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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 11:40
Contre la pensée unique
 
de Claude Hagège
Mis en ligne : [2-04-2012]
Domaine : Idées 
HAGEGE-Claude-Contre-la-pensee-unique.gif
 
Claude Hagège, né en 1936, est un des plus éminents linguistes contemporains. Professeur honoraire au Collège de France, il est titulaire de  la chaire de théorie linguistique. Il a récemment publié : Halte à la mort des langues (Odile Jacob, 2001), Combat pour le français : au nom de la diversité des langues et des cultures (Odile Jacob, 2006), Dictionnaire amoureux des langues ( Plon-Odile Jacob, 2009). 
 

Claude Hagège, Contre la pensée unique. Paris, Odile Jacob, janvier 2012, 256 pages.

 
Présentation de l'éditeur.
Ce livre est un plaidoyer contre la pensée unique. Ce livre est un appel à la résistance. Quand l'essentiel n'est plus distingué de l'accessoire, quand les projets intellectuels de haute volée se heurtent à la puissante inertie de la médiocrité ambiante et des petits desseins, quand l'uniformisation s'installe dans les goûts, les idées, dans la vie quotidienne, dans la conception même de l'existence, alors la pensée unique domine. La langue anglaise domine le monde et sert aujourd'hui de support à cette pensée unique. Mais le français est bien vivant. Et nombreux sont ceux, de par le monde, qui en mesurent l'apport au combat de l'homme pour la liberté de l'esprit. C'est l'objet de ce livre que de proposer de nouvelles pistes pour déployer encore plus largement de nouvelles formes d'inventivité et de créativité.
 
Recension de Christophe Mory. - Famille chrétienne, mars 2012.
Hagège contre la pensée unique. « La France doit rentrer en résistance », lance Claude Hagège à la fin de son livre. « Il ne s’agit pas, aujourd’hui, d’extermi­nation physique, précise le célèbre linguiste, mais d’asservissement intellectuel, politique et économique. » Professeur au Collège de France, cet inlassable défenseur du français n’en manie pas moins des tas de langues, de l’arabe à l’hébreu, du russe au mandarin, en passant par toute la palette linguistique européenne. Contre quoi résister ? Contre la pensée unique véhiculée par un même langage, l’anglais, au nom de la mondialisation. Une langue véhiculaire ne produit pas de pensée, explique en effet Hagège. Tandis qu’une langue vernaculaire (propre au pays) se fonde sur un corpus qui ­suscite nuance et réflexion ; qui est aussi la langue des rêves et de la création, de la formation de soi. L’hégémonie américaine est réelle et historique. Elle se manifeste dans une « idéologie néolibérale dont le vecteur est l’anglais  ». Elle relève d’une volonté politique organisée : l’Usia (United States Infor­mation Agency), créée en 1953, le Peace Corps, l’US International Communication Agency (créée sous Jimmy Carter), etc. Dans les années 20, raconte Hagège, le cinéaste Claude Autant-Lara, alors à Hollywood, notait déjà la volonté farouche des dirigeants des compagnies d’imposer un « american way of thinking ». L’industrie audiovisuelle américaine n’a depuis pas changé. Plus puissant encore que le cinéma, l’ordinateur s’est invité dans le quotidien des gens. Le logiciel de présentation PowerPoint façonne la pensée. Utilisé du collège à l’Onu, il empêche les digressions, le dialogue, par « un cadre très contraignant » : « Cet outil annihile la capacité de réaction, interdit tout esprit critique et neutralise ce qui fait le travail de la pensée ». Dans le domaine des sciences, « l’imposition d’une langue scientifique unique peut produire un effet d’aliénation  ». Et l’auteur de citer des découvertes qui n’eurent de reten­tissement mondial qu’après avoir été traduites et parfois volées par le seul fait de la traduction. Dans l’éducation, le master a remplacé la maîtrise. Désormais, les grandes écoles enseignent en anglais et encouragent une vision mondiale de l’activité humaine, reléguant le français à un patois familial… Le ministère ne veut-il pas que l’apprentissage de l’anglais commence dès la maternelle, alors que la langue justement maternelle demande à se développer pour que la ­pensée s’émancipe ? Il ne nous sera pas interdit, mais impossible, de penser librement. Telle est la thèse d’Hagège. Doit-on accepter « un consensus mou, sur des avantages matériels pleins de promesses illusoires, et sur des schémas intellectuels tout prêts, qui donnent congé à l’esprit critique, au recueillement lucide et à la méditation créatrice ? » C’est refuser le « cheminement vers la lumière » auquel l’homme est invité pour remplir sa mission d’homme. Cheminement qui passe par… le langage ! Que faire face à cette américanisation des mœurs ? D’abord, prendre conscience de cette invasion politique et économique qui marque les esprits. Ensuite, mais Hagège est un peu court là-dessus, encourager la lecture, qui développe l’imaginaire et la raison. Aussi est-il urgent de rétablir le réseau des Alliances françaises et le personnel culturel des ambassades tant mis à mal par des politiques successives de réduction des budgets. Enfin, la restriction du nombre de bourses destinées aux étudiants étrangers doit être revue.

 

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