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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 10:00
L'entreprenant M. Courbit

On savait depuis quelques temps déjà que la suppression de la publicité sur les chaînes publiques n'était pas purement désintéressée. Le monde télévisuel privé et les amis du pouvoir groupés autour de Bouygues et TF1 s'étaient d'ailleurs bruyamment félicités de cette mesure qui drainait dans leur direction la manne publicitaire de France2 et de France3. Quant au Président de France Télévisions, M. Patrick de Carolis, il avait fait savoir qu'il n'était aucunement dupe de la manoeuvre et qu'il trouverait, le moment venu, le moyen, d'éclairer l'opinion sur ses vraies raisons. 

On savait moins que cette affaire en cachait une autre, celle de la vente de la régie publicitaire de France Télévisions. Malgré la suppression de la publicité après 20 heures, celle ci dégage encore des résultats très substantiels (plus de 20 M€ en 2009). Or, comme le révélait Le Monde jeudi dernier dans un éditorial cinglant, M. de Carolis a été sommé par le pouvoir de se débarrasser de cette "poule aux oeufs d'or", au prétexte qu'elle n'avait plus d'intérêt stratégique pour France Télévisions. "C'est avec Stéphane Courbit, associé à Publicis, que Patrick de Carolis est fermement invité à engager une négociation exclusive. Qu'il soit producteur de télévision et que cela risque de créer un conflit d'intérêt ("un problème déontologique", selon le ministre de la culture lui-même) est sans importance: M. Courbit n'est-il pas un ami du chef de l'Etat, soutenu par Alain Minc, très écouté à l'Elysée et en affaires avec M. Courbit ?"

M. de Carolis a fait éclater l'affaire au grand jour hier, à l'occasion d'un conseil d'administration de France Télévisions. En s'appuyant sur le changement d'attitude du Parlement  qui envisage de revenir sur la suppression de la publicité, et sans doute aussi sur l'affaiblissement de M. Sarkozy, il a fait voter par ses administrateurs la fin de la vente forcée de sa régie au tandem Courbit-Publicis. Stupeur des intéressés, qui étaient persuadés que leur coup était fait.

M. Courbit perd une manche. Il en avait gagné une autre la semaine dernière, en obtenant la fin du monopole des jeux d'argent en ligne, domaine dans lequel il opère également. En bon connaisseur du poker, il sait que l'on ne gagne pas à chaque fois et, sur ce coup là, ses pertes sont minimes. En revanche, elles sont énormes pour le pouvoir dont les réseaux et les jeux d'influence occultes sont une nouvelle fois mis à jour. Et qui ne sait plus renvoyer l'ascenseur aux amis. Sauve qui peut !

   Hubert de Marans.

 

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hubert de marans - dans Politique
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