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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 17:36
Maurice de Noisay
(1885-)
 
Maurice Pagniez, comte de Noisay, né en 1885 à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), écrit des vers dès sa première jeunesse; il se consacre entièrement à son œuvre poétique et cherche à rattacher plus étroitement le symbolisme à la grande tradition française et à l'élargir dans un sens plus classique. Il fut, selon l'expression d’Henri Clouard, « le plus dandy des transfuges » passant du symbolisme au néo-classicisme. Ses recueils de vers témoignent de cette évolution vers une création qui s'exprime dans une langue parfaite et qui discipline les sentiments.
Maurice de Noisay a collaboré à de nombreuses revues politiques et littéraires du début du XXème siècle, parmi lesquels Les Guêpes de Jean-Marc Bernard, Psyché, Vers et Prose de Paul Fort, Antée, l’Occident, la Phalange et la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. Proche de Charles Maurras et des idées de l'Action française, il s'est tu après la Première Guerre mondiale, au grand regret des amateurs de fier langage et de sentiments pensés.
 
L'Ame en route (Henri Jouve, 1905). - Le Bon Adieu, suite en mineur (Éditions de Psyché, 1907). - Les Douze Flèches d'Éros (La Belle Édition, 1912)
Bibliographie : Henri Clouard, Histoire de la littérature française, du symbolisme à nos jours (Albin Michel, 1947). – Robert Sabatier, Histoire de la poésie française, la poésie du XXe siècle (Albin Michel, 1982). 
 
 
Nuages
 
Quand mon cœur est léger comme un oiseau sauvage,
Il monte dans les cieux, à longs coups d'aile, fier :
Il joue avec la brise et s'accroche aux nuages;
Et son front radieux baigne dans l'azur clair,
Quand mon cœur est léger comme un oiseau sauvage.

Or, mon cœur, étant jeune, était toujours léger;
Il suivait, en chantant, les nuages qui volent;
Il désapprit la terre et ne put voyager
Que les deux poings noués à leurs crinières molles;
Car mon cœur, étant jeune, était toujours léger.

Mais maintenant mon cœur a les ailes meurtries,
Et, trop lourd pour voler, il rampe et se débat,
Il pleure vers le ciel où passent des féeries.
O nuages, mon cœur vous appelle d'en bas;
Mais mon cœur maintenant a les ailes meurtries.

Nuages, descendez, ô frères de mon cœur,
Vous qui mettez au ciel des taches de tristesse,
Des montagnes de rêve et des flots de noirceur !
Déroulez sur mon cœur vos ténèbres épaisses,
Nuages, descendez pour étouffer mon cœur!
 
   
 
Maurice de Noisay (1885-). L'Ame en route (1905).
 
 
Le soir tombe sur la lagune
 

Le soir tombe sur la lagune :
O tristesse du soir tombant!
Au ciel monte en glissant la lune :
O douceur que la lune épand!

La lune chante sa romance :
O charme du soir estompé !
C’est un chant de bonne souffrance,
C'est un chant d'amour détrompé.

J'étais ébloui tout à l'heure;
Des nappes de soleil voilaient
Le front des antiques demeures,
Des gondoles et des palais.

A présent filtre la lumière
Et se découpent finement
En silhouettes princières
Les contours et les ornements.

La lagune à présent repose
Et concentre tous ses reflets
Pour mirer dans leurs câlines poses
Les gondoles et les palais.

Reconnais-tu pas, ô mon âme,
Le soir tombant, baigné de pleurs,
Qui projeta toute ta trame
Dans ton miroir intérieur?

 
   
 
Maurice de Noisay (1885-). L'Ame en route (1905)..
   
 

femme

 
 

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