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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 08:36
Apaisement
et reconstruction
 
 
  YVERT Benoit La restauration

 

HISTOIRE
La Restauration.
Les idées et
les hommes.
Benoît Yvert.
CNRS Editions.
Octobre 2013.
262 pages.
 

   
Benoît Yvert, né en 1964, est historien et éditeur. Spécialiste du XIXe siècle, il a longtemps enseigné l'histoire politique à l'Institut catholique de Paris avant de rejoindre le ministère de la culture. Il dirige aujourd'hui les éditions Perrin. Il a récemment publié : Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989. (Perrin, 1990), Histoire de la Restauration (1814-1830). (avec Emmanuel de Waresquiel, Perrin, 1996)
 
Présentation de l'éditeur.
Assise sur une conception politique et mystique de la légitimité royale, croisant le cynisme de Talleyrand et le christianisme de Chateaubriand, période extraordinairement féconde en histoire politique et littéraire, et en bouleversements économiques, la Restauration confronte trois générations : celle des survivants de l’Ancien Régime, celle des jeunes nés avec l’Empire, celle enfin des enfants de la révolution industrielle en devenir. Elle brasse les hommes et les pensées : romantiques contre classiques, gallicans contre ultramontains, ultras contre libéraux. Sans oublier la naissance des doctrinaires, l’invention du bonapartisme par la publication du Mémorial de Sainte-Hélène et celle du premier socialisme par Fourier et ses disciples. Reflet de ce bouillonnement, le passionnant essai de Benoît Yvert montre que tous les grands principes relatifs à la souveraineté ou à la séparation des pouvoirs sont alors posés et débattus… De la Terreur blanche à la Révolution de 1830, du double-jeu de Fouché aux théories institutionnelles de Chateaubriand, des origines de l'orléanisme à la pensée politique d’Auguste de Staël, cet ouvrage fait revivre une époque foisonnante où la liberté de ton n’avait d’égale que l’élévation dans l’esprit et l’art, oratoire ou écrit, de les mettre en mots.
 
Recension. - L'Histoire. - février 2014.
Un âge d'or. En dépit de quelques travaux récents et bienvenus, comme la somme de Francis Démier (Gallimard, « Folio », 2012), la Restauration demeure confinée, écrit Benoît Yvert en préface de son ouvrage, « entre oubli et mépris », en raison de ses origines, liées à des défaites françaises, et de sa chute, obtenue au nom de la liberté portée par les Trois Glorieuses. L'appellation même de Restauration, qui laisse penser à un rétablissement des institutions et des moeurs d'Ancien Régime, n'avait rien pour populariser ce qui fut pourtant tout autre chose : l'établissement d'un gouvernement constitutionnel et l'apprentissage du système représentatif, fondés sur l'égalité civile et les libertés individuelles. Il n'est donc pas sûr que, le 2 juin 2014, la commémoration du bicentenaire de la promulgation de la Charte fasse grand bruit. Pourtant, comment ne pas être frappé, avec l'auteur, de l'extraordinaire floraison intellectuelle à laquelle a donné lieu l'entrée de la société française dans des eaux nouvelles et apaisées après les tourments et les excès de la Révolution et de l'Empire ? Ce fut l'âge d'or de la littérature politique et de l'éloquence parlementaire. Offrant un résumé saisissant des destinées politiques de la Restauration, les deux études centrales du livre, consacrées à Decazes et à Polignac, qui tinrent en quelque sorte les deux bouts de la chaîne chronologique et politique, montrent la tension entre les deux monarchies possibles, l'une qui consistait à rendre la royauté populaire en la «désultracisant » par l'injection des libertés, l'autre qui imaginait pouvoir corseter l'interprétation de la Charte jusqu'à en anéantir l'esprit.
 

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