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Histoire de la revue

Lancée en avril 1908 par l'éditeur Jean Rivain et l'écrivain et critique littéraire Eugène Marsan, la Revue critique des idées et des livres sera, jusqu'à sa disparition en 1924, une des revues de référence françaises, dans les champs politique et littéraire

Elle est animée à l'origine par un groupe de jeunes  écrivains, journalistes, poètes,  historiens et essayistes - Henri Clouard, Pierre Gilbert, François Renié, René de Marans, Gilbert Maire, Jean Longnon, André du Fresnois  -  que l'amitié rassemble et qui se situent pour la plupart dans la mouvance de l'Action française. Ils sont vite rejoints par des personnalités plus confirmées issues du monde littéraire - Charles Maurras, Maurice Barrès, Paul Bourget, le poète Paul-Jean Toulet, les critiques Albert Thibaudet et Emile Henriot y  collaboreront régulièrement - ou des milieux universitaires, économiques et sociaux - Georges Sorel, les syndicalistes Georges Valois et Edouard Berth, l'économiste Wilfredo Pareto y apportent des contributions.

D'inspiration maurrassienne mais ouverte et à l'écoute du mouvement des idées, la Revue critique devient peu à peu le porte parole de l'école néo-classique et du nationalisme littéraire. Revue engagée dans son siècle, elle se veut proche des idées syndicalistes et néo-royalistes développées par le Cercle Proudhon, alors animé par Henri Lagrange et Georges Valois. Fédéraliste, elle soutient fortement le mouvement de décentralisation et de renaissance des identités régionales qui apparaît au début du XXème siècle.

D'une grande qualité littéraire, rassemblant la fine fleur des écrivains traditionalistes, la Revue critique dispose rapidement d'une influence étendue. Elle dialogue avec la Nouvelle Revue Française, que lancent à la même époque André Gide et Jacques Copeau et qui milite elle aussi pour une renaissance classique. Elle fait campagne contre le romantisme, le « bovarysme » (concept lancé par Jules de Gaultier), la fraction décadente du symbolisme et s'oppose à un certain embourgeoisement du théâtre et des arts.

Ayant choisi comme figures tutélaires les poètes de la Pléiade, ceux du Grand Siècle français, mais aussi Stendhal, Nerval ou Musset, la Revue critique défend l'idée d'un classicisme ouvert, vivante expression du génie français. Accueillant une grande variété de goûts littéraires, elle soutient aussi bien la renaissance des littératures régionales, en faisant une large place aux poètes de l'école romane, Maurice du Plessys, Raymond de La Tailhède, Ernest Raynaud, Lionel des Rieux, qu'à la jeune école fantaisiste représentée dans ses colonnes par Paul-Jean Toulet, Francis Carco, Jean-Marc Bernard, Tristan Dérème, Tristan Klingsor, Jean Pellerin et Léon Vérane. En 1914, lors de la campagne menée par l'Action française contre les idées d'Henri Bergson, les principaux animateurs de la revue refusent de choisir entre leur fidélité à Maurras et leur admiration pour Bergson et la revue prend alors ses distances avec le mouvement maurrassien. La revue publie plusieurs numéros spéciaux  qui font date, consacrés à Richelieu, Rousseau, Stendhal, Mistral

La rédaction de la revue paye un lourd tribut au premier conflit mondial, un des plus lourds de la presse française: vingt-cinq de ses collaborateurs - l'essentiel de son effectif - sont tués ou portés disparus. Les survivants relancent la publication en 1919, mais dans un contexte politique et littéraire qui n'est plus le même (montée des totalitarismes, avènement de la culture de masse, émergence d'un art de contestation...). La Revue critique se cantonne alors dans le seul registre littéraire et défend des options plus nettement conservatrices. Elle permet toutefois à de nouveaux talents de faire leurs premières armes : les critiques Charles du Bos, André Rousseaux, les écrivains Claude Aveline, Louis Martin-Chauffier, Henri Pourrat, les poètes Philippe Chabaneix et François-Paul Alibert y donnent des chroniques régulières. Le groupe finit par se disperser en mai 1924 pour rejoindre la Revue universelle, créée quelques années plus tôt par Jacques Bainville et Henri Massis, qui exprime une ligne maurrassienne plus classique, ou d'autres revues de la mouvance traditionaliste (Cahiers d'Occident, Latinité, la Revue du siècle)

Principaux collaborateurs de la Revue critique :

écrivains : Maurice Barrès, Charles Maurras, Henri de Régnier, Mme la comtesse Anna de Noailles, Henry Bordeaux, Paul Bourget, Léon Daudet, Jacques Boulenger, Marcel Boulenger, René Boylesve, Claude Aveline, Maurice de Noisay, Thierry Sandre, Maurice Donnay, Maurice Brillant, Pierre Benoit, Adrien Mithouard, Henri Pourrat.
historiens, essayistes, théoriciens : Jacques Bainville, Lucien Moreau, Georges de Pascal, marquis René de La Tour du Pin Chambly, marquis Marie de Roux, François Renié, Jean Longnon, Louis Thomas, Pierre Varillon, Jean Lucas-Dubreton, Georges Valois, Henri Lagrange.
poètes : Paul-Jean Toulet, Lionel des Rieux, Jean-Marc Bernard, Gérard d'Houville, Frédéric Plessis, Jean-Louis Vaudoyer, Fagus, Louis le Cardonnel, Ernest Raynaud, Jacques Reynaud, Charles Le Goffic, François-Paul Alibert, René Fernandat, Louis Pize, Jean Lebrau, Francis Eon, André Mabille de Poncheville, Noël Ruet, Philippe Chabaneix, Fernand Divoire.
philosophes : Gilbert Maire, Gonzague Truc.
critiques littéraires : André Rousseaux, Henry Bidou, Gilbert Charles, Émile Henriot, Charles du Bos, Albert Thibaudet, Henri Clouard, André du Fresnois, Pierre Lasserre, Pierre Gilbert Crabos, Lucien Dubech, Louis Martin-Chauffier, André Thérive, Henri Martineau.
journalistes et militants : René de Marans, Octave de Barral, Henri Rambaud, Henri Cellerier, Paul Acker, Charles Benoit, Jean d'Aulon.
critiques d'art : Louis Dimier, Pierre du Colombier, François Fosca, Pierre Lalo.

Bibliographie :

Pierre Gilbert, La forêt des Cippes, Paris, Edouard Champion, 1918.
Eugène Marsan, Instances, Paris, Editions Prométhée, 1930
Henri Clouard, Histoire de la littérature française, du symbolisme à nos jours, Paris, Éditions Albin Michel, 1949.
Eugen Weber, L'Action française, trad. Michel Chrestien, Paris, Fayard, 1985.
François Huguenin, À l'école de l'Action française,Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 1999.
         






























 

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