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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 11:40

Double jeu allemand

Le vice-Premier ministre grec a accusé hier,  preuve en main, l'Allemagne d'encourager ses banques à "spéculer contre les obligations grecques". M. Pangalos  a dénoncé le double jeu de Berlin qui "en misant contre les obligations de son partenaire et ami grec, et en permettant aux institutions monétaires et de crédit de participer à ce jeu misérable",  permet "à des gens en Allemagne de gagner de l'argent". Et le ministre grec de rajouter " Tandis que les pays du sud de l'Europe souffrent de la baisse de l'euro, les exportations allemandes profitent de cette baisse".

Voilà donc la tartuferie allemande une nouvelle fois mise à jour. Athènes a parfaitement raison de faire valoir que derrière les cris de vestale et de vierge effarouchée de Mme Merkel se cache une véritable stratégie de reprise en main de l'économie européenne par l'Allemagne, au seul profit des intérêts allemands. Il est même curieux, voire suspect, que ces analyses ne soient pas davantage relayées dans les capitales des grands pays de la zone euro, en Italie, en Belgique et en France notamment. Les Britanniques, parfaits connaisseurs de ces grandes manoeuvres politico-financières, décortiquent tout cela avec beaucoup de finesse et d'esprit politique (il suffit pour s'en convaincre de parcourir les éditoriaux économiques de la presse d'outre Manche, et en particulier ceux du Daily Telegraph - très circonspect vis à vis de l'Allemagne - pour s'en convaincre). Et tout cela n'est évidemment pas de nature à les convaincre de rejoindre rapidement l'Euroland !

A défaut d'éclairer nos politiciens et nos médias - complètement traumatisés par l'idée d'une crise majeure en Europe - les turpitudes allemandes devraient à tout le moins mettre en alerte les milieux économiques et financiers européens. On murmure déjà que les attaques qui ont lieu depuis quelques jours contre les obligations portugaises et espagnoles seraient également d'origine allemande. Qui, sinon la Banque centrale européenne, est le mieux placé  pour avertir les gouvernements de cette situation et s'employer à y mettre de l'ordre?  Trichet agira-t-il ? Rien n'est moins sûr.

  François Renié.


 

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