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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:42
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Eté 2009
Retour des nations
 
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- A nos lecteurs, par François Renié. [lire]

Les idées et les livres

- Retour des nations (1). - Les refondateurs, textes présentés par Paul Gilbert.
Le déclin de l'empire américain, l'émergence de la Chine, de l'Inde et du Brésil, le réveil de la Russie, le rejet de l'Union européenne commencent à dessiner les contours d'un autre monde, où le jeu s'ouvre à nouveau entre les peuples. Cette réalité, que la crise financière internationale rend soudain plus visible, a été imaginée et pensée depuis une dizaine d'années par des groupes d'intellectuels venus de toutes les disciplines. L'avenir qu'ils anticipent est celui d'un retour des nations.

- Etudes sur Vico, par Georges Sorel. [lire]
En 1896, Georges Sorel publie dans la revue marxiste le Devenir social une grande étude sur la philosophie de l'histoire chez Vico, qui marque une étape importante de sa pensée. A la lumière des intuitions vichiennes, Sorel envisage une autre conception de la marche du monde, fondée non plus sur le matérialisme mais sur les capacités d'imagination et de création des sociétés humaines.

- Hommage à Barrès, textes présentés par François Renié. [lire]
Il n'était pas possible de relancer la Revue critique sans saluer la mémoire de Barrès. Il en fut l'un des inspirateurs et des plus fervents soutiens. Il y a mille raisons, aujourd'hui encore, de lire et d'aimer l'auteur de La Colline inspirée. André Thérive et Henri de Montherlant, dans deux articles choisis, parlent de sa vie et de l'influence de son oeuvre.

- Paysages français, par Léon-Paul Fargue et Paul Valéry. [lire]
Fargue et Valéry : deux visions des paysages qui nous sont familiers. Pour Fargue, le terrien, celle des forêts odorantes, des côteaux dans la lumière, des longues divagations des fleuves qui font le charme de nos campagnes. Pour Valéry, le fils de la mer, celle de la Méditerranée et des rêves qu'elle charrie. Deux images vivantes de la France.

- Le jardin français, poèmes de P. Fort, L. Brauquier, L. des Rieux.

Chroniques

- Notes politiques, par Hubert de Marans. [lire]
Après le scrutin européen. - La République de Bernard Tapie. - Total en procès.

- Idées - Histoire, par Paul Gilbert et Jacques Darance. [lire]
Le Colonel Lawrence. - Actualité de Proudhon.

- Revue des revues, par Paul Gilbert. [lire]
L'Europe et le silence des peuples. - La fuite de la musique

- Les livres, par Eugène Charles. [lire]
Enfantillages (Jacques Perret). - Le compagnon de voyage (Curzio Malaparte). - Du côté de chez Malaparte (Raymond Guérin). - Philippe Ariès (Guillaume Gros). - Livres reçus.

 

Accès à la revue 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 22:40
Discours                       
fondateurs


de Benoît XVI

Mis en ligne : [30-05-2009]

Domaine : Idées



Le pape Benoît XVI, né en 1927,  est un théologien émérite et un auteur prolifique. Il a enseigné la théologie dans des universités allemandes, a été archevêque de Munich et Freising, puis cardinal. En novembre 1981, Jean-Paul II l'a nommé préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Parmi ses multiples distinctions scientifiques, il est docteur honoris causa en jurisprudence de l'Université libre de Rome et membre associé de l'Académie des Sciences française. Il a récemment publié: Chemins vers Jésus (Parole & Silence, 2004), Valeurs pour un temps de crise (Parole & Silence, 2005), Deus Caritas Est (Emmanuel, 2006), Sacramentum Caritatis (Tequi, 2007), Jésus de Nazareth, (Flammarion, 2008), Saint Paul (Bayard, 2009).


Benoît XVI, Discours fondateurs, Paris, Fayard, Septembre 2008, 280 pages.


Réunies et présentées de 2005 par l'Académie catholique de Bavière, voici plus d'une dizaine de conférences et d'allocutions prononcées entre 1960 et 2004 par le professeur, l'archevêque, enfin par le cardinal qui allait devenir Benoît XVI. Qu'elles portent sur la transmission de la foi et sur l'Eglise, sur le rôle de la foi chrétienne dans le monde, sur les responsabilités des hommes politiques chrétiens ou sur des questions que tous les hommes de bonne volonté (et pas seulement les croyants) se posent, elles sont toutes frappées au coin d'un sens aigu de la pédagogie et du rejet de la langue de bois. Par-delà les décennies, elles offrent aussi une parfaite cohérence avec ce que dit le pape aujourd'hui. Elles constituent la meilleure introduction qui soit à la connaissance de la pensée et de l'action de Benoît XVI depuis 2005.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:32
La chute de la Maison Delors

Avis de tempête sur le Parti socialiste. A moins de quinze jours du scrutin européen, le PS  ressemble chaque jour davantage à un bateau ivre, sans pilote et sans gouvernail, qui s'avance, résigné, vers son triste sort. Mme Aubry a beau s'être mise elle-même à la manoeuvre, elle peut bien décréter le branle-bas de combat, la mobilisation générale, lancer ses ordres du jour et ses directives, plus rien ne répond. Les mauvais sondages tombent les uns derrière les autres, Bayrou menace, Cohn-Bendit grignote, Besancenot ricane et Fillon compte les points. Quant aux militants et aux cadres, ils n'ont jamais vraiment adhéré à cette morne campagne, qui plus est sans enjeu local; ils restent chez eux et attendent le passage du "trou d'air", en croisant les doigts pour que le 7 juin ne ressemble pas à un certain 21 Avril.

Décidément, l'Europe ne porte plus chance aux socialistes. Le référendum européen de 2005, qui avait placé le PS à deux doigts de l'explosion, continue, encore aujourd'hui, à  entretenir un climat belliqueux entre les courants. La querelle a failli repartir en 2008, au moment de la ratification du Traité de Lisbonne, jusqu'à ce que les deux ennemis d'hier, Fabius et Hollande, fassent volte face et sauvent l'unité du Parti au prix d'un déni de référendum. Un épisode peu glorieux, qui a fini par écoeurer et faire partir une bonne partie des nouveaux militants ralliés, pendant la présidentielle, au discours "national" de Mme Royal. Et puis, aujourd'hui, cette campagne décevante des européennes, qui s'achève sans avoir vraiment commencé et dont on pressent qu'il ne sortira rien de bon...

On raconte que, depuis quelques jours, l'ambiance est à nouveau électrique, rue de Solférino. Chacun y va, y compris dans le premier cercle, de ses petites phrases, de ses critiques et de ses mises en garde. Les écuries présidentielles se sont remises au travail :  on scrute les erreurs des clans adverses, on accumule les griefs, on prépare, dans la joie et la férocité, les mises en accusation et les renversements d'alliance d'après scrutin. Sans parler des députés européens sortants, qui s'inquiètent, font et refont leurs comptes et qui mettent déjà sur le dos de la direction aubriste leur mauvais sort électoral !

 Si l'heure est à la querelle, elle n'est pas encore aux explications de fond. On parle bien, ici ou là, d'un vote sanction d'une partie de l'électorat populaire, mais sans vraiment y croire. Personne, parmi les dirigeants du parti, ne semble mesurer le décalage qui existe entre le programme de campagne ripoliné, farci de bonnes intentions, foncièrement "eurobéat", que le bureau national du PS a adopté début mai et l'état d'inquiétude et de colère dans lequel se trouve aujourd'hui le pays. Personne, parmi les dirigeants socialistes, ne paraît comprendre que les dogmes européens d'hier - fédéralisme, mondialisme, libre échangisme, néo-libéralisme - font aujourd'hui l'unanimité des peuples contre eux. La défaite du PS, le 7 juin prochain, si défaite il y a, sera à l'image de ce parti devenu autiste, qui a perdu tous ses repères, qui ne sait plus dans quel monde il est.

Pouvait-il en être autrement? La majorité disparate, constituée en hâte après Reims, pour faire pièce à l'imprévisible Ségolène Royal, ne dispose d'aucune ligne politique, ni sur l'Europe, ni sur le reste. Depuis six mois, elle navigue à vue. Son programme - le même que celui des radicaux d'avant guerre ou de la SFIO sous la IVe République - se résume à un seul mot d'ordre : "durer, durer le plus longtemps possible", en attendant l'alternance qui finira bien, un jour ou l'autre, par ramener la gauche au pouvoir. C'est cette ligne "molletiste" qui risque bien, elle aussi, de faire les frais du scrutin du 7 juin.

     Peut-on imaginer la répétition du scénario de 1994 qui avait vu l'éviction en moins d'une semaine des dirigeants rocardiens, après leur échec cuisant aux européennes ? Rien n'est moins sûr. L'actuelle direction tient encore, d'une main relativement ferme, les barons, l'appareil et les réseaux. Elle jouera sur l'inertie et sur la proximité des élections régionales  pour se maintenir en place jusqu'au printemps 2010. D'ici là, peut-on espérer que tous ceux qui, dans les rangs socialistes, rêvent d'une autre ligne, celle là plus nationale, moins atlantiste, moins libérale, sauront se fédérer, y compris en claquant la porte de la "vieille maison"? Le pays aurait besoin de cette clarification utile.
Hubert de Marans.

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Hubert de Marans - dans Politique
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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 21:25
Ordonnance pour un festin                              
Pour nous soûler il nous faut des perdreaux, 
Force pluviers, et force cailleteaux;
Mais à cela je veux faire la nique,
Si nous n'avons la bisque magnifique
A double front et triples chapiteaux.

Que l'entremets paraisse des plus beaux,
Suivi de fruits entassés à monceaux;
Car il nous faut une chère Angélique
              Pour nous soûler.

Nous y voulons contes, et mots nouveaux,
Chansons, dizains, ballades et rondeaux,
Et quand et quand excellente musique;
Et plus que tout un broc de vin qui pique;
Que dis-je, un broc? Il en faut des tonneaux
               Pour nous soûler.

































Vincent Voiture, 1597-1648Oeuvres (1650).

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la revue critique des idées et des livres - dans Le jardin français
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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 20:04
1974                                                 
nouvelles


de Patrick Besson

Mis en ligne : [24-05-2009]

Domaine : Littérature


 

Né en 1956 d'un père russe et d'une mère croate, Patrick Besson est  écrivain et journaliste. Enfant prodige de la littérature française - il signe son premier roman, "Les Petits Matins d'amour", à l'âge de 17 ans -, il reçoit le Grand Prix de l'Académie française en 1985 pour "Dara", et le prix Renaudot dix ans plus tard pour "Les Braban". Patrick Besson est l'auteur d'une quarantaine de romans, de récits et d'essais, alors que sa plume redoutée ne cesse de parcourir les pages des journaux et magazines. Il a récemment publié:  Belle-Soeur (Fayard, 2007), La science du baiser (Points, 2007), Accessible à certaine mélancolie (Points, 2007), Et la nuit seule entendit leurs paroles (Mille et une nuits, 2008), La statue du commandeur (Points, 2008).


Patrick Besson, 1974, Paris, Fayard, Mars 2009, 170 pages.

 

1974 : la Grèce des Colonels devenue celle des routards. Le narrateur se souvient de sa rencontre au cap Sounion, à dix-huit ans, avec un beau et ambigu couple nordique. Les Etats-Unis avant la chute du mur de Berlin, vus par deux pianistes européens de l'Est: les fantasques frères Kundera. La Suisse et la Bavière, dans les années 80, traversées par un écrivain communiste dépensant l'argent du Parti avec des créatures interlopes. Un père divorcé englouti, à Paris XVe, dans le temps où il était marié avec la mère de son fils. Belgrade agité et défait d'aujourd'hui, bien connu de l'auteur: le meurtre sadique d'une journaliste française est élucidé, non sans mal, par un vieux commissaire vert et une jeune inspectrice gay serbes. Le festival du livre de Nice hanté par les rêves africains d'un romancier entre deux âges que fascine une serveuse Fang. Au fil de ces nouvelles, dont la publication dans la presse (VSD, L'Humanité, L'Idiot international, Madame Figaro) s'étend sur plus de deux décennies, Patrick Besson (Dara, Les Braban, Belle-sœur, parus aux éditions Fayard) repasse à l'encre ses souvenirs crayonnés, les vrais comme les faux, d'une plume féroce et allègre, secrètement tendre.


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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 23:29
Paris-NewYork                         
et retour


de Marc Fumaroli

Mis en ligne : [13-05-2009]

Domaine : Arts


 

Né en 1932, Marc Fumaroli, professeur au Collège de France et Académicien français, est un des grands historiens et critiques d'art contemporains. Depuis une vingtaine d'années, il développe une critique très ferme de la politique culturelle française autour de ses deux images emblématiques, André Malraux et Jack Lang. Il est l'auteur de Exercices de lecture : L'État culturel : une religion moderne (Editions de Fallois, 1991), De Rabelais à Paul Valéry (Gallimard, 2006), Peinture et Pouvoirs aux XVIIe et XVIIIe siècles : de Rome à Paris (Faton, 2007).
 

Marc Fumaroli, Paris-New York et retour, voyage dans les arts et les images, journal 2007-2008, Paris, Fayard, mars 2009, 634 pages.


Quelqu'un, un beau matin, se réveille en pleine rue et s'aperçoit que les images publicitaires qui prolifèrent autour de lui et qui lui ont toujours semblé innocentes, ne le sont pas autant que cela. Et si les hommes ressemblaient à l'image qu'ils se donnent d'eux-mêmes ? Ainsi commence, par ce déclic apparemment infime, un sinueux voyage dans le temps et dans l'espace, à partir de deux bases de départ successives, New York et Paris : New York, la capitale des images modernes et contemporaines, et Paris, la capitale par excellence des arts de la « Vieille Europe ». Enquête historique dans le temps relativement court des États-Unis et de sa formidable industrie des images, pèlerinage aussi dans le temps long de la France et de l'Europe des arts visuels, de l'Antiquité gréco-romaine à nos jours, de son Orient byzantin à son Occident d'Amérique latine, cette exploration à facettes de l'univers européen de la vue devient peu à peu l'itinéraire d'une conversion. Une conversion à l'éternel retour de la beauté. Seule la beauté a rendu et peut rendre l'homme à lui-même et le monde humain habitable en les invitant à participer de la nature et de la grâce et à se libérer du vampirisme d'images-mirages, d'images-idoles, qui ne laissent sur leur passage, comme un vol de sauterelles, qu'un désert globalisé et privé de feuillage.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 22:41
Sur le front de Lisbonne

Contrairement à nos prévisions, les sénateurs tchèques ont ratifié dans l'urgence, jeudi 7 mai dernier, le traité de Lisbonne. Le contexte intérieur à la République tchèque, dominé par la chute du gouvernement libéral de M. Topolanek en pleine présidence de l'Union, a beaucoup joué dans cette adoption confuse. "Nous ne pouvions pas nous permettre une nouvelle honte", a déclaré le Premier ministre démissionnaire à l'ouverture des débats. Et c'est en effet une sorte de "sauve qui peut parlementaire" qui aura conduit une partie de l'ancienne majorité libérale, pourtant très réticente au traité, à joindre ses voix à celles des sociaux-démocrates. En aucune façon un vote d'adhésion.

Le Président Sarkozy s'est empressé de saluer une "étape importante dans la mise en oeuvre de l'engagement pris par les 27 en décembre dernier de tout faire pour permettre à ce traité d'entrer en vigueur avant la fin de l'année 2009". On sent implicitement de la fébrilité dans ce message qui conclut en faisant appel au civisme "européen" des Irlandais.

Conclusion sans doute un peu rapide. En premier lieu, le processus de ratification tchèque est loin d'être achevé. Le texte doit encore être signé par le tonitruant président tchèque, Vaclav Klaus, eurosceptique militant, qui encourage en sous-main ses amis parlementaires à saisir la Cour constitutionnelle et à susciter de nouveaux obstacles, cette fois juridiques, à la ratification. Il est peu probable que M. Klaus appose sa signature sur le traité, tant que les résultats du référendum irlandais ne seront pas connus. Ce qui nous fait glisser doucement vers l'automne.

Le référendum irlandais est, lui même, loin d'être gagné. Si les derniers sondages donnent encore un avantage au "oui", l'écart s'est beaucoup réduit depuis quelques semaines et la "purge" économique que le gouvernement du Fianna Fail fait subir à l'économie irlandaise, au nom des critères de convergence européens, n'est pas pour rendre le traité plus populaire. Dublin vient d'exiger de ses partenaires européens la confirmation des garanties qu'il prétend avoir obtenu (respect de la neutralité irlandaise, non ratification du droit à l'avortement...), en échange de son appui à Lisbonne, mais cette confirmation tarde à venir. Viendra-t-elle ?

Sur les autres fronts, rien de nouveau. En Pologne, le Président Lech Kaczynski se fait toujours tirer l'oreille pour parapher un texte que la diète polonaise a pourtant ratifié il y a plus d'un an. Même chose en Allemagne, où la Cour constitutionnelle, saisie en février, tarde à se prononcer pour ouvrir la voie d'une approbation rapide.

La divine surprise viendra-t-elle des Britanniques ? On sait que le chef des Tories, David Cameron, a annoncé qu'il soumettrait le traité à référendum  s'il arrivait au pouvoir. Le résultat de cette consultation ne fait guère de doute, le mécontentement de nos amis anglais à l'encontre des institutions européennes allant grandissant. Quant à la perspective d'une arrivée au pouvoir des conservateurs, elle prend de l'ampleur. M. Cameron tient la corde pour les prochaines municipales, prévues le 4 juin, avec près de 20 points d'avance sur les travaillistes, et le gouvernement Brown ne tient plus qu'à un cheveu. Si sa chute devait avoir lieu d'ici la fin de l'année 2009, c'en serait sans doute fini du Mauvais Traité. D'ici là, patience!


Vincent Lebreton.


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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 09:47

Dix mille jours de prison...

A Charles Maurras, Henri Vaugeois, Maurice Pujo, Robert de Boisfleury, Maxime Réal del Sarte,  Henry des Lyons, Marius Plateau, Maurice d'Auvergne, Pascal le Quen d'Entremeuse, Lucien Lacour, Octave de Barral, Jean Dorange, Guy de Bouteiller, Armand du Tertre,  Lucien Martin, Louis Sousportes... et quelques dizaines d'autres.

En hommage au petit groupe d'hommes libres qui, il y a un siècle, imposa à la République, au prix de dix mille jours de prison, le culte de la Sainte de la Patrie.

 


Paris - Fêtes de Jeanne d'Arc 1910 : Arrestation d'un camelot du roi. (Photo Roger-Viollet)


Paris - Fêtes de Jeanne d'Arc 1915, Place des Pyramides. (Photo Roger-Viollet)

 
Paris - Fêtes de Jeanne d'Arc 1908 : les camelots du roi manifestent  (Photo Roger-Viollet)

camelots 
Nancy - Fêtes de Jeanne d'Arc 1935 : Défilé des camelots du roi, rue d'Armeval. (Photo Henri Ritter)
 
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la revue critique des idées et des livres - dans Histoire
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 14:37
La joie et l'espoir
 
"La Maison de France, c'est notre maison", disait Bernanos. Avec, parfois, ses peines qui sont les nôtres, avec ce grand bonheur aujourd'hui qui nous remplit de joie. Du  mariage du Dauphin, nous retiendrons, parmi mille belles choses, les deux photos ci-contres - émouvantes jusqu'aux larmes -, l'homélie si forte de Mgr Brizard, directeur général de l'Oeuvre d'Orient et cette dernière strophe de notre "Vive Henri IV" que chantait à pleins poumons, par un bel après-midi, un peuple fidèle.


L'équipe de la Revue Critique des Idées et des Livres adresse à Mgr le Duc de Vendôme et à Madame tous ses voeux de bonheur et de prospérité. Elle assure Mgr le Comte de Paris et l'ensemble de la Maison de France
de sa respectueuse fidélité.
 



L'Homélie de Mgr Philippe Brizard
Directeur général de l'0euvre d'Orient.

Monseigneur, et je pense fort à Madame la Duchesse de Montpensier qui est la première à regretter de ne pas tenir sa place ici aujourd’hui,

Cher Jean, chère Philomena,

Vous avez souhaité que je vous interpelle ainsi, par vos noms de baptême. Vous soulignez, par là, votre appartenance à l’unique Eglise du Christ et l’égale dignité des enfants de Dieu. Cette égalité n’exclut pas les différences, comme le dit saint Paul dans sa célèbre comparaison avec le corps. Elle autorise même les distinctions pour servir l’harmonie de l’ensemble. Ainsi, la noblesse est ordonnée à l’excellence, le pouvoir au service, la richesse au don, le savoir à la patiente édification de tous. Pareillement, on ne se marie pas pour soi seulement mais pour remplir sa vocation de fils et de fille de Dieu. C’est bien ce qui ressort de la lecture du mariage de Tobie et Sara : ils ne se marient pas par seul vouloir d’homme mais en Dieu et dans sa bénédiction. A travers les lignes du texte et les mœurs, quelque peu romancées d’ailleurs, d’une autre époque, nous voyons bien qu’un discernement spirituel a été opéré qui rend les futurs sûrs de ce qu’ils sont faits l’un pour l‘autre. Plus loin, la prière de Tobie et de Sara exprime avec grâce leur projet et la mission dont ils sont investis et qui correspond au dessein de Dieu sur leurs vies. Vous-mêmes, Jean et Philomena, en choisissant l’évangile des noces de Cana, vous faites confidence des perspectives dans lesquelles vous situez votre mariage.

Mes frères, accourus parfois de loin pour entourer Jean et Philomena, prenez garde à votre manière de lire cette page célèbre de l’évangile. Ce récit est en réalité une leçon de catéchisme dans laquelle est exposé le mystère chrétien du salut des hommes. Dépassez l’anecdote et comprenez l’enjeu. Ce n’est pas un hasard si Jésus commence sa vie publique en allant aux noces d’amis de sa mère. Déjà, Jean-Baptiste l’avait présenté comme l’époux qui vient. Et Marie, qui croit en son Fils, le pousse à se révéler. Malgré ses protestations – « mon heure n’est pas encore venue -, il va manifester sa gloire. Quand arrivera-t-elle donc cette heure de la véritable manifestation de sa gloire ? Au moment où Jésus passera de ce monde à son Père, à l’heure de sa croix. Les noces de Cana, et, à travers elles, toutes les noces, sont signes de cette heure-là. A cette heure-là, est dévoilé ce qui était encore caché à Cana : le comble de l’amour. Jésus donne sa vie en aimant jusqu’au bout. Jésus, le Christ, scelle l’Alliance nouvelle de Dieu avec l’humanité par son sang. Cette Alliance, sans cesse proposée à l’homme et sans cesse rompue par lui ; cette Alliance où Dieu se révèle amoureux de sa créature comme le dit magnifiquement Osée ; cette Alliance dont l’accomplissement est signifié dans l’Apocalypse par des noces somptueuses où la fiancée représente l’humanité recréée et sanctifiée par l’époux, l’Agneau immolé. Par cette Alliance sainte, nous recevons du Christ l’amour, la libération, la royauté, la sainteté, la puissance et la vie.

Tous ces signes et toute cette heure se concentrent sur la messe. C’est pourquoi vous célébrez votre mariage au cours de la messe, mémorial de l’Alliance nouvelle et éternelle scellée dans le sang du Christ.

Maintenant, voyons comment Jésus manifeste sa gloire à Cana. Il est intéressant de noter que Jésus se rend à Cana le troisième jour après la promesse faite à Nathanaël, (ce Juif à qui on ne la fait pas : « de Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? »). Jésus lui avait dit qu’il verrait de grandes choses. Quand on parle de troisième jour dans la Bible, comme par exemple lors de l’Alliance sinaïtique, ou mieux lors de la résurrection de Jésus, on évoque l’ouverture d’une ère nouvelle, le commencement des temps derniers et définitifs, le début de la manifestation de la gloire de Dieu. De même qu’au Sinaï, Dieu manifesta sa gloire en donnant la Loi le troisième jour, de même, à Cana, le troisième jour, Jésus manifeste sa gloire en donnant un vin meilleur, symbole de la Bonne Nouvelle. J’observe que ce vin provient de l’eau qui servait à la purification des Juifs. L’eau devenue vin, c’est la purification qui n’est plus liée à l’observance de la Loi mosaïque mais à l’Evangile du Christ, à sa Parole dont le vin est l’image. Un message d’une telle nouveauté, que Jésus dira un jour : « A vin nouveau, outres neuves ».

Avec quelle profusion donne-t-il ce vin ! La grâce est surabondante. La joie et le bonheur en Dieu sont au-delà de toute mesure. Dieu comble absolument. Le premier vin servi par l’époux venant à manquer, - par eux-mêmes, les hommes sont incapables de parvenir au bonheur en plénitude -, c’est le véritable Epoux qu’est Jésus, qui offre le vin nouveau et qui l’offre avec surabondance comme don ultime. On ne peut lire l’évangile qu’à la lumière de ce troisième jour, celui de la Résurrection de Jésus, qui ouvre l’accès au Royaume où le Seigneur boira avec nous le vin nouveau de la joie éternelle.

Jean et Philomena, vous avez choisi cette page de l’évangile parce qu’elle vous a impressionnés : c’est le mystère caché de votre amour qui trouve son sens dans le dessein de Dieu sur l’humanité dévoilé par Jésus-Christ. De même que les noces de Cana annoncent les noces de Jésus sur la croix scellant l’Alliance nouvelle et éternelle, de même votre mariage, comme tout mariage, est une image de l’amour tout-puissant de Dieu, de l’Alliance de Dieu avec l’humanité. « Ce mystère est grand, dira saint Paul : je le dis en pensant au Christ et à l’Eglise ». L’immense dignité du mariage vient de là. Dieu vous donne son amour pour que vous vous aimiez divinement et que vous progressiez dans son amour et dans votre amour. Avec un peu de bonne volonté, le mystère de l’amour humain amène à contempler le mystère trinitaire de l’amour de Dieu. Dieu est fou d’amour, d’un amour fort comme la mort et même plus fort qu’elle, comme le chante le Cantique des Cantiques. Ce beau chant d’amour, qui mêle éros et agapê, semble dire : « vous voulez savoir ce qu’est l’amour de Dieu ? Regardez donc un homme et une femme qui s’aiment ». L’Eglise compte sur vous pour que vous rendiez un tel témoignage.

En vous mariant, vous vous associez pleinement à l’œuvre d’amour de Dieu. C’est donc en vue de ce fameux troisième jour, le Jour du Seigneur où il manifeste sa gloire, que vous accomplirez, Jean et Philomena, votre mission qui consistera également à gérer les affaires de ce monde. (Et vous savez, Jean, combien je goûte les perspectives dans lesquelles vous entendez mener votre action, telle qu’une tout récente interview de Gérard Leclerc l’a dévoilée). Ensemble, vous réaliserez une œuvre spirituelle pour humaniser la vie ; vous transformerez l’eau fade d’un quotidien souvent prosaïque en vin du Royaume éternel. Et si, d’aventure, vous rencontrez le manque, tels les époux de Cana, souvenez vous de Marie : elle est là avec vous. Elle est la Guebira, la Reine-Mère. Elle a de l’influence sur le Roi, son Fils. Si vous le demandez, elle obtiendra de lui que vous sortiez de l’épreuve. Alors, vous vous souviendrez du vin de Cana : le meilleur vient après.

Cana et Senlis ont en commun d’être des lieux de mémoire et de commencement : commencement de l’annonce de la Bonne Nouvelle, commencement de la dynastie dont, Jean, vous êtes issu. Pour l’heure, Cana en Île de France s’appelle Senlis. Il y a des noces, ce sont les vôtres.


Vive Henri IV (dernière strophe)

 

Chantons l'antienne
Qu'on chant'ra dans mille ans,
Chantons l'antienne
Qu'on chant'ra dans mille ans,
Que Dieu maintienne
En paix ses descendants
Jusqu'à c'qu'on prenne
La lune avec les dents.

 

 

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la revue critique des idées et des livres - dans Politique
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 17:47

L'aveuglement

 

Qu'on le veuille ou non, le 1er Mai unitaire aura été une parfaite réussite. Plus d'un million de manifestants ont défilé dans toute la France, soit six fois plus que l'an dernier. Après le succès des deux journées d'action des 29 janvier et 19 mars derniers, il est incontestable que le mouvement de protestation sociale prend chaque jour un peu plus d'ampleur. On n'avait pas vu de tels rassemblements depuis les évènements de 68.

La protestation s'est cristallisée comme il se doit autour des conflits sociaux les plus durs, ceux qui concernent les filiales de plusieurs grands groupes étrangers. A Paris, à Toulouse, à Marseille, à Grenoble, à Metz ou ailleurs, ce sont les travailleurs de Continental, de Molex, de Caterpillar, de Freescale ou d'Arcelor Mittal qui tenaient le haut du pavé, exprimant l'amertume et la colère de milliers de salariés menacés par les fermetures de sites, les réductions d'effectifs sauvages, les délocalisations.

Tous les observateurs ont également relevé la parfaite maîtrise de ces défilés. Aucun incident à signaler, ni à Marseille, ni à Toulouse où le climat social est pourtant très lourd, ni en fin de cortège à Paris. Les manifestants n'ont cédé à aucune provocation, malgré la présence démesurée des forces de l'ordre, et ont refusé toute récupération politique. L'extrême gauche trotskiste, que le pouvoir accuse chaque jour de manipuler le mouvement social, a été reléguée en queue de cortège. Quant aux troupes socialistes, sagement rassemblées rue Soufflot en retrait du cortège principal, elles ont été copieusement huées par la foule parisienne.

Devant tant de sang froid et de détermination, on guettait la réaction du gouvernement, on attendait des paroles de compréhension, une volonté de dialogue. C'était trop attendre. Le pouvoir a cherché au contraire toute la soirée à minimiser l'évènement. Le petit Chatel, sous ministre à l'industrie, qui s'est récemment illustré par son incompétence crasse dans l'affaire Heuliez, fanfaronnait en parlant d'une mobilisation "un petit peu supérieure à la moyenne des 1er Mai précédents".  Hortefeux jetait, selon son habitude, de l'huile sur le brasier en annonçant la réouverture du dossier du travail du dimanche !  Rue de Grenelle comme à l'Hotel Matignon, on assurait que le gouvernement ne changerait pas de stratégie, qu'il ne bougerait pas d'un iota et qu'il n'y avait plus de grain à moudre. Il est vrai que l'on a déjà tout donné aux banquiers faillis, aux patrons en déconfiture, aux gros porteurs en mal de se refaire.

Le pouvoir a grand tort de prendre les choses sur ce ton. En évaluant mal l'état moral du pays, en traitant de haut les centrales syndicales avec lesquelles il aurait tout intérêt à composer, il prend de gros risques. Pour le moment, l'obsession des états-majors syndicaux, c'est l'unité d'action pour négocier en force. Que cette stratégie s'avère inopérante, faute d'interlocuteurs gouvernementaux, et l'on verra se développer à grande échelle des actions plus radicales. Ce n'est pas un hasard si ce weekend amenait, avec les défilés, des sondages franchement mauvais pour le chef de l'Etat, un bilan jugé mauvais par 63% des Français et une désaffection de plus en plus massive de la classe moyenne. Qui sème le vent....

Henri Valois.

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N°1 - 2009/01
 
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