Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 19:42
La meute
 

Comme nous l'avions prévu (RCIL du 27 novembre), M. Proglio ne débarque pas seul à EDF. On y annonce l'arrivée prochaine de plusieurs transfuges de Véolia, qui feront, sur le modèle de leur chef, le pont entre les deux groupes. Ce serait le cas de Denis Lépée, conseiller de Proglio depuis 2003, qui prendrait la direction de son cabinet à EDF. On parle également d'Alain Tchernonog, actuel secrétaire général de Véolia, lui aussi très proche de Proglio, qui assurerait les mêmes fonctions stratégiques au sein du groupe public. On murmure enfin les noms de Bernard Sananes, grand communicant d'Euro RSCG, de l'ancien Ministre Michel Roussin, qui joue depuis plus de 10 ans les "hommes de l'ombre" du BTP français, ou du jeune et ambitieux Thierry Piquemal, qui tient les rênes financières chez Veolia et qui pourrait les prendre chez l'électricien. On le voit, il ne s'agit pas d'une simple opération de relève des équipes. C'est en réalité l'état major de l'ex Générale des Eaux qui prend en main la direction du groupe public.

On se souvient pourtant que, le 25 novembre dernier, lorsqu'il prenait ses nouvelles fonctions, M. Proglio avait protesté de ses bonnes intentions quant au rapprochement entre EDF et Véolia : une perspective à long terme, précisait-il, et qui ne se traduirait en aucune façon par l'absorption ou par la disparition d'EDF. "Je ne veux pas qu'on s'imagine que je suis allé chez EDF pour cela..." s'était-il empressé de dire. "Des soupçons ridicules", renchérissaient les entourages de l'Elysée et de Matignon. Il est vrai que le président de Véolia était alors dans un exercice difficile : il fallait à la fois séduire les syndicats et les actionnaires d'EDF, ne pas effaroucher les parlementaires et faire oublier son passé de marchand d'eau. Maintenant que cette étape a été franchie, et que les gogos ont avalé tous les bobards qu'on leur a distribués, pourquoi s'embarasser de scrupules inutiles ? Lorsqu'on a M. Sarkozy comme ami, comme parrain et comme exemple - celui là même qui au début de son mandat parlait de "retour à l'Etat impartial" - il serait dommage de se gêner. 

M. Proglio avance. Sans rencontrer, hélas, d'opposition sérieuse. Ni M. Thibault, qui disposait  cette semaine de la tribune du congrès de la CGT, ni Mme Aubry n'ont vraiment élevé la voix pour stigmatiser ce qui ressemble de plus en plus à une affaire d'Etat : le démantèlement organisé d'une de nos dernières grandes entreprises publiques, au vu et au su de toute l'opinion. La seule appréciation un peu critique est venue, curieusement, de M. Jouyet, ex sous ministre et actuel président de l'autorité des marchés financiers - qui a qualifié de "baroque" le cumul de fonctions de M. Proglio chez Véolia et EDF. Baroque ! Il en faudra plus pour contrer l'inquiétante équipe qui se met progressivement en place à la tête d'EDF.

Hubert de Marans.


Partager cet article

Repost 0
Hubert de Marans - dans Politique
commenter cet article

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche