Né en 1934, Jean Castarède est historien et essayiste. Il a publié plusieurs grandes études sur la Renaissance et le
Grand Siècle français, parmi lesquels : Henri IV, le roi vengé (France Empire, 1996), Bassompierre (Perrin, 2002), La Fontaine (Studyrama, 2004), 1610,
l'assassinat d'Henri IV, un tournant pour l'Europe (France Empire, 2009).
Jean
Castarède , Louis XIII et Richelieu. Paris, France Empire, mars 2011, 346 pages.
Présentation de l'éditeur.
Au XVIIe siècle, la France a proposé au monde un système de gouvernance original, fondé sur le couple "Monarque-Premier ministre". Ce
duumvirat, incarné par Henri IV et Sully, puis par Louis XIII et Richelieu, Louis XIV et Colbert, et dans une certaine mesure Anne d'Autriche et Mazarin, passera à la postérité avec un contenu
dirigiste et technocratique que l'on appelle le colbertisme. C'est Richelieu qui en a le mieux fixé les règles et qui a su le plus clairement en déterminer le contenu par ses nombreux écrits et
messages à son souverain. Ainsi, le couple Louis XIII-Richelieu, présenté ici pour la première fois comme un cas d'école, amène à réfléchir sur la difficulté, mais aussi les chances, de
gouverner à deux. Même si les transpositions sont difficiles de nos jours, y compris dans certains pays émergents, l'histoire de cette dyarchie, indépendamment des spécificités psychologiques
et caractérielles des deux êtres qui l'ont incarnée, est riche d'enseignements. On découvre également dans ce livre les deux véritables personnalités du roi et de Richelieu, différentes des
images déformées par certains historiens ou par la légende, et, surtout, leur attachement mutuel, ce qui les réhabilite tous les deux.
La recension de Jean-Pierre Bédéï. - La Dépêche du 19 mai
2011.
Le pouvoir à deux tête. La politique a la réputation d’être brutale de nos
jours. Il suffit pourtant de lire le livre de Jean Castarède sur le tandem Louis XIII-Richelieu pour prendre conscience qu’elle était beaucoup plus violente sous l’Ancien régime. C’est dans une
atmosphère de luttes d’influences et de pouvoirs, de révolte des princes, d’assassinats, et de conflits entre Louis XIII et sa mère Marie de Médicis, que se construit, après une période de
méfiance, la relation entre le roi et son premier ministre, l’un mystérieux et taciturne, l’autre calculateur et secret dégageant un « magnétisme », tous deux souffrant d’une santé défectueuse.
« Richelieu se montrera sa pitié lorsque l’intérêt de l’Etat l’exigera », écrit Castarède qui bat en brèche l’idée selon laquelle Louis XIII n’a été que « l’instrument » du cardinal. Pour
l’auteur, si le roi n’échappait pas à « l’ascendant » de son ministre, il a su aussi s’en « affranchir ». C’est sans doute là l’apport majeur de ce livre qui se lit par moments comme un roman
de capes et d’épées tant l’Histoire est haletante en cette période.