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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 22:00
Nos consignes
 
A quelques heures du premier tour, il est difficile de tirer un bilan de cette campagne présidentielle: l'abondance d'offre, de programmes, de candidats donne un peu le vertige. On ne discernera vraiment les propositions essentielles que dans la confrontation du second tour. Le sentiment général est que l'on a beaucoup proposé et peu débattu, que les propositions ont été peu confrontées avec la réalité et que les Français n'y ont pas trouvé leur compte. Etonnant régime que cette démocratie où une débauche d'argent, de mots, de propagande et de discours débouche sur autant de déception, de frustration et de mécontentement !
Mais on aurait tort de croire qu'il n'est rien sorti de ces quelques six longs mois de précampagne, puis de campagne. On a assisté au contraire à des évolutions intéressantes et à quelques bonnes surprises qui ont permis de clarifier et, disons-le, d'assainir le débat politique.
Certaines de ces clarifications sont venues de la gauche. L'affaire Strauss-Kahn fait partie des coups du sort qui montrent que la Providence continue à veiller sur le destin de ce pays. Il suffit de  mettre en parallèle les scores que DSK faisait en mai dernier dans les sondages et ce que l'on sait aujourd'hui de lui pour prendre conscience du danger auquel nous avons échappé.  Le succès remporté par M. Montebourg lors de la primaire socialiste atteste qu'un nouveau corpus d'idées, inspiré de Proudhon et de la deuxième gauche, est en train d'émerger au sein du PS. Nous ne pouvons que nous féliciter de l'échec de Mme Joly et du courant euro-écologiste, comme nous nous réjouissons du retour d'une gauche de la gauche, eurosceptique, anticapitaliste, qui peut aiguillonner la social-démocratie vers des voies qu'elle avait désertées. 
D'autres clarifications sont venues de la droite. M. Bayrou, que l'on a présenté à un moment comme le troisième homme, voire comme le concurrent de M. Sarkozy, n'a pas su reconstituer autour de lui la dynamique qu'il avait créée en 2007. Son discours est apparu pour ce qu'il est réellement, celui de la vieille démocratie chrétienne, européiste et atlantiste, moralisante, dure avec les classes populaires et indulgente avec les puissants. Cette élection sera sans doute son chant du cygne. Ni M. Bayrou, ni M. Borloo, ni a fortiori M. Morin ou M. Raffarin, n'ont su redonner vie à une voie centriste qui rame désormais à contre-courant de l'histoire. Leur seul espoir repose sur un éclatement de l'UMP et sur le reflux d'une partie des dirigeants libéro-conservateurs vers le centre. Mais dans cette hypothèse, que pèsent un Bayrou ou un Borloo face à un Juppé ou à un Fillon? 
Ce premier tour peut être lui aussi porteur de bonnes nouvelles. La première, et la plus attendue des patriotes, serait celle d'un échec cuisant de M. Sarkozy. Il le mérite doublement. Parce que l'homme qui a trahi pendant tout son mandat les millions de Français de bonne foi qu'il a entraînés derrière lui en 2007 est un imposteur. Et que l'homme qui a sciemment, volontairement, abaissé l'Etat, affaibli notre défense nationale, sacrifié notre diplomatie, celui qui a fait de nous les vassaux de l'Amérique et les obligés de l'Allemagne ne mérite aucune indulgence. Il laisse derrière lui un bilan calamiteux, l'un des pires que la France ait eu à subir depuis la Libération. Les patriotes ne doivent égarer aucun vote, aucun bulletin, aucun suffrage sur le candidat de la honte et de l'abaissement de la France.
Nous les incitons en revanche à porter leurs suffrages sur les candidats qui s'élèvent contre le système et que l'affrontement largement factice entre une droite libérale et une social-démocratie molle ne satisfait plus. Ils plébisciteront les candidats qui portent un regard critique sur l'Europe telle qu'elle se construit, qui refusent la mondialisation financière, ruineuse pour notre économie et pour nos emplois, et qui remettent en cause le dogme de l'euro. Même si ces candidats se situent aux deux extrémités de l'échiquier politique, même s'ils ne portent pas les mêmes valeurs et quand bien même nous réfuterions certaines de ces valeurs, le nombre de leurs électeurs, le poids des suffrages qui se sera porté sur eux aura une signification profonde. Ils exprimeront la colère du peuple français, son refus de la société marchande, sa volonté de rupture avec l'Europe libérale et sans frontière qu'on cherche à lui imposer.
Nous les inviterons enfin à privilégier la candidature de M. Nicolas Dupont-Aignan. Car il propose, tout comme nous, une France libre de ses alliances, une sortie rapide de l'euro et de l'OTAN, une rupture avec l'idéologie libre-échangiste et libérale. Car il défend, tout comme nous, le principe d'un Etat fort, indépendant du jeu des partis, garant et arbitre et capable d'agir dans la durée. Et parce qu'il refuse, tout comme nous, la logique de ceux qui cherchent à dresser nos concitoyens les uns contre les autres, à diffuser la haine et à divertir les Français du seul combat qui vaille, celui du redressement national et du retour de la France dans le monde.
Le groupe de la Revue Critique. 

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