Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 19:46
Portrait d'un
homme pressé
 
 
  Boutang-Pierre-Andre-Paul-Morand.jpg

 

LETTRES
Paul Morand.
Entretiens avec Pierre-André Boutang.
Ed. Montparnasse.
Juin 2014.
2DVD, 3h34.
 

 
Pierre-André Boutang (1937-2008). Réalisateur et producteur pour la télévision et le cinéma. Il participe dès l'origine à la série des Archives du XXe siècle, qui conserve la mémoire d'un grand nombre d'artistes et d'écrivains du siècle dernier. A partir de 1992, il dirige les programmes de la Sept puis de la chaine culturelle Arte. Entretiens récents : Raoul Girardet. (Série "Océaniques", 2003), Alexandre Soljenitsyne. (Océaniques, 2005), René Girard. (Océaniques, 2006).
 
Présentation de l'éditeur.
Fils du haut fonctionnaire et artiste Eugène Morand, Paul Morand a très tôt été immergé dans le milieu artistique et a pu côtoyer de grands noms comme Giraudoux, Cocteau ou Proust. Ses premiers recueils de nouvelles l’ont fait paraître comme l’une des voix les plus originales de sa génération. Son œuvre, qui marqua la littérature du XXe siècle par son style moderne, est le fruit de soixante années d’écriture, et se caractérise par une large diversité : nouvelles, romans, poèmes, essais, chroniques, portraits d’écrivains. Il connait une période de controverse après la Seconde Guerre mondiale, du fait de sa proximité avec le régime de Vichy. Il pâtit de cette position en subissant une longue disgrâce pendant les années De Gaulle. Ce dernier empêchera pendant longtemps son entrée à l’Académie française. Son nouveau statut d’académicien en 1968 lui permet enfin de trouver la consécration. Cette consécration, il la doit aussi à une nouvelle génération d’écrivains, les « Hussards », qui le prennent pour modèle dans les années 1950-1960. Mené par Roger Nimier, le mouvement littéraire se construit en opposition avec l’existentialisme de Sartre et prône un style bref, cinglant et incisif. Avec Jacques Chardonne, Paul Morand se positionne en père spirituel de ces écrivains. Ces entretiens, réalisés par Pierre-André Boutang, sont issus de La Collection des Archives du XXe siècle, réunies par Jean José Marchand rassemblant  environ 150 personnalités filmées et pour laquelle il n’existe parfois aucun autre document audiovisuel.
 
L'article d'Olivier Cariguel. - Le Magazine littéraire. - juillet-août  2014.
Le monstre de distinction. La parution récente du premier tome de la volumineuse correspondance de Paul Morand avec Jacques Chardonne (Correspondance, 1949-1960, éd. Gallimard, 1166 p.) a été abondamment commentée. Mais que sait-on de Morand par lui-même ? À l'exception d'un documentaire sur Proust dans lequel il s'exprimait cinq minutes, il n'existe qu'un entretien télévisé avec lui. Il dure... plus de trois heures. Le journaliste littéraire Pierre-André Boutang avait réussi à l'interviewer pour « Les Archives du XXe siècle ». Créée par Jean José Marchand, critique visionnaire, la série collectait les souvenirs des grands écrivains et artistes du siècle dernier. Cette conversation inédite avec le grand-père des Hussards vient de sortir en DVD. Né en 1888 à Paris, où il s'éteint en 1976, Morand retrace son enfance dans un milieu raffiné, sa réussite précoce, ses fréquentations, ses voyages, au fil d'une longue traversée du siècle... Une vie exceptionnelle, qu'on aime ou pas l'écrivain ou le personnage. Faire parler Morand relevait d'une chimère. Il s'est toujours bridé lui-même par souci d'une parfaite distinction, prévient Jean José Marchand qui a établi le questionnaire de base des interviews en plans-séquences. On voit Morand vêtu d'une chemise jaune canari assis dans un fauteuil à bascule à la campagne. Des papillons passent. Il a d'abord connu le Paris 1900, titre de l'un de ses livres, grinçant, qu'il a un peu regretté par la suite. IL a très souvent vécu à l'ombre de la tour Eiffel. Une enfance, rue Marbeuf près des Champs-Elysées, dans un immeuble situé en face de vendeurs de chevaux et de cochers. Sa grand-mère habitait rue de Marignan, "on se télégraphiait par signaux optiques pour dire qu'on venait déjeuner. C'était un Paris provincial!". Jean Giraudoux, normalien, fut son précepteur, leur amitié resta intacte et vive. L'un des premiers livres de Morand, le recueil de nouvelles Tendres stocks, a été préfacé par Marcel Proust, qui lui avait proposé de donner un bal pour la sortie de l'ouvrage, à défaut d'un texte. Eclats d'un monde à part dans lequel il évolua toute sa vie... 

Partager cet article

Repost 0
la Revue critique des idées et des livres - dans Notes Lettres
commenter cet article

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche