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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 08:50
Raison et pouvoir
 
 
  BLANCHARD--Jean-Vincent--Richelieu.gif

 

HISTOIRE
Richelieu.
La pourpre
et le pouvoir.
J.V. Blanchard.
Belin.
Novembre 2012.
331 pages.
 

   
Jean-Vincent Blanchard, docteur ès lettres de l'université de Yale, est un spécialiste du XVIIe siècle. Il enseigne à Swarthmore Collège (Pennsylvanie). Éminence, sa biographie en langue anglaise du cardinal de Richelieu, a été l'objet de critiques élogieuses dans des journaux comme le Wall Street Journal ou Foreign Affairs. Publications récentes : L'optique du discours au XVIIe siècle : de la rhétorique des jésuites au style de la raison moderne.  (Université de Laval, 2011).
 
Présentation de l'éditeur.
L’auteur propose ici un récit captivant, mené prestement, pour restituer l’intensité de la vie du cardinal, avec ses extraordinaires péripéties politiques, diplomatiques et militaires. Il en ressort une image du cardinal très différente de celle qui a été proposée jusqu’à présent. Certes, on y trouve le Richelieu posé et intellectuel, l’homme au savoir-faire politique hors du commun. Mais on y voit aussi un homme qui vit sous haute tension, luttant constamment pour survivre à la cour, non seulement face aux complots de la haute noblesse et aux revers de fortunes sur les champs de bataille, mais aussi en raison de ses propres faiblesses et erreurs d’appréciation. C'est donc beaucoup moins en incarnation d'une certaine grandeur qu'en authentique héros baroque que l'on redécouvre Richelieu. Courage, sens de l'occasion et de la décision apparaissent comme ses plus grandes qualités. Au premier plan de l'histoire se trouve, bien entendu, la fascinante relation du ministre avec Louis XIII, roi mélancolique et aux inquiétants secrets. 
 
Le point de vue de la Revue critique. 
Une biographie de Richelieu qui complète la belle étude publiée en 2007 par Arnaud Teyssier (Richelieu, la puissance de gouverner - Michalon) par une approche nouvelle de la personnalité du cardinal, de son oeuvre politique et de son siècle. Voilà un ouvrage à faire lire d’urgence à tous nos dirigeants politiques, en commençant par ceux qui pensent que le volontarisme est passé de mode ou qu’il n’est plus qu’un motif de discours.On le doit à un jeune universitaire canadien, au style ferme et nerveux, qui a su s’entourer d’une documentation solide et qui traite son sujet sans jamais jargonner, ce qui est suffisamment rare pour ne pas être souligné. M. Blanchard, qui comptait déjà à son actif une thèse remarquée sur la rhétorique au XVIIe siècle, signe là un ouvrage qui fera longtemps référence.Son étude suit pas à pas Richelieu tout au long de sa carrière politique. On mesure mieux, au fil des pages, la personnalité exceptionnelle du grand cardinal, l’œuvre qui fut la sienne et ce que la France lui doit, jusqu’à aujourd’hui. Mais M. Blanchard ne fait pas seulement œuvre d’historien, c’est aussi un psychologue hors pair et un fin conteur. Il sait démêler les fils des destins croisés de Richelieu, de Louis XIII, de Gaston d’Orléans et de la reine-mère, l’imprévisible Marie de Médicis. Il sait également faire revivre les complots, les intrigues de cour et les mouvements d’opinion. Guerres, révoltes, coups d’état, batailles, grand jeu diplomatique… il est peu de choses qui échappent à sa sagacité.Il est vrai que le personnage d’Armand du Plessis n’a jamais laissé personne indifférent. Célébré par les classiques, détesté par les romantiques, malmené par l’historiographie républicaine, il a fallu attendre les travaux des historiens modernes pour l’entrevoir enfin tel qu’il fut. Ce qui caractérise d’abord Richelieu, c’est l’audace, nous dit M. Blanchard. Perpétuellement mobile, sa force consiste à agir là ou on ne l’attend pas. Ferme dans ses objectifs, d’un pragmatisme absolu sur les moyens, il sait manier la violence et la ruse, l’offensive comme le retrait tactique, l’alliance ou le retournement d’alliance, quant il le faut. Mais Richelieu est aussi un homme de son temps. S'il croit à la raison, si sa politique doit beaucoup aux leçons d'Aristote, il est profondément pieux, angoissé à la vue des décisions qu’il doit prendre, jamais indifférent aux conséquences qu’elles peuvent avoir. L’homme d’Eglise n’est jamais loin derrière le ministre.Il faut surtout féliciter M. Blanchard d’avoir si bien su retracer les relations entre Louis XIII et Richelieu. Loin d’être le personnage falot et indécis que l’on a souvent décrit, le monarque apparait ici comme un homme qui sait prendre son temps et tirer le meilleur parti des avancées réalisées par un ministre, qu’il protégera en toutes occasions, y compris contre sa propre famille. Il a très tôt l’intuition, le pressentiment que l’œuvre qui s’accomplit va changer la nature de l’Etat et que la France ne sera plus gouvernée de la même façon avant et après Richelieu. En conjuguant leurs destins, le roi et le cardinal préfigurent l’homme d’Etat moderne, à la fois prince légitime et homme d’action. Louis XIV saura se saisir, le premier, de ce double héritage.
Antoine Longnon.
 

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