l'imagine pas rêvant ; c'est pourtant sur trois songes que Descartes a fondé son projet d'une science universelle qui devait faire de lui le nouvel Aristote. Il a côtoyé de très près les courants déviants de l'époque (Rose-Croix en Allemagne, libertins en France), avant de s'établir en Hollande en 1628 pour concevoir son système, dévoilé au fil du Discours de la méthode, des Méditations métaphysiques, des Principes de la philosophie et des Passions de l'âme. Sa vie durant, Descartes a balancé entre désir de reconnaissance officielle et soif d'incognito ; il invitait le monde entier à débattre de ses théories, mais n'aimait guère la contestation ; il affectionnait le repos, et n'a cessé de voyager, sans jamais s'établir durablement ; lui qui se tenait éloigné du pouvoir a fini ses jours, en 1650, à la cour de la reine Christine de Suède. Curieux paradoxe que cet obsédé du secret, ce maniaque du brouillage des pistes, se soit consacré corps et âme à la quête de la Vérité et à l'étude de la lumière...


Article d'Elodie Maurot. La Croix du 15 février 2011 .
Descartes, un philosophe pas si cartésien. Cogito, doute, méthode, bon sens, raison… Au nom de Descartes, les associations d’idées viennent rapidement à l’esprit. Mais qui était vraiment ce philosophe que chacun croit connaître ? Françoise Hildesheimer, conservateur général du patrimoine et professeur associé à l’université de Paris I, offre une biographie documentée de celui qui incarne depuis quatre siècles la raison triomphante et le «génie à la française», au point de susciter un narcissisme philosophique hexagonal parfois agaçant. Elle le fait en évoquant les idées, mais aussi la vie et l’époque du philosophe. Son ouvrage, qui se lit comme un roman d’idées, est une vulgarisation vivante des travaux universitaires déjà existants qu’elle cite avec soin. La figure de Descartes y apparaît plus complexe que ce que l’image d’Épinal nationale en a conservé. Fils du Poitou et de la Touraine, né en 1596, orphelin très jeune de mère, le père du doute sera l’élève des jésuites dès l’âge de 12 ans au collège de La Flèche. «Je dois rendre cet hommage à mes maîtres que de dire qu’il n’y a pas de lieu au monde où je juge que la philosophie s’enseigne mieux qu’à La Flèche», écrira-t-il en leur rendant hommage, même si vingt ans plus tard, dans Le Discours de la méthode (1637), il se fera plus critique à l’égard de l’éducation reçue. Au fil des pages, on découvre un Descartes très hésitant, tergiversant de nombreuses années sur l’orientation à donner à sa vie, renonçant finalement aux attaches familiales et à la carrière de magistrat pour prendre la direction du Nord. Il entreprend aux Pays-Bas, alors Provinces-Unies, un périple qui, en ce début de XVIIe siècle, s’est substitué au traditionnel voyage d’Italie dans le rôle d’initiateur des jeunes esprits à la science et à la connaissance. Pendant de nombreuses années, Descartes connaîtra une vie de militaire errant, au statut un peu flou, période de latence où se décante peu à peu son projet. Pied de nez au rationalisme étroit qui colle à la peau, c’est au cours d’une nuit de rêves que le philosophe décide de son destin : réaliser une grande découverte dans le domaine de la connaissance, un système qui engloberait «tout ce qui est soumis à l’ordre et à la mesure». De cette nuit révélatrice autant qu’ambitieuse, il conservera jusqu’à sa mort le récit par-devers lui. «Cet enthousiasme magico-sentimental ne cadre pas avec ce que l’on veut voir dans le philosophe identifié à la raison classique, mais ne surprend point l’historien de la première modernité, époque d’une particulière complexité, encore baroque et déjà classique, qui juxtapose des formes de pensées et de croyances qui nous paraissent aujourd’hui contradictoires», note sa biographe. Françoise Hildesheimer rappelle d’ailleurs les ambiguïtés et contradictions de Descartes, bien loin d’être aussi cartésien que sa propre postérité l’exigerait : sa fine connaissance des courants ésotériques et libertins, son perpétuel besoin d’itinérance, son hésitation entre le goût de la tranquillité et la soif de reconnaissance qui le conduira à la fin de sa vie jusqu’à la cour de Suède. Si Hegel reconnut en Descartes «le véritable initiateur de la philosophie moderne», c’est bien à l’imaginaire qu’il faut rapporter le rêve cartésien d’une science totale qu’aucune réalité ne saurait tenir en échec. Descartes n’invente pas le doute, présent chez Pyrrhon dès l’Antiquité et, plus proche de lui, chez Montaigne, mais il le radicalise. Il ouvre une nouvelle étape de l’histoire de la philosophie, en posant que seule une pensée claire participe de la raison, qu’il émancipe de la tradition. Mais son Discours de la méthode reste «une fable en forme de “tableau” recomposant méthodiquement (son) itinéraire biographique».
 
Autres critiques à signaler :   Etudes, décembre 2010. - Le Magazine littéraire, décembre 2010.
 

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