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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 23:26
Louis Mercier
(1870-1951)
 
Écrivain profondément attaché au sol, Louis Mercier est né à Coutouvre (Loire), le 6 avril 1870. Il naît le dernier de cinq enfants. L'enfance du poète est celle d'un petit paysan solitaire et farouche. Les animaux, les arbres, la maison et ses meubles à quoi il prête déjà une âme, sont des compagnons de chaque jour. Un père et un frère aîné sévères, une mère souffrante et peu expansive, bien qu'il se sache aimé d'eux retiennent ses élans de tendresse, qu'il libère pendant les rares séjours de sa sœur et marraine à la maison. Pas d'école, la leçon de lecture de son père le soir sera toute son instruction jusqu'au jour où vers sa neuvième année, il suivra les cours d'un vicaire pour apprendre le latin. À douze ans, il entre comme l'avaient fait ses deux frères au petit séminaire, où il découvre les littératures classique et française.
Ses études secondaires achevées, il entre à la faculté catholique de lettres à Lyon Il revient à vingt ans faire sa retraite à Coutouvre et méditer sur sa vocation en écrivant. Il part en Tunisie faire son service militaire. À son retour, il entre comme rédacteur au Journal de Roanne, qui lui avait décerné le premier prix de son concours de poésie quelques années plus tôt et dont il devient plus tard le rédacteur en chef. Il meurt à Saint-Flour (Cantal), le 27 novembre 1951. Il est enterré au cimetière de Coutouvre.
« Ce vrai poète, a-t-on écrit, vit loin de Paris, dans la solitude et à la campagne, aux sources mêmes do la poésie. Fils de paysans, il a compris qu'il avait une mission plus haute que de prolonger dans ses vers les échos de la littérature à la mode... Rien ne rassure plus sur le glorieux avenir de M. Mercier que la fidélité respectueuse et tendre qu'il promet de garder « Aux bons semeurs de blé qui furent ses ancêtres... » Il a contemplé la terre, la vie des champs et « L'émouvante beauté du rustique labeur », dans le même esprit religieux que Mistral »
 
L'Enchantée, (Ollendorf, 1897),  Les Voix de la terre et du temps, (Calmann-Lévy, 1903),  Le Poème de la maison, (Calmann-Lévy, 1910), Lazare le ressuscité, suivi de Ponce Pilate, (Calmann-Lévy, 1910), Poèmes de la tranchée, (Lardanchet, 1916), Prières de la tranchée (Lardanchet, 1917),  Les Pierres sacrées. Suivies des Poèmes de la tranchée, (Calmann-Lévy, 1922), Petites Géorgiques (Calmann-Lévy, 1923), Cinq mystères joyeux, (Le Pigeonnier, 1924).

 

 
 
Les vieux nids
 
Au printemps, lorsque les oiseaux,
A l'ombre des feuilles nouvelles,
Le long des bois, aux bords des eaux.
Couvent leurs amours sous leurs ailes,

Si par hasard vous découvrez,
Reliques des saisons dernières.
Solitaires et délabres,
Quelques vieux nids dans les bruyères,

Ayez pitié de ces vieux nids
Qu'afflige un printemps égoïste,
Et qui de leurs bonheurs finis
Gardent comme un souvenir triste.

Songez aux toits inhabités,
A la masure démolie,
Aux berceaux, aux cœurs dévastés,
Aux vieilles choses qu'on oublie.

Mais surtout ne les brisez pas,
Ces vieux nids qu'en vos rêveries
Vous découvrirez sous vos pas.
Parmi les bruyères fleuries.

Car, au retour des mauvais mois,
Quand la neige, emplissant les haies
Et s'entassant au front des bois,
A recouvert toutes les baies.

Las d'avoir faim, las de souffrir,
Plus d'un petit oiseau, peut-être.
Les soirs d'hiver, revient mourir
Dans le vieux nid qui l'a vu naître.
 
     
 
Louis Mercier. (1870-1951), L'Enchantée (1897)
 
 

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