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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 21:22
Carco
 
 
figaro
 
 
 
Figaro joue de la guitare.
Ma bien–aimée, comme il joue faux !
La pluie d’été mouille les coteaux
gris, verts et bleuissants du soir…
Oh ! la guitare et ce bruit d’eau !

Entends-tu ? Maintenant qu’il chante,
comme tu es troublée, tout à coup !
Or, ce Figaro, coiffeur dans un trou
de province déjà pourrissante,
n’est qu’un vieillard à moitié fou.

Mais tu trembles sous ma caresse,
tu te serres, nue, contre moi,
nue et frissonnante tandis que ta voix,
rauque un peu, répond à l’amoureuse averse
qui s’abat et gémit sur le toit
.
 
 
 
Francis Carco (1886-1958). Chansons aigres-douces. (1913).
 
 
l'heure du poete
 
 
 
La fillette aux violettes
Equivoque, à l'oeil cerné,
Reste seule après la fête
Et baise ses vieux bouquets.

Ce n'est ni la nuit, ni l'aube,
Mais cette heure où, dans Paris,
Les rôdeurs et les chiens maigres
Errent dans un brouillard gris...

L'heure amère des poètes
Qui se sentent tristement
Portés sur l'aile inquiète
Du désordre et du tourment.

Et ma lampe qui charbonne
Luit sur ce pauvre cahier
D'où se lèvent des fantômes
Que je croyais oubliés
.
 
 
 
Francis Carco (1886-1958). Petits airs. (1920).
 
 
dimanche
 
 
 
Ne parlons pas, écoute
La pluie à grosses gouttes
Dégouliner du toit
Et ruisseler aux vitres
Il pleuvait, souviens toi,
Comme il pleut dans mes livres.

Un vieux piano grinçait,
Le vent brassait les branches
Par ce sombre dimanche.
Un vent âpre et glacé
Et, soudain, sans qu'on sache
D'où le vent le chassait,
Cet air de cor de chasse...
 
 
 
Francis Carco (1886-1958). La Romance de Paris (1949).
 
 
sirene.jpg
 

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