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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 11:40

Selon les Grecs, l'UE ne fonctionne plus !

M. Papandréou achève ce soir à Paris sa tournée européenne et il sera mardi prochain à Washington où il rencontrera le Président Obama. Côté Union Européenne, le Premier ministre grec a reçu les réponses qu'il craignait. Une fois de plus, l'Allemagne ne paiera pas ! Pas un cent, voila en substance la réponse du ministre allemand de l'économie, Rainer Brüdele, que Mme Merkel a enrobé hier d'un verbiage diplomatique plus courtois mais qui ne changeait rien au fond. Pas un liard, a repris en choeur M. Juncker, chef de file des ministres des finances de l'Eurozone,  qui ne voit pas pourquoi son Etat voyou, le Luxembourg, irait hasarder son bel argent, si malhonnêtement gagné, chez ces "marchands d'huile". "Ces corrompus, ces gaspilleurs, qu'ils vendent leurs îles !", comme l'a dit hier la presse allemande avec la délicatesse qui la caractérise. "Nous n'avons pas la corruption dans les gènes", a rétorqué M. Papandréou, "pas plus que les Allemands n'ont le nazisme dans les leurs !" On attend avec délectation la presse grecque de demain, qui en connaît, comme on le sait, un rayon, dans l'amabilité antitudesque.

Côté Français, des bonnes paroles, des mots mielleux mais rien de bien concret. On atermoie en espérant que le vent de Berlin tournera. "C'est effrayant !", s'est exclamé ce soir une des membres de la délégation grecque, "Au sein de la zone euro, on a vu l’Allemagne jouer un rôle décisif, sans en discuter avec les autres ! Ce n’est pas parce qu’ils sont puissants qu’ils peuvent décider seuls. Ce n’était pas ça, l’esprit de l’Union européenne… S’il n’y a pas de mesures européennes contre les spéculateurs, ce qui nous arrive arrivera à d’autres pays de la zone euro. Et si la Grèce est presque en état de demander l’aide au FMI, c’est bien que l’UE ne fonctionne pas…"  Il n'y a pas de doute : si les Grecs devaient se prononcer ce soir par référendum sur le traité de Lisbonne, ce serait non, non et non !

Ce qui n'est plus seulement une crise de l'euro, mais bien une crise politique au sein de l'Union  prend ce soir des proportions inquiétantes. Les surréactions des dirigeants allemands et des médias d'outre Rhin ont provoqué de vives inquiétudes au Portugal, en Irlande et en Espagne, pays dont les économies connaissent les mêmes symptômes que la Grèce. A Lisbonne, à Madrid, à Dublin, mais aussi dans les capitales d'Europe de l'est, on découvre le masque effrayant de la rapacité allemande et la rapidité avec laquelle tout une partie de l'Europe du Nord se solidarise avec Berlin. L'autre champ d'inquiétude concerne la réaction grecque. M. Papandréou n'a pas caché que s'il n'obtenait rien de l'Europe, il s'adresserait derechef au FMI et aux américains. Avec un effet immédiat, comme l'a laissé entendre hier M. Trichet, qui serait de semer le doute sur la solidité de l'euro et de l'ensemble des économies de l'Eurozone.  Voilà donc une menace que les dirigeants européens auraient bien tort de ne pas prendre au sérieux !

 

François Renié.

 

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