Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 16:00
Les lumières du ciel                                  
 
de Olivier Maulin
Mis en ligne : [12-12-2011]
Domaine : Lettres  
MAULIN Olivier Les Lumières du Ciel

 

Olivier Maulin, né en 1969, est écrivain .  Il a récemment publié :  En attendant le roi du monde (L’Esprit des Péninsules, 2006),  Les évangiles du lac (L'Esprit des Péninsules, 2008), Derrière l'horizon (L'Esprit des Péninsules, 2009), Petit monarque et catacombes (L'Esprit des Péninsules, 2009).
 

Olivier Maulin, Les lumières du ciel, Paris, Balland, août 2011, 252 pages.

 
Présentation de l'éditeur.
Paul-Emile Bramont n'est pas un foudre de guerre. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne voue pas au travail la vénération exigée par l'époque. Prince des ratés, il explore avec sérénité les bas-fonds de l'ambition, passant d'un hôtel miteux à un boulot minable et à des combines louches. Accompagné de son copain Momo, dj de patinoire de son état, et Bérangère, la femme d'un chirurgien plasticien, sa maîtresse du moment, il décide de fuir cette société basée sur le culte de la technique et de la consommation à tout-va et prend la route. Au cours de ce road-trip chaotique, ils découvriront Jérusalem, un hameau paisible où la loi du marché n'existe pas. On y boit sous les étoiles, on y lance des grenades pour combattre des chimères et les nuits sont enchantées. Ils y croiseront un curé anarchiste, un clochard amoureux des armes à feu et un militant primitiviste radical, tous en guerre contre le monde moderne et toute forme de production. Ils entrevoient alors un autre monde, un monde auquel il faudrait d'ores et déjà se préparer.  
 
Critique de Benoît Duteurtre, Le Figaro - 22 septembre 2011 
Joyeuse galère. Si vous aimez une littérature française drôle, vivante et pleine de saveur, il faut découvrir Olivier Maulin, écrivain de quarante ans qui excelle à raconter, sur le mode burlesque, les galères de l'homme ordinaire. Aux Éditions L'Esprit des péninsules, il a donné plusieurs romans aussi réussis que En attendant le roi du monde et Les Évangiles du lac (la dérive d'un cadre dans une vallée vosgienne où il rencontre une bande de zonards illuminés à la recherche des lutins et les forces occultes). D'un livre à l'autre, nous retrouvons son personnage favori: un naufragé de la modernité, mal adapté au monde du travail, croisant dans sa dérive toutes sortes de déclassés; autant d'aventures où la misère contemporaine engendre des développements étranges et poétiques. Dans son nouveau roman, Les Lumières du ciel, le narrateur Paul-Émile Bramond commence donc par tout rater. Viré de l'hôtel miteux où il séjournait, surpris par le mari de sa maîtresse (auquel il a refilé un scooter trafiqué), il finit par trouver un emploi «qui déchire». Il s'agit de tenir un stand de sapins de Noël à la sortie d'un ­centre commercial de Seine-Saint-Denis, en suivant les recommandations de son patron: ­«Vendez aux enfants, aux débiles, aux handicapés. Annoncez que 10 % du produit de la vente va au ­Darfour.» Il jure que ses sapins sont « halal », qu'ils « proviennent de plantations spécialement aména gées et ne participent donc pas à la déforestation ». Après avoir gagné trois sous, il prend la route du Sud, en compagnie de Momo, son pote de mouise… jusqu'à ce qu'ils rencontrent un curieux auto-stoppeur, rescapé des temps hippies qui leur fait découvrir « Jérusalem ». Dans ce village des Cévennes, quelques familles tentent de vivre en autarcie. Cet îlot préservé au cœur du futur plonge Paul- Émile dans des abîmes de perplexité… avant qu'il ne reprenne la route des emmerdements. Chez Maulin, la réflexion comme l'ensemble du récit oscillent toujours entre la blague et le sérieux (on songe au Houellebecq d'Extension du domaine de la lutte). Mais il possède aussi une verve populaire et des accents d'Audiard pour décrire Saint-Denis: «Le paysage ressemblait à une immense bouse de vache en béton de laquelle émergeait le tombeau des rois de France », ou évoquer le commerce d'un marchand de plage : « On travaille avec du touriste en short… Du genre qui lésine pas sur le prix de la gaufre, si tu vois ce que je veux dire.»Tout cela coule naturellement, avec de l'esprit, de la chair, de l'imagination. On ne sent jamais l'effort dans cette œuvre d'écrivain, et il serait fâcheux que tant de naturel passe inaperçu à côté de talents plus laborieux. Quand bien même il a placé la galère au centre de son propos, l'art de Maulin mérite un franc succès.

 

Autre critique : Patrick Pierran, "Demain Jérusalem", Royaliste du 12 décembre 2011.
 

Partager cet article

Repost 0
la Revue critique des idées et des livres - dans Notes Lettres
commenter cet article

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche