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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 20:55
Robert de La Vaissière
(1880-1937)
 

Robert de La Vaissière est né le 20 mars 1880 à Aurillac. Il prépare Saint-Cyr sans succès puis étudie les lettres à Bordeaux. Ayant dilapidé l'héritage familial, il devient répétiteur au lycée d'Agen où il rencontre Francis Carco qui occupe le même poste, et l'élève Philippe Huc, qui n'est pas encore le poète Tristan Derème. Il commence à collaborer à nombre de petites revues comme Les Facettes, Les Ecrits français, L'Ile sonnante ou La Rose rouge. Dès 1906, il se cache sous le pseudonyme de Claudien emrunté au poète latin pour écrire de courts poèmes en prose. En 1911, il s'installe à Paris et mène une vie de noctambule qui transparaît dans son oeuvre. Proche du groupe fantaisiste, il exerçe aussi une importante activité de critique littéraire (à l'Europe Nouvelle et aux Nouvelles littéraires) et devient pendant la guerre lecteur chez Albin Michel. En 1923, il publie une Anthologie de la poésie du XXe siècle qui reste encore aujourd'hui un ouvrage de référence. Il contribue également à faire connaître L'Atlantide de Pierre Benoit. Il meurt à Paris le 14 octobre 1937 renversé par un camion près de son domicile.

Discret, mystérieux, La Vaissière resta longtemps dans l'ombre. Dans ses deux oeuvres poétiques Labyrinthes (1925) et Dérélicts (1934), on est surpris, nous dit Robert Sabatier " par l'originalité et la qualité de sa prose, dans le premier livre souvent déconcertante avec un lointain parfum rimbaldien, dans le second plus directement abordable et dans un climat de haute solitude trahissant le tourment d'un homme convaincu que son domaine ne peut être celui de la terre, où il est pourtant condamné à vivre."
 
Labyrinthes (Messein, 1925). - Dérélicts (Imprimerie Wolf, 1933). 
Bibliographie : Henri Clouard, Histoire de la littérature française, du symbolisme à nos jours (Albin Michel, 1947). – Robert Sabatier, Histoire de la poésie française, la poésie du XXe siècle (Albin Michel, 1982).
 
 
Prose pour Giulia Belcredi
 
« A ce bal où je rencontrai la Ondédei, elle portait une toilette de satin bleu qui moulait son grand corps d'Italienne, et sous mon regard qui, entre les splendeurs électriques, la créa, toutes les richesses du soleil et de la. mer s'accumulèrent. Les feux, les pierres et les coquillages avaient livré leur âme pour la vie de sa chevelure, de ses yeux et de sa chair, et, d'être un pareil démon, elle élevait sa force et sa grâce, accoudée en cette salle de fêtes.
« Je compris qu'elle ne parlât point, car sa démarche exprimait seule sa musique. Sur le parquet brillant elle vécut tout une nuit entre les groupes de masques et de gentilshommes, et les cristaux des lustres déversèrent sur ses épaules les inaccessibles lumières de toute une nuit.
« Au matin encore elle était appuyée à la balustrade et je ne pus rêver près d'elle qu'aux courbes des golfes, aux richesses du soleil et de la mer, aux feux, aux pierres et aux coquillages.»
 
     
  Robert de La Vaissière, 1880-1937. Labyrinthes (1925).  
 
 

fontaine

 
 

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