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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 11:00
Qui sème le vent...

A la suite du  courrier d'alerte de Jacques Sapir (RCIL du  26 novembre ), nous publions ci-dessous la pétition lancée samedi dernier dans Le Journal du Dimanche par le philosophe Alain Finkielkraut, le démographe Hervé Le Bras et 18 de nos meilleurs historiens contre la suppression de l'histoire-géographie en terminale S. Ce texte rencontre un succès croissant au sein du monde universitaire et politique, ainsi qu'auprès des Français de plus en plus nombreux qui ne supportent plus la légèreté et la vulgarité du pouvoir actuel. Le petit Chatel, ministre de l'ignorance républicaine, s'essaie depuis quelques jours à défendre une réforme indéfendable. Chacune de ses interventions sombre dans le ridicule et déconsidère un peu plus le gouvernement. Il faut diffuser et faire connaître partout ce texte salutaire.

"La décision envisagée par M. le Ministre de l’Education nationale, dans le cadre de la réforme des lycées, de rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale scientifique ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle. A l’heure de la mondialisation, les futurs bacheliers scientifiques n’auraient donc nul besoin de se situer dans le monde d’aujourd’hui par l’étude de son processus d’élaboration au cours des dernières décennies, pas plus que par l’analyse de sa diversité et des problèmes qui se posent à la planète et à son devenir. En outre, ils se trouveront dans l’impossibilité d’accéder à certaines formations supérieures de haut niveau pour lesquelles la connaissance de l’histoire et celle de la géographie sont indispensables et vers lesquelles ils se dirigent en nombre croissant. Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l’identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires. Il est impératif d’annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l’adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens."

Signataires: Jean-Pierre Azéma (historien), Antony Beevor (historien, université de Londres), Jean-Jacques Becker (historien), Serge Berstein (historien, Sciences-Po), Pierre Cosme (historien, université Paris-I), Alain Finkielkraut (philosophe, Ecole polytechnique), Jean-Noël Jeanneney (historien, Sciences-Po), André Kaspi (historien), Jacques Le Goff (historien), Hervé Le Bras (démographe, Ined et EHESS), Evelyne Lever (historienne, CNRS), Pierre Milza (historien), Michelle Perrot (historienne), Antoine Prost (historien), Jean-Pierre Rioux (historien), Jean-François Sirinelli (historien, Sciences-Po), Benjamin Stora (historien, universités Paris-VIII et Paris-XIII), Jean Tulard (historien), Annette Wieviorka (historienne, CNRS), Michel Winock (historien, Sciences-Po).


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la revue critique des idées et des livres - dans Politique
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