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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 09:13
La démocratie
sans le peuple
  Grimaldi-Nicolas-Crepuscule-de-la-democratie.gif
 
IDEES
Le Crépuscule
de la démocratie.
Nicolas Grimaldi.
Grasset.
Mars 2014.
155 pages.
 

 
Nicolas Grimaldi, né en 1933, est philosophe. Titulaire de la chaire d'histoire de la philosophie moderne puis de métaphysique à la Sorbonne, il est l'auteur de plus d'une trentaine d'essais sur Socrate, Proust, Descartes, Van Gogh, l'imaginaire, l'attente ou le refus du présent. Il a récemment publié : Les théorèmes du moi. (Grasset, 2013), Raison et religion à l'époque des Lumières. (Berg International, 2014), Les idées en place. (PUF, 2014). 
 
Présentation de l'éditeur.
« Tout a toujours très mal marché. » C'est la leçon que Péguy avait tirée de l'histoire. En observant que tout va mal, nous n'avons donc aucune raison de nous lamenter. C'est la preuve que tout va aussi bien que jamais. Dans ce court essai, Nicolas Grimaldi dresse un constat de la situation politique contemporaine. Ni critique, ni polémique, c'est un état des lieux. Qu'en est-il de ce qui nous tient lieu de démocratie ? Dans un aussi vaste pays que le nôtre, il va de soi que la volonté populaire ne peut être que déléguée. Son expression se résume donc à ce qu'en manifestent ses représentants. Toute la vie politique se réduit par conséquent au mode de leur désignation, à leur capacité d'instruire les problèmes de la nation, et à l'indépendance de leur jugement par rapport aux initiatives du gouvernement. Or que représentent aujourd'hui ceux qu'une ancienne coutume nous fait encore désigner comme « les représentants du peuple » ? Les plus audacieux représentent ceux qui les ont élus. Ils représentent les intérêts très particuliers d'une population locale. Les plus disciplinés représentent leur parti. Lorsqu'ils appartiennent à la majorité, la voix de leur parti est celle du gouvernement. Mais comme leur investiture dépend de quelques caciques du parti, ils représentent dans le parti la tendance de ces barons. Autant reconnaître, par conséquent, que ces régimes parlementaires n'ont quasiment plus rien ni de démocratique ni de républicain. Aussi ne peut-on se retenir d'en poser aujourd'hui la question : la démocratie n'est-elle pas chose trop précieuse et trop importante pour être abandonnée à ses représentants ? 
 
Recension d'Alexandre Solans. - Etudes. - septembre 2014.
La démocratie française a atteint un point critique : elle se meurt, elle est déjà morte, elle n’a jamais existé. L’illusion se dissipera bientôt, dès que le peuple s’apercevra que ses représentants ne représentent qu’eux-mêmes, et que les institutions n’existent que pour se perpétuer. Nicolas Grimaldi, dans une langue somptueuse qui semble tout droit venue du Grand Siècle, assène ses sentences lapidaires et tranchantes, sans citer un seul nom, à un système devenu à lui-même sa propre raison d’être : « Car en politique la recherche du bien commun est un autre nom du suicide. » Faut-il pour autant céder au fantasme du « système », qui ferait de la loi l’alibi de l’injustice et qui profiterait assez à certains pour qu’ils négligent d’y mettre fin ? L’auteur s’en garde bien : le vrai scandale de l’injustice réside plutôt dans un ensemble spontané d’affinités et de connivences qui fait bénéficier quelques-uns des initiatives que le pouvoir prend au nom de l’intérêt général. Nous vivons donc, plutôt qu’en démocratie, sous le joug d’une oligarchie de clients, esclaves eux-mêmes des disciplines de parti. Dressant un portrait savoureux de la comédie des campagnes présidentielles, réduites aux effets de communication, et de la guerre idéologique qui émiette la nation en transformant les adversaires en ennemis, Nicolas Grimaldi réserve ses coups les plus durs au présidentialisme, qui affaiblit la représentation parlementaire, et à ceux qui, en accordant les investitures, sont les vrais maîtres du jeu électoral – tout au plus, une centaine de personnes. Malgré la naïveté des solutions proposées, la force de ce livre réside dans son analyse, à un haut degré d’abstraction, du fonctionnement le plus concret de notre régime démocratique. Un constat aussi percutant que désenchanté ; une formidable énergie dans le désenchantement.
 
Autre article recommandé : Jérôme Serri, « Désolante démocratie. » - Lire, juillet-août 2014.

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