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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:59
Actualité de
Montherlant
 
 
 
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LETTRES
Montherlant
ou l'indignation
tragique.
Philippe de
Saint Robert.
Hermann.
Novembre 2012.
257 pages.
 

 
Philippe de Saint Robert, né en 1934, est écrivain et journaliste. Gaulliste intransigeant, défenseur farouche de la langue française et de la francophonie, il est l'auteur d'un grand nombre de chroniques politiques ou littéraires (dans Combat, Notre République, La Nation française, Le Quotidien de Paris, Le Figaro...). Il a récemment publié :  Ecrire n'est pas jouer (Hermann, 2009), Juin 40 ou les paradoxes de l'honneur (CNRS Ed., 2010)
    
Présentation de l'éditeur.
Montherlant s'est donné la mort il y a 40 ans, en septembre 1972. On pourrait le présenter aujourd'hui comme un avant-gardiste des "indignés" de notre époque, lui qui écrivait, dès 1935, dans Service inutile : "On m'a reproché quelquefois de n'avoir pas beaucoup d'amour, mais j'ai de l'indignation, qui est une forme d'amour". Philippe de Saint Robert revisite tant le romancier d'avant-guerre que l'auteur dramatique de la seconde partie de sa vie. Trois sources d'inspiration, venant de sa jeunesse, irriguent cette oeuvre : le monde romain et ses cruautés, comme miroir de notre temps, le christianisme dont le fatum l'obsède sans qu'il y adhère autrement que par admiration, et enfin un patriotisme amer à la Caton, forgé au feu de la Grande Guerre et désolé par le pacifisme et la lâcheté qui s'ensuivirent et aboutirent à la défaite que l'on sait. Montherlant s'est toujours défendu d'avoir donné un théâtre de la grandeur ; ce qu'il recherche, c'est ce qu'il y a de grandeur en des êtres faibles. Lui qui se défend d'être psychologue, poursuit une quête constante de la nature et de l'âme humaines. L'exceptionnelle qualité de son style n'explique pas l'apparent éloignement dont il souffre aujourd'hui. Les écrivains ne se démodent que dans l'esprit de ceux qui ne les ont pas lus, ou qui ne les ont pas compris. Montherlant demeure, par sa clairvoyance, plus que tout autre, un écrivain pour notre temps. .
 
L'article de Gilles Brochard. - Service littéraire. - février 2013.
Montherlant, l'indigné tragique. Classique ou moderne, Montherlant reste un auteur actuel, revisité par Philippe de Saint-Robert, son fidèle admirateur. Et si Montherlant avait raison, lui qui assurait dans ses « Carnets » qu’« il ne faut pas que l’artiste s’intéresse trop à son époque, sous peine de faire des œuvres qui n’intéressent que son époque » ?
Quarante ans après son suicide, Philippe de Saint Robert observe dans un essai brillant : « Le risque est considérable, le pari est quasiment pascalien. Car le courage qui ne mise pas sur son temps ne connaîtra pas la réponse », ajoute-t-il avec lucidité. Quel lecteur ne sait pas que « l’œuvre de Montherlant fourmille de passions sociales », comme la passion de la justice ou même la passion de la patrie, « horrible maladie. Mais pas plus que tout amour » (Carnets). Les feux de la passion, Montherlant les a connus depuis l’enfance, d’accord avec le mot de Bernanos : « L’esprit d’enfance va juger le monde ». Homme libre, Montherlant soupire : « Je sais bien ce qui me nourrit : ce sont les satisfactions de mon esprit, de mon cœur, de ma chair ; tout cela demande de la liberté ».
On le croit hautain, il n’est que sensible ; on le pense cynique, il se veut détaché de tout et « anarchiste supérieur », dixit Saint Robert. On le fait passer pour un formaliste, alors qu’il est un vrai « subversif ». Ne dites pas qu’il est carré dans ses opinions, il ne cesse de défendre le principe de « l’alternance ». « Professeur d’élan vital » a écrit de lui Gabriel Matzneff. Et celui qui a chanté les morts de Verdun prenait goût au libertinage. « N’est-ce pas une vie bien ordonnée, que celle où l’on a consacré sa jeunesse à b…, son âge mûr à écrire, et sa vieillesse à dire la vérité ? », clame encore dans ses « Carnets » l’auteur d’un « Don Juan » admirable. Romancier d’abord, puis auteur de théâtre ensuite, à nul autre pareil, Montherlant savait mettre de lui-même dans tous ses personnages, les forts comme les faibles, reconnaissant que « partout où il y a élévation, il y a grâce ». De Sevrais (« La Ville dont le prince est un enfant ») à Costals (« Les Jeunes filles »), même intensité dans le nihilisme que dans la quête du bonheur. Ce peintre du tragique des sentiments savait y faire : « La colère ressort en cris de tendresse ; la douleur en cris de plaisir, peu importe de quelle émotion, il faut que vous soyez émus » tranchait-il dans « Textes sous une occupation ».
Montherlant mérite mieux que la réputation que certains critiques trompés par leurs préjugés lui ont faite depuis quarante ans. C’est pourquoi Montherlant ou l’indignation tragique est d’une lecture roborative, essentielle pour percer l’âme de celui que Saint Robert nomme « cette sorte d’aventurier qui se cache de l’être ». Pour se rendre compte de la modernité d’une telle œuvre, un conseil : regarder l’adaptation réussie au cinéma d’ « Un incompris », par François Ozon, devenu « Un lever de rideau », avec Louis Garrel et Vahina Giocanti, superbe bonus ajouté au DVD de « Potiche ».
 

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