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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 23:57
L'hiver de la culture                 
 
de  Jean Clair
Mis en ligne : [16-05-2011]
DomaineArts   

CLAIR--Jean--L-hiver-de-la-culture-copie-1.gif

 
Jean Clair, né le 20 octobre 1940, est un conservateur général du patrimoine, écrivain, essayiste et historien de l'art. Ancien directeur du musée Picasso, il est membre de l'Académie française depuis mai 2008. Il a récemment publié : Journal atrabilaire (Gallimard, 2006), Malaise dans les musées (Flammarion, 2007), Lait noir de l'aube (Gallimard, 2007), Autoportrait au visage absent (Gallimard, 2008), La Tourterelle et le chat-huant (Gallimard, 2009), Dialogue avec les morts (Gallimard, 2011)
 

 Jean Clair, L'hiver de la culture. Paris, Flammarion, mars 2011, 140 pages.


 
Présentation de l'éditeur.
Promenade d'un amateur solitaire à travers l'art d'aujourd'hui, ses manifestations, ses expressions. Constat d'un paysage saccagé, festif et funèbre, vénal et mortifiant.
 
Critique de Thierry Clermont . Le Figaro, 24 mars 2011.
"Jean Clair : profondément réactionnaire". Pourfendeur du mercantilisme de l'art contemporain et de la massification de la culture, l'académicien publie une autobiographie qui fait la part belle à sa jeunesse, à son amour des livres.  «Je suis toujours en retard d'une indignation.» Voilà une bonne vingtaine d'années que Jean Clair, de son vrai nom Gérard Régnier, nous dit tout le mal qu'il pense du monde d'aujourd'hui, épanchant sa bile aussi bien sur le mercantilisme de l'art contemporain que sur une société dont les valeurs humanistes s'effondrent. L'habit vert et ses soixante et onze printemps n'ont pas étouffé les ardentes, et souvent salutaires, colères de ce mélancolique atrabilaire. Réfugié depuis quinze ans, en compagnie de sa femme italienne, dans un appartement décrépi, à deux pas de la basilique Notre-Dame-des-Victoires, travaillant dans un bureau encombré d'une bimbeloterie bariolée, de piles de livres, de sculptures, de toiles, où trône un bas-relief pastellisé de feu son ami Raymond Mason, Jean Clair publie aujourd'hui Dialogue avec les morts, une manière d'autobiographie qui fait la part belle à sa jeunesse, à son amour des livres. Il y développe ce qu'on avait entraperçu dans ses volumes précédents, La Tourterelle et le Chat-huantJournal atrabilaire. Tout en y mêlant des considérations à bâtons rompus sur les artistes infatués de notre temps et leur «narcissisme mortel», ce qu'il développe parallèlement dans L'hiver de la culture, et sans modération. Fils de paysans de la Mayenne, cette vieille terre de Chouans, et du Morvan, ayant grandi à Pantin, Jean Clair est passé de peu à côté d'une carrière de romancier. À vingt-deux ans, il est accueilli chez Gallimard par l'entregent de Brice Parain et publie Les Chemins détournés. «J'ai été contraint de lâcher la littérature, mon rêve initial.» Un rêve formé par la lecture déterminante, à l'adolescence, du premier recueil de poèmes d'Yves Bonnefoy, un temps pour­suivi par des recherches menées à Bruxelles sur le poète symboliste Max Elskamp. Après avoir lâché hypokhâgne, il suit les cours de Jean Grenier et d'André Chastel. Son sillon est creusé. Bénéficiant d'une bourse, il reste un an à Harvard pour étudier l'histoire de l'art. «Je trouvais la France ennuyeuse. J'avais envie de voir du pays: je sortais de rien», ajoute-t-il. Après un séjour au Québec avec sa mère, il passe le concours de conservateur des musées et se lie avec Françoise Cachin, future directrice d'Orsay. Entré dans la carrière, il en gravit les degrés quatre à quatre, tout en menant la revue Chroniques de l'art vivant, au début des années 1970, avec Duchamp en couverture du premier numéro. Les temps sont chauds. Pour Jean Clair, Mai 68 et son après ne furent que le «fruit décomposé du surréalisme». En 1986, il organise l'exposition «Vienne, l'Apocalypse joyeuse», avec le vif succès que l'on sait, trois ans avant de prendre la tête du Musée Picasso jusqu'en 2005. «Je suis fasciné par la culture et l'histoire de l'Europe centrale.» D'où son attachement à des auteurs tels que Rilke, le satiriste Karl Kraus, aux compositeurs Mozart, Mahler et Schoenberg, à Freud. Ce qui n'exclut pas un goût pour le répertoire italien. Régulièrement, il visite son amie la diva Cecilia Bartoli quand il passe par le Valais: «Son côté paysanne romagnole me plaît bien.» Venise, ce «rêve de pierre», est la véritable oasis européenne de ce «voyageur égoïste», même s'il semble nostalgique de la civilta puttanesca, celle qui avait troublé Jean­Jacques Rousseau et d'autres encore. Jean Clair n'avait-il pas fugué, à l'âge de quatorze ans, parcourant 300 kilomètres depuis le lac de Garde pour rejoindre la Cité des doges? Un demi-siècle plus tard, la ville est livrée aux hordes de touristes, de pèlerins muséaux. Ce qui lui donne l'occasion d'échigner la massification de la culture, consommée par les «automates ambulatoires, à l'heure du marchandisage des musées et de la défection de l'État». Internet en prend aussi pour son grade; il y voit le «summa summarum des temps modernes», lui dont le credo est inspiré des Tusculanes de Cicéron (la fameuse cultura animi). Or, cette culture-là n'est plus au monde, de ce monde. Tout y est devenu culturel. Est-ce pour cela qu'il a accepté d'être intronisé sous la Coupole par Marc Fumaroli, en 2009, alors que «le français ne chante plus guère», constate ce pourfendeur de la «novlangue» médiatique et administrative, d'inspiration énarquiste? Et d'ajouter: «Aujourd'hui, visages et guichets ont disparu. Le face-à-face n'existe plus. Nous sommes traqués, enregistrés, dénudés par les machines, les écrans, perdus dans un monde déresponsabilisé, inquisitorial.» Certains l'ont taxé de poujadisme. «Faux, rétorque-t-il, je suis simplement réactionnaire, profondément réactionnaire. Il y a de quoi, non?» Son prochain opus aura pour thème le portrait et l'anatomie en peinture. Une nouvelle dissection à venir?

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 23:29
Paris-NewYork                         
et retour


de Marc Fumaroli

Mis en ligne : [13-05-2009]

Domaine : Arts


 

Né en 1932, Marc Fumaroli, professeur au Collège de France et Académicien français, est un des grands historiens et critiques d'art contemporains. Depuis une vingtaine d'années, il développe une critique très ferme de la politique culturelle française autour de ses deux images emblématiques, André Malraux et Jack Lang. Il est l'auteur de Exercices de lecture : L'État culturel : une religion moderne (Editions de Fallois, 1991), De Rabelais à Paul Valéry (Gallimard, 2006), Peinture et Pouvoirs aux XVIIe et XVIIIe siècles : de Rome à Paris (Faton, 2007).
 

Marc Fumaroli, Paris-New York et retour, voyage dans les arts et les images, journal 2007-2008, Paris, Fayard, mars 2009, 634 pages.


Quelqu'un, un beau matin, se réveille en pleine rue et s'aperçoit que les images publicitaires qui prolifèrent autour de lui et qui lui ont toujours semblé innocentes, ne le sont pas autant que cela. Et si les hommes ressemblaient à l'image qu'ils se donnent d'eux-mêmes ? Ainsi commence, par ce déclic apparemment infime, un sinueux voyage dans le temps et dans l'espace, à partir de deux bases de départ successives, New York et Paris : New York, la capitale des images modernes et contemporaines, et Paris, la capitale par excellence des arts de la « Vieille Europe ». Enquête historique dans le temps relativement court des États-Unis et de sa formidable industrie des images, pèlerinage aussi dans le temps long de la France et de l'Europe des arts visuels, de l'Antiquité gréco-romaine à nos jours, de son Orient byzantin à son Occident d'Amérique latine, cette exploration à facettes de l'univers européen de la vue devient peu à peu l'itinéraire d'une conversion. Une conversion à l'éternel retour de la beauté. Seule la beauté a rendu et peut rendre l'homme à lui-même et le monde humain habitable en les invitant à participer de la nature et de la grâce et à se libérer du vampirisme d'images-mirages, d'images-idoles, qui ne laissent sur leur passage, comme un vol de sauterelles, qu'un désert globalisé et privé de feuillage.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 22:34
Autoportrait                               
au visage absent
Ecrits sur l'art, 1981-2007


de Jean Clair

Mis en ligne : [25-02-2009]

Domaine : Arts


 

Jean Clair, né en 1940, est historien de l'art, commissaire d'exposition et écrivain. Conservateur général du patrimoine, il a dirigé le musée Picasso de 1989 à 2005. Il a été reçu à l'Académie française en mai 2008. Il a récemment publié  Journal atrabilaire, (Gallimard, 2006), Malaise dans les musées (Flammarion, 2007, prix du Livre Incorrect 2008),  Lait noir de l'aube (Gallimard, 2007).


Jean Clair, Autoportrait au visage absent , Paris, Gallimard, Mars 2008, 463 pages.


Des écrits sur l'art : le vertige de l'éphémère opposé au vertige de la pérennité (supposée) de l'art. En fait, la permanence dans la durée de la passion des tableaux - et des sculptures -, quand elle éclate devant une oeuvre, et dont il faut tenter, en vain parfois, d'expliquer la raison. L'espoir que des réflexions dispersées dans le temps - et dans les catalogues et dans les revues - en un quart de siècle, entre 1981 et aujourd'hui, valaient de n'être pas tour à fait oubliées. L'éventail couvre un peu plus de quatre générations, de la fin du XIXe au début du XXIe siècle, de Klimt à Kiefer, dans un registre large d'écriture, qui va de la simple note de voyage, fixant des moments, des souvenirs ou des propos qui, avec le temps, sont devenus précieux, sur Ensor, Balthus ou Louise Bourgeois par exemple, à l'essai plus ambitieux, sur Bonnard ou sur Giacometti. Un territoire particulier, une continuité spirituelle de l'Europe, faite d'attirances, de magnétismes, d'échanges. La Flandre d'abord, avec Ensor et Spilliaert, puis l'Italie avec Morandi, Martini et Music, l'Angleterre avec Bacon, Freud, Hockney, Mason, la France bien sûr, avec Alechinsky, Szafran. Des oeuvres déjà historiques, du Symbolisme aux années 1960. Mais aussi des oeuvres contemporaines, ne serait-ce que pour faire mentir la légende d'une critique passéiste : le dernier texte est consacré à un Italien d'aujourd'hui, Claudio Parmiggiani. La plupart de ces textes sont de circonstance : nés d'un coup de coeur d'emballements, de découvertes jubilantes, remontant parfois à plus de vingt ans, quand on ne parlait guère encore de Spilliaert, de Freud ou de Gaston Lachaise. Il s'agissait de confirmer ici ces passions en republiant leur histoire et en marquant leur cohérence. Un territoire sentimental finalement, une certaine fidélité de l'oeil dans la multiplication des rencontres.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 00:29
Olivier Messiaen                      

de Peter Hill et Nigel Simeone

Mis en ligne : [28-01-2009]

Domaine : Arts


 

Peter Hill, pianiste, élève d'Olivier Messiaen, enseigne à l'université de Sheffield. Il est l'auteur de The Messiaen Companion. Nigel Simeone, musicologue, spécialiste de la musique française du XXe siècle, enseigne à l'université de Sheffield.

 


Peter Hill et Nigel Simeone, Olivier Messiaen, Paris, Fayard, Janvier 2008, 592 pages.

Compositeur, interprète, théoricien et pédagogue, Olivier Messiaen est aujourd'hui une figure incontestée de la musique du XXe siècle. Si de nombreuses études lui ont été consacrées, mettant en avant l'importance de son œuvre et son apport au langage musical, aucune biographie en français n'avait jusqu'à présent rendu compte du détail de sa vie qui révèle les circonstances de composition de ses œuvres. C'est à cette découverte que se sont attachés Peter Hill et Nigel Simeone, se fondant sur de nombreux documents généreusement mis à leur disposition par la veuve du compositeur, Yvonne Loriod-Messiaen, son interprète privilégiée. De l'enfant qui découvre la musique avec passion au maître mondialement reconnu, le lecteur est invité à suivre le parcours de l'organiste fidèle à sa tribune de l'église de la Trinité, du professeur dont la classe au Conservatoire a formé toute une génération de musiciens, du compositeur chrétien glorifiant le Ciel et la Terre à travers ses créatures privilégiées, les oiseaux. Le travail incessant, la genèse des œuvres - des premières pièces pour orgue au monument que constitue l'opéra Saint François d'Assise - sont ainsi mis en lumière dans un ouvrage qui célèbre un artiste ayant su unir l'amour artisanal du détail au sens du sublime.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 00:28
La musique
à Versailles
                                                                          

de Olivier Beaumont

Mis en ligne : [27-02-2009]

Domaine : Arts


 

Le claveciniste Olivier Baumont est né le 15 août 1960. Sollicité par les principaux festivals baroques français, il se produit également dans de nombreux pays étrangers. Sa discographie, régulièrement saluée par la presse internationale, comprend une quarantaine d'enregistrements, essentiellement en soliste. Il a réalisé l'intégrale de l'oeuvre pour clavecin de Rameau, et plus récemment celle de François Couperin. Olivier Baumont est aussi directeur musical du festival Couperin en Concerts, au château de Champs-sur-Marne.

 


Olivier Beaumont, La musique à Versailles, Paris, Actes Sud, Octobre 2007, 420 pages.



Versailles est unique par sa musique autant que par son histoire et son architecture : le Château a, de tout temps, suscité et laissé résonner un répertoire qui dépasse par sa qualité et sa variété celui de n’importe quel autre château en Europe. C’est cette symbiose entre des lieux (la Chapelle royale, l’Opéra, les appartements, le parc, Trianon…) et leurs musiques que ce livre – pour la première fois – se propose de relater et d’illustrer. Pour en restituer tous les temps forts selon leur juste chronologie, il adopte le rythme des actes et des scènes des ouvrages lyriques du Grand Siècle et présenter souvent pour la première fois, gravures, peintures, photographies et partitions.
La construction du château de Louis XIII sur la terre de Versailles remonte à 1623. Il fallut attendre 1664 pour que soient donnés Les Plaisirs de l’île enchantée, la première grande fête versaillaise de Louis XIV. De 1682 à 1789, la cour ne vécut plus qu’au rythme de l’“ordinaire” (public et réglé sur le quotidien du roi et de sa famille), le “particulier” (privé et indépendant du cérémonial monarchique) et de l’“extraordinaire” (réservé aux événements dynastiques ou politiques). Dans chacun de ces emplois du temps, la Musique du roi jouait un rôle de premier plan. Du ressort de la Maison du roi, elle réunissait la Chapelle, la Chambre, la Garde-Robe, les Logis, la Grande Écurie, le Cabinet du roi, les Bâtiments, les Menus-Plaisirs, les différentes Chasses, etc. Compositeur de talent (Campra, Charpentier, Couperin, Delalande, Gluck, Jacquet de La Guerre, Lully, Marais, Rameau, Mozart…) ou simple exécutant, chaque musicien – et ils étaient foison – contribuait à la mise en scène spectaculaire de la royauté.
Louis XVI dut quitter le château en 1789. En 1837, le domaine, devenu musée, s’ouvrit au public. Son destin, dès lors, fut davantage lié à la culture du pays qu’à sa politique, réservant une place privilégiée à la musique, au fil des événements politiques, diplomatiques, culturels, touristiques ou de l’ordre du simple divertissement. Le mouvement en faveur d’une revalorisation du patrimoine musical versaillais des XVIIe et XVIIIe siècles, amorcé dès l’ouverture du musée, aboutit en 1987 à la création du Centre de musique baroque de Versailles, désormais partenaire privilégié de l’Établissement public du domaine national de Versailles.

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Revue trimestrielle
N°1 - 2009/01
 
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