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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 00:20
Roger Allard
(1885-1961)
 
Roger Allard est né le 22 janvier 1885 à Paris. Il publie ses premiers vers en 1902, dans la revue Hélios. Il entre aux Editions de La Nouvelle Revue française, où il prend en charge la collection consacrée à la peinture, tout en rédigeant des notes sur la poésie dans la revue. Mobilisé en 1914 dans l’infanterie, puis comme aviateur, il est deux fois blessé. L’expérience de la guerre lui inspire son recueil des Elégies Martiales. C'est André Malraux qui prend la suite de Roger Allard pour s'occuper des livres d'art aux éditions Gallimard. Il meurt en 1961.
Roger Allard est d’abord proche du groupe de l’Abbaye, qui publie ses Vertes Saisons. Dans ses poèmes de guerre, plus élégiaques que martiaux, il exprime avec dandysme l’absurdité et la dérision des combats. Son œuvre d’après-guerre le rattache à l’Ecole fantaisiste et il y passe selon Robert Sabatier « un parfum de voyage qui fait penser à Levet ou à Larbaud » ainsi qu’une sensualité et une préciosité qui le rapproche de Voiture ou de Malleville. Pour Henri Clouard « il a conduit la marche allègre d’une poésie de mousquetaire lettré».
 
La Féerie des heures (Tallandier, 1902). - La Divine Aventure (Editions du Beffroi, 1905). - Les Noces de Léda. Episode, (Editions du Beffroi, 1905). - Vertes saisons, poèmes 1905-1908 (éditions de l'Abbaye, 1908). - Le Bocage amoureux (Eugène Figuière, 1911). - Les Elégies martiales (Camille Bloch, 1917). - L’Appartement des Jeunes Filles (Camille Bloch, 1919). - Les Feux de la Saint-Jean (Camille Bloch, 1919). - Poésies Légères, 1911-1927 (Gallimard, 1929).
Bibliographie : Henri Clouard, Histoire de la littérature française, du symbolisme à nos jours (Albin Michel, 1947). – Robert Sabatier, Histoire de la poésie française, la poésie du XXe siècle (Albin Michel, 1982). – Notice biographique de Roger Allard sur Wikipédia.
 
 
Parfum d'octobre
 
Octobre, soir des mois et déclin de l'année,
Voici que tu parais à l'horizon des mers
Avec tes vents frileux où par les longs soirs verts
Rôde un doux souvenir de flûtes oubliées.

Au lac d'or dus couchant vois naître les étoiles
Pour consoler du deuil affligeant de l'automne
Nos cœurs en qui s'éveille et renaît et frissonne
Ce désir endormi que recelaient nos moelles

Oh ! reste: nulle voile au large que n'émeuve
La brise, et descendu peut-être au long du fleuve,
Un bel Espoir défunt va revenir d'exil.

Selon l'aveu qui naît à nos lèvres tremblées
Voici ressusciter, vaguement puérils,
Les vieux passés défunts où nos âmes sont nées.
 
     
 
Roger Allard (1885-1961). La Divine Aventure. (1905)
 
 
 
Petite fugue d'été
 
Moi qu'enchantèrent les regrets
Et les romans et les romance
Maintenant je souhaiterais
Des yeux ou rien ne recommence.

Quand le goût des baisers anciens
Remonte à deux bouches offertes,
Chacune entend garder les siens
Et veut l'autre nue et déserte;

Mais ce qu'un jour on a donné
Où donc irait-on le reprendre ?
Comme on dit au Pays du Tendre :
C'est macache et midi-sonné.
 
     
Roger Allard (1885-1961). Revue Le Divan. (1923).
 
 
Tu me plais
 
Tu me plais après le bain
Humide et lasse des vagues;
Garde ta couronne d'algues
O charmant monstre marin
Qui jaillis de cette écume
Hors le temps et la coutume !

Pour y gouter en secret
Ta peau de sel et d'iode,
J'aime ce lit incommode
Creusé dans le sable frais :
Sois-y l'épave ou je pille
Les fruits brûlants des Antilles.
 
     
 
Roger Allard (1885-1961). L'Appartement des jeunes filles. (1919).
   
 

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Publié dans : Le jardin français
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