Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 12:42
Français,
encore un effort...                         
Jean de France 

«  Vous êtes Royaliste ? Sérieusement ? », me demande-t-on parfois. A l’évidence, mon interlocuteur préfèrerait que ce soit une blague. Non, nous n’avons pas tous été guillotinés sous la Terreur. Nous redressons même la tête, défiant une des plus grandes tentatives de castration nationale. Bien qu’elle soit persuadée du contraire, la France ne s’est jamais pardonnée d’avoir tranché la tête de Louis XVI. Le souvenir de ce parricide hante son histoire et l’emprisonne dans une névrose où la mélancolie alterne avec l’espoir de « l’homme providentiel » [1]. Cet espoir est toujours déçu car il repose sur des répliques chimériques d’un roi refoulé. Il serait temps de s’intéresser à l’original plutôt qu’à ses copies.

 Le comte de Chambord, dernier descendant de la branche aînée des Bourbons, est mort en 1883. Avant de disparaître, « il a bien marqué que, dans la tradition française, la famille d’Orléans représentait dorénavant la dynastie capétienne en France : "Les Orléans sont mes fils", a-t-il dit ». Jean de France est aujourd’hui descendant de cette famille. C’est donc lui qui sera appelé à régner lorsque les Français auront décidé de se réconcilier avec eux-mêmes. Cette mission, Jean de France s’y prépare avec sérieux. Il pose ses premiers jalons dans un livre d’entretiens accordés à Fabrice Madouas : Un prince français  [2].

Etre roi des Français suppose de savoir détecter, en se réglant sur une longueur d’onde historique en adéquation avec l’actualité, ce qui favorise en chacun l’impulsion créatrice – source de bonheur. A l’évidence, Jean de France possède cette faculté. Qu’il s’agisse d’éducation, de justice, d’économie, de culture, de politique étrangère ou bien de défense, Un prince français offre sur tous ces sujets une approche pertinente et originale : « Aujourd’hui, je ne regarde presque plus la télévision et je ne m’en porte pas plus mal. Il faut savoir se détacher des écrans : l’image, en sollicitant nos émotions, interdit la réflexion et favorise les conformismes. J’ai appris à m’en méfier. ».

Ces profondeurs de vue sont la conséquence d’une histoire personnelle que Jean de France aborde dans ces entretiens : son enfance, son parcours professionnel, ses goûts artistiques y sont détaillés. J’abonde dans son sens lorsqu’il cite Fénelon : « Quand un prince aime les lettres, il se forme pendant son règne beaucoup de grands hommes. Ses récompenses et son estime excitent une noble émulation ; le goût se perfectionne. » Pas étonnant que nous n’ayons, aujourd’hui, que de petits hommes : « Les "normaliens sachant écrire" ont cédé le pas aux gestionnaires et aux "communicants". Nos gouvernants n’ont plus l’amour des lettres, mais celui des petites phrases. »

Les hommes politiques ? « Pour se faire élire, l’homme politique succombe nécessairement à la tentation de la séduction. D’où ce show permanent, ce mouvement perpétuel qui ne laisse jamais à l’opinion le temps de la réflexion : on saute d’un problème à l’autre, sans s’assurer que le précédent a bien été réglé. » Des décisions sont ajournées, des projets avortent parce que personne, au-dessus des partis, n’en est le garant : « Un roi peut se consacrer à l’essentiel, car il n’a pas besoin de créer chaque jour l’évènement pour exister. Il est plus serein pour s’occuper, en profondeur, des affaires du pays – étant entendu qu’il agit dans le cadre de la Constitution. » Car rétablir une monarchie absolue serait absurde : la royauté doit être réinventée, notamment en s’inspirant du règne de Louis-Philippe qui « a tenté de trouver un arrangement entre la tradition capétienne et les innovations de la Révolution ». On ne refait pas l’histoire, 1789 a bien eu lieu : « La Révolution a laissé l’homme seul, sans défense face à l’Etat, "le plus froid de tous les monstres froids", disait Nietzsche [3]. Nous payons encore aujourd’hui le prix de cet aveuglement idéologique qui est d’abord un péché d’orgueil. »

Cet Etat est aujourd’hui omniprésent, maternant, étouffant : « Je crois en effet que l’Etat doit se tenir en réserve. Il n’a pas pour vocation de s’occuper de tout, mais de favoriser la prospérité des familles et du pays en définissant un cadre législatif et réglementaire propice à leur réussite. Le bonheur est une œuvre de liberté. » Un philosophe contemporain de la Révolution française, qu’il convient de ne pas bouder, aurait ajouté : « Je conviens que l’on ne peut pas faire autant de lois qu’il y a d’hommes ; mais les lois peuvent être si douces, en si petit nombre, que tous les hommes, de quelque caractère qu’ils soient, puissent facilement s’y plier. […] Faisons peu de lois, mais qu’elles soient bonnes. »

   Le bonheur est une œuvre de liberté… Français, encore un effort si vous voulez être républicains… Redevenez Royalistes !

Gilles Monplaisir. 



[1]. Gilles Monplaisir, La France masochiste, Royaliste N° 965.
[2]. Jean de France, Un prince français, Ed. Pygmalion, 2009. 
[3]. Trouvez-moi un homme politique qui, aujourd’hui, cite Friedrich Nietzsche…
 

Partager cet article

Repost 0
Gilles Monplaisir - dans Politique
commenter cet article

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche