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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 09:00
Raynaud
 
 
sieste
 
 
 
Tout flambe de soleil : la rose cramoisie,
Le sapin empesé dans sa fraise à godron,
Les platanes, gardiens vigilants du perron,
Et la vigne emperlée où mûrit l'ambroisie.

La plaine heureuse et riche ondule aux environs.
Le fleuve sinueux mire la poésie
Des lointains que l'Eté brode à sa fantaisie,
Et l'air sonne d'un choeur joyeux de moucherons.

Chaque heure, surgissant de sa robe de gaze,
Occupe l'Empyrée et d'une neuve extase,
Vêt, en se dénouant, l'immobile décor.

Je n'ai pas remué du lit d'herbe où je rêve
Que déjà le croissant de la lune se lève
Et c'est la Nuit, que crible une mitraille d'or.
 
 
 
Ernest Raynaud (1864-1936). A l'ombre de mes dieux. (1924).
 
 
la seine
 
 
 
Loin des remous de la cohue et des bruits laids,
Je te regarde luire en ce jour de lumière,
O mon fleuve, ô ma Seine ! et glisser, d'une eau fière,
Dans une perspective ouverte de palais.

Chaque pont, arche souple, ébloui de reflets,
Clame un nom de victoire avec sa voix de pierre,
Tandis qu'une ombre drue, à la berge ouvrière,
Gazouille un vieux refrain rustique où je me plais.

Un renouveau d'espoirs se dénoue en volutes ;
Et, comme l'Age d'or sommeille au cœur des flûtes,
Tout un bonheur perdu respire en ce tableau.

Ici, Paris n'est plus que joie, azur, espace,
Et pour fleurir sa gloire, il y cueille avec grâce
Tous les frissons épars du feuillage et de l'eau.
 
 
 
Ernest Raynaud (1864-1936). A l'ombre de mes dieux. (1924).
 
 
les cloches
 
 
 
Carillons du dimanche en branle sur la ville,
Que vous nie submergea, de mille émois soudains
Tandis que je m'effrite en ce Paris fébrile,
Vous êtes ma province et mes jeunes matins !

Vous dites la terrasse au bord de l'eau tranquille,
L'horizon des labours aux fins clochers lointains,
La route ensoleillée où le chaume rutile,
Et la vie humble assise à l'ombre des jardins.

Vous dites la ruelle aux logis séculaires
Et ce que les Aïeux ont scellé dans leurs pierres
De Foi persévérante et d'utiles vertus.

O cloches ! qui sonnez du fond de mon enfance,
Un monde tremble en vous de joie et d'espérance
Et vous me rapportez tous mes bonheurs perdus.
 
 
 
Ernest Raynaud (1864-1936). A l'ombre de mes dieux. (1924).
 
 
 
 

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