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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 22:20
 
 
clowns anglais
 
 
 
Dans le bruit, aux lumières électriques
Fardant les corps disloqués,
Mon coeur, souviens toi, tu fus consolé
Par les clowns britanniques.

C'est triste comme une fille exotique,
Comme un port plein de bateaux
Comme eux fertile en plaisir cérébraux
Et très vainement pathétiques.

Et c'est doux au coeur, pourtant comme un jour
Facile et de songeries;
Car la musique rythme tous les tours
A coup d'âpres harmonies.

Et le clown saute en l'air, tombe, se casse
Ironique, dédaigneux
Et ses pirouettes comme des aveux
Ont besoin des airs de valse.

Ses sauts les plus fous sont graves. Il a
Cette saveur un peu grossière,
Qu'ont dans les bars anglais les premiers verres
De gin, de whisky-soda.
 
 
 
René Bizet (1887-1947). Revue "Le Cahier des Poètes". (1912)
 
 
faust
 
 
 
Ne regarde pas la lumière
Ni les femmes. Ferme tes yeux.
Tu sentiras crouler les vieux
Palais où logent tes misères.

Et plus de soleils, ironiques
A ton coeur d'hiver. Plus de bruits
Insultants aux larges musiques
Qui chantent en toi. Mais la nuit...

En toi surgit toute la terre,
Toutes les mers où les bateaux
S'en sont allés, sans satisfaire
Nos nostalgies d'occidentaux.

Tous les cieux devinés, aux pages
Des livres, au rythme d'un vers,
Tout ce qui fait qu'on veut fuir, vers
Les Singapour de nos images,

Tout est en toi. Ferme les yeux.
N'écoute rien qui ne te vienne
Du fond de ton coeur riche, où règne
L'heure propice que tu veux.

Et vas, à ton seul gré. Contemple
Les humains qui sourient et font
Leurs tâches, en tournant en rond
Bombay t'accueille avec ses temples...
 
 
 
René Bizet (1887-1947). Inédit. (1913).
 
 
ces hotels où j'ai vecu
 
 
 
Hôtels peuplés de personnages de romans
Où le jeune romantique
S'isole pour surprendre un soir, sournoisement,
L'Elvire maigre et phtisique.

Hôtels des clowns, des acrobates, des jongleurs
Du cirque, des écuyères
Où tout le ramassis des routes et des coeurs
Vient se mettre à "l'ordinaire",

C'est dans vos murs que je voudrais, un soir, mourir,
Moi, scrupuleux locataire
D'années trop souvent bissextiles, qui veut fuir
Vers ce qui n'est plus la terre.
 
 
 
René Bizet (1887-1947). Poèmes posthumes. (1957).
 
 oiseau-copie-3.jpg
 
 

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