Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 15:55
La France qui se bat
 
Notre chronique sociale d'hier ("En attendant les urnes", Revue critique du 25 octobre) mettait l'accent sur trois conflits emblématiques : la fermeture de l'ancienne raffinerie Shell de l'étang de Berre, la mise en veille du dernier haut-fourneau de Lorraine, la révolte des salariés marseillais de Fralib contre Unilever. Trois conflits, trois images d'une France en plein désarroi, de milliers de travailleurs subitement privés d'emploi, d'activités bradées, sabotées, gaspillées par des groupes multinationaux irresponsables, voire franchement malfaisants. Voilà le résultat de 20 ans de libre-échangisme, de libre circulation des capitaux :  des trusts sans foi, ni lois ont pu acheter, souvent pour une bouchée de pain, des entreprises nationales, en presser le jus jusqu'à la dernière goutte et partir comme des voleurs.
Ces trois histoires ne résument pas loin s'en faut l'actualité sociale de ces derniers mois. Il n'y a pas qu'à Marseille, à Fos ou à Florange que la riposte s'organise, que le capital mondialisé doit composer, se replier ou battre en retraite. Chez Montupet dans la Vienne, chez Goodyear, chez Constellium, chez Still en Picardie, on se révolte, on se bat, et, très souvent, on gagne la bataille. Les ingrédients de la victoire sont connus : des salariés mobilisés - du cadre jusqu'au dernier OS - des organisations syndicales unies,  combatives et imaginatives, des familles, des voisins, des élus solidaires. On pourrait aller plus loin, beaucoup plus loin si l'Etat se mettait de la partie : bloquer les licenciements abusifs, faire pression sur les directions étrangères des groupes, saisir leurs avoirs, faciliter le financement de projets alternatifs et la reconversion des travailleurs... Mais le pouvoir est absent, tragiquement absent de ces conflits. La plupart du temps, il s'en lave les mains. Il veille tout au plus à ce que l'apparence du droit soit respecté, ce droit qui dessert si souvent les travailleurs.
Plus que six mois à attendre dirons certains. Six mois, c'est long, terriblement long pour ceux de Marseille, de Florange, de Ham, d'Ingrandes, d'Aulnay ou de Montataire qui sont au plus fort de la bataille... Et les socialistes? feront-ils mieux ? M. Montebourg parlait de politique industrielle ambitieuse, mais que pésera-t-il demain? Mme Aubry également, mais elle vient d'être écartée de la course à la présidentielle. Quant à François Hollande, les quelques paroles rassurantes qu'il a adressé aux sidérurgistes lorrains expriment de la compassion, elles ne font pas un projet politique. C'est la France qui se bat, celle des salariés en révolte, celle des populations unies, celle des villes et des régions en résistance qui imposera le changement, pas les partis politiques, pas la triste classe politique qui est aujourd'hui la nôtre !
Henri Valois.
 
Lundi 4 juillet
- Le tribunal de commerce de Tours prononce la liquidation de l'essentiel du groupe d'imprimerie Laski. L'arrêt des activités rotatives entraîne la suppression de 255 emplois sur 340. Trois activités autour du numérique et du faconnage peuvent encore être sauvées. 
Vendredi 22 juillet
- Le tribunal de grande instance de Marseille refuse d'annuler le plan social en cours chez Fralib/Lipton à Gémemos (Bouches du Rhône). Le groupe anglo-néerlandais Unilever, propriétaire de Fralib, s'apprête à licencier les 182 salariés et à fermer le site. Le comité d'entreprise continue à prôner une solution de reprise de l'activité par les salariés. 
Vendredi 29 juillet 
- Le groupe Montupet veut imposer d'importantes baisses de salaires aux 480 salariés de sa filiale, la Fonderie du Poitou Aluminium (FDPA), située à Ingrandes (Vienne). Le "plan de compétitivité" prévoit notamment une diminution de 25% des salaires ouvriers. Les syndicats s'interrogent sur le but de ce plan qui pourrait préparer une fermeture du site. Ils ont alerté le Procureur de la République.
- Le groupe Anovo, spécialisée dans la réparation de mobiles, est déclaré en cessation de paiements et placé en redressement judiciaire. Le groupe emploie 5400 salariés dans le monde, dont 1150 en France sur les sites d'Angers, de Beauvais, de Brive, de Montauban et de Montpellier. La cession de certaines activités est envisagée pour réduire l'endettement d'Anovo.
Vendredi 12 août
- Les producteurs de fruits et légumes du sud de la France annoncent de nouvelles actions de protestation, tant qu'un plan de sauvetage de la filière n'aura pas été adopté par le gouvernement. 
Samedi 3 septembre
- L'intersyndicale CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires appellent les salariés à une journée nationale d'action le 10 octobre prochain contre la politique d'austérité du pouvoir. L'opportunité d'une grève nationale divise les organisations. 
Jeudi 8 septembre 
- Les salariés de la Fonderie Poitou Alu engagent une grève illimitée, à la suite des baisses de salaire décidées unilatéralement par Montupet. Selon la CGT, le mouvement est suivi par la quasi-totalité du personnel et la production est arrêtée. 
Vendredi 9 septembre
- Arcelor Mittal met en sommeil son dernier haut-fourneau lorrain, sur le site de Florange (Moselle). Les syndicats estiment qu'un tiers des 3000 salariés présents à Florange seront touchés par cette décision et s'inquiètent de l'avenir de la sidérurgie lorraine.
- Le Tribunal de commerce de Lille prononce la liquidation judiciaire de l'entreprise textile Trocmé-Vallart International (155 salariés) installée au Ronssoy près de Péronne dans la Somme.
Lundi 12  septembre
- Grande satifaction des 66 anciens salariés de l'usine Bristol-Myers-Squibb de Meymac (Corrèze). Le Tribunal des Prud'hommes de Tulle vient de déclarer leur licenciement abusif et leur accorde une indemnités de six mois de salaire.
Lundi 19 septembre
- Les dirigeants du groupe et de l’usine Constellium de Ham (Somme), séquestrés depuis la veille par des salariés, ont été libérés par la gendarmerie . Les salariés entendaient par cette action protester contre le plan social  annoncé en février 2011 (100 suppressions d’emploi et 27 mutations sur un effectif de 200 salariés). Les salariés craignent aussi que ce PSE n’entraîne une fermeture pure et simple de l’usine.
Mercredi 21 septembre
- Le groupe Jet-Aviation, spécialisé dans l'entretien et l'aménagement d'avions, supprime 300 emplois à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Les travailleurs frontaliers alsaciers, qui représentent 60% des effectifs, seront les premières victimes de ces décisions. 
Jeudi 22 septembre
- Les syndicats du groupe PSA craignent de nouvelles réductions d'effectifs, avec la fin des programmes de prime à la casse et la dégradation de la situation économique. Des programmes de départ volontaires sont annoncés à Aulnay et à Melun. Depuis 2007, plus de 11 000 salariés ont quitté le groupe automobile. M. Hollande, de passage à Sochaux dans le cadre de la primaire socialiste, défend l'idée d'une nouvelle politique industrielle. 
Vendredi 23 septembre
- Le conseil des prud'hommes de Créteil condamne le groupe de distribution Ed pour avoir licencié des salariés qui refusaient de travailler le dimanche. Ed devra verser 40 000 euros de dommages et intérets à chacun de ses anciens employés. 
- A l’issue d’une journée de négociations et après une semaine de grève, un accord de sortie de conflit a été trouvé entre le groupe Faurecia et les salariés de l’usine de Nompatelize (Vosges). Le site, spécialisé dans les armatures de sièges pour automobile, emploie 270 salariés.
Samedi  24 septembre
- Les salariés d'une usine du groupe allemand Still à Montataire (Oise), menacée de fermeture, ont relaché deux dirigeants de l'entreprise qu'ils avaient séquestrés durant près de six heures. Le site de Montataire regroupe plus de 250 emplois. 
Lundi 26 septembre 
- On annonce la fermeture de l'ancienne raffinerie Shell de Berre. Son propriétaire actuel, le groupe américain LyondellBasell souhaite se recentrer sur la pétrochimie. Il prétend n'avoir trouvé aucun acquéreur. Cette fermeture pourrait concerner plus d'un millier d'emplois directs sur le bassin de Marseille-Fos. Elle suscite d'intenses réactions syndicales et politiques.
Mardi 27 septembre
- La CGT continue à s'opposer à la vente de l'activité "pneus agricoles" de Goodyear au groupe américain Titan. Elle estime que cette cession qui doit se traduire par plus de 800 suppressions d'emploi sur l'actuel site Goodyear d'Amiens est inacceptable. La centrale mène un bras de fer sur ce dossier depuis des mois avec la direction de Goodyear et les syndicats réformistes, prêts à signer un accord.  
Mercredi 28 septembre 
- Des assemblées générales se tiennent dans toutes les raffineries françaises, après l'annonce de la fermeture du site de Berre. Les syndicats annoncent une grève dure et le blocage des accès au site. Menace d'une paralysie de l'ensemble de la filière pétrolière.
Jeudi  29 septembre
- les 12 salariés du site Lafarge de Frangey (Yonne), en grève de la faim depuis le 20 septembre ont décidé de cesser leur mouvement. La direction de Lafarge a finalement accepté de maintenir une activité sur le site de Frangey pour 35 personnes le temps de trouver un repreneur. Pour les 39 autres  salariés de l’usine, 5 partiront à la retraite et 34 seront reclassés sur d'autres sites.
- débrayage sur le site ST Microélectronics de Montrouge (Hauts de Seine). Selon les syndicats, la direction prépare une fermeture du site.
Henri Valois.
 

Partager cet article

Repost 0
la Revue critique des idées et des livres - dans Société
commenter cet article

commentaires

 
Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
Présentation
 

Accueil

Présentation

Manifeste

Historique

Rédaction

Nous contacter

Recherche